Nos coups de cœur

9791097390044FS

L’enfant de l’œuf, Amin Zaoui, Le Serpent à plumes, 18€

Le chien philosophe Harys aime son maître Moul aux chaussettes puantes qui aime Lara, une chrétienne réfugiée de Damas. Dans son neuvième roman, conte de liberté et d’ivresse, démasquant les vanités qui font le présent, l’écrivain Amin Zaoui met en scène le journal de ce trio improbable pour dire l’Algérie gangrenée par l’islamisme des Tartuffes. S’y déploient ses obsessions – la religion, les femmes, la culture, l’identité – qui innervent son œuvre et construisent un manifeste contre toutes les intolérances.

Une lecture jubilatoire et impertinente, hymne à la liberté de penser, de vivre et de créer face à toute forme d’autorité !


9782350874197FS

Légende d’un dormeur éveillé, Gaëlle Nohant, Héloïse d’Ormesson, 23€

De Cuba à Terezin, des années folles à l’Occupation, l’histoire d’un homme extraordinaire aux milles vies : le poète Robert Desnos, né avec le siècle en 1900, surréaliste de la première heure, arpenteur de l’inconscient, du merveilleux et du rêve, journaliste, chroniqueur radio, résistant, déporté et mort du typhus au camp de Terezin en juin 1945. Une légende qui va nous révéler le héros irrésistible derrière le poète, ses amis, ses amours, son écriture qui se nourrit de ce qui l’entoure et ses combats. Avec générosité et délicatesse, l’auteur raconte une belle âme, terriblement douée pour l’amitié. Un veilleur de la vie libre et un éveilleur de consciences. Car Robert Desnos ce sont avant tout deux grands yeux, doux et inquiets, ouverts sur le monde qui interrogent notre mémoire commune et nos manières de nous engager.


9782070113682FS

Cette chose étrange en moi, Orhan Pamuk, Gallimard, 25€

Orhan Pamuk poursuit son exploration de la belle du Bosphore, Istanbul, sa ville de cœur et de naissance, à travers les apprentissages de Melvut, vendeur de rue de boza, boisson fermentée traditionnelle prisée par les Turcs, au cœur candide. Une inoubliable épopée prolétarienne.


 

9782889274581FS

 Une toile large comme le monde, Aude Seigne, Editions Zoé, 18€

Chaque seconde, sous l’océan, 145 millions de mails transitent continuellement à travers des câbles. Tout comme une heure d’échange de mails dans le monde consomme autant d’énergie que 4000 allers-retours Paris-New York en avion. Et lorsque Aude Seigne imagine plusieurs solitudes branchées sur ce flux, aux quatre coins de la planète, qui décident de faire planter le réseau internet, nous avons entre les mains un roman inspiré et inspirant, fabuleux polaroid de nos existences hyper-connectées. Nous connaissons tous les collisions de la Toile sur notre quotidien, mais en donnant forme au virtuel dans ce roman incarné du World Wide Web, l’auteur sonde avec délicatesse nos pratiques, les interroge et pointe du doigt l’impact environnemental du numérique. Ludique, poétique et troublant.


LaLa porte porte, Magda Szabó, Livre de poche, 7€90

Quels mystères cache la porte toujours close cette employée de maison, fraîchement embauchée par un couple d’intellectuels hongrois ? Alors que la narratrice/écrivain s’obstine à percer le secret de cette domestique à la langue acérée, liée presque malgré elle par un amour filial aussi impérieux qu’imprévisible, les deux femmes s’affrontent et s’apprivoisent, nous offrant une plongée saisissante dans la complexité des relations humaines et de la Hongrie d’après-guerre.


NouNous avons arpentés avons arpenté un chemin caillouteux, Sylvain Pattieu, Plein jour, 13€

L’histoire folle de Jean et Melvin McNair, deux afro-américains, membres des Black Panthers, devenus pirates de l’air par désespoir. Un récit sociologique et historique extrêmement prenant sur l’intolérance et l’oppression qui fait un bien fou en ces temps confus.


Le Le fleuve des brumesfleuve des brumes & La pension de la via Saffi, Valerio Varesi, Points seuil, 7€20 & Agullo noir, 21€50

Le commissaire Soneri n’est pas un homme d’action. Il aime laisser à l’enquête, comme à une bonne bouteille, le temps de se déployer. Il laisse les pièces de puzzle de l’histoire, la grande et la petite, se mettre en place au gré des repas et des déambulations. Replongeons avec lui dans l’histoire italienne pour éclaircir la disparition de deux bateliers anciens fascistes sur les rives du Pô, ou dans les ruelles de Parme pour enquêter sur la mort d’une vieille logeuse au passé enfoui. Le Vargas Italien, culinaire et reposant, un régal.


DerrLa pension de la voieière les panneaux, il y a des hommes, Joseph Incardona, Pocket, 7€40

Un homme enlève des enfants sur les aires d’autoroutes. Un second le chasse, patiemment, depuis six mois. Le temps d’un week-end d’été caniculaire, les trajectoires de vies vont se croiser, s’esquiver et parfois se heurter violemment dans ces espaces lisses et anonymes que sont les aires d’autoroutes. Un thriller impressionnant.


Un cUn chant célestehant céleste, Yan Lianke, Picquier, 13€

Dans un petit village niché dans les montagnes vit You Sipo qui élève seule ses quatre enfants idiots de naissance. Un jour, alors qu’elle cherche un « gens-complet » pour marier sa troisième fille, elle découvre comment délivrer sa descendance de ce terrible mal… Fabuleuse fable insolite sur l’amour maternel et la tolérance, Un chant céleste ravit par sa prose flamboyante à l’humour magique qui donne forme à l’invisible.


AilleuAilleursrs, Dario Franceschini, Gallimard, 19€

Au seuil de la mort, lourd d’un trop-plein de non-dits, le notaire Ippolito dalla Libera, prisonnier d’une existence trop rangée, dévoile à son fils un grand secret. C’est alors les prémices d’un tourbillon fou qui emportera Iacopo dans un quartier populaire de Ferrare, un monde de voleurs et de putains, où chacun est libre de choisir son prénom. Sur les pas de son père, le jeune homme découvre les couleur lumineuses de la vie en compagnie de Mila, belle comme un fruit défendu. Entre réalisme et magie, l’auteur italien esquisse des chemins de traverse pour une autre vie.


TraversTraversée en eau claireée en eau claire dans une piscine peinte en noir, Cookie Mueller, Finitude, 17€

Actrice dans les films de John Waters, visage incontournable du photographe Nan Goldin, voisine de palier de Janis Joplin, Cookie Mueller, est une icône incontournable du New-York underground des années 70 et 80. Vivant de petits boulots et de trafic de drogues, Cookie concentre autour d’elle toute la bohème artistique du Lower East Side. Et se raconte avec une gouaille fabuleuse dans quinze aventures étourdissantes trop délirantes pour avoir été imaginées. De belles pages sur ce qu’est une vie dans les marges et un malicieux concentré d’indépendance !


AvaAvant que les ombresnt que les ombres s’effacent, Louis-Philippe Dalembert, Sabine Wespieser, 21€

La passionnante histoire d’un homme sans ancrage qui cherche une terre « où arrimer sa vie et ses rêves » dans l’Europe de la Seconde Guerre mondiale. De Berlin, ville de l’enfance, à Haïti, pays refuge, une fresque familiale captivante qui dévoile un épisode méconnu de l’histoire tout en faisant écho à des situations que nous continuons à vivre aujourd’hui. Un grand roman de l’errance et du métissage des cultures à l’écriture espiègle.


La jumLa jument de Socrateent de Socrate, Elisabeth Laureau-Daull, Editions du Sonneur, 15€50

Vingt-quatre heures de la vie d’une femme… Et quelle femme ! Alors que Socrate, suite à son procès bâclé, se retrouve condamné à boire la ciguë, Xanthippe, sa jeune amante et mère de ses trois enfants, nous entraîne dans les méandres d’Athènes et des vaines solutions. Un récit fougueux et cadencé, où la personnalité acariâtre et sans concessions de cette épouse rebelle n’a d’égale que son dévouement – et force l’admiration.


LeLe tour du monde en 72 jours tour du monde en 72 jours, Nellie Bly, points Seuil, 6€70

« Seul un homme peut relever ce défi » s’entend répondre Nellie Bly le jour où elle propose à son rédacteur en chef de battre le record de Phileas Fogg, héros mythique de Jules Verne. Nous sommes en 1889 et c’est bien méconnaître la bravoure de cette icône du journalisme d’immersion : de gares en ports, ses chroniques, entrecoupées d’articles d’époque, sont autant d’invitations au voyage qu’une inspiration pour la cause féministe.


OtaOtages intimesges intimes, Jeanne Benameur, Babel, 7€70
Otage, Etienne le fût un temps. Reporter de guerre, il fût capturé puis libéré. De retour au village de son enfance, entouré de sa mère et de deux amis proches, il se reconstruit. Dans le silence et l’apaisement, se croisent trois destins en proie à la fureur du monde. Un roman poignant sur l’intime, sur le traumatisme et la puissance de l’amour.


La tLa terre qui pencheerre qui penche, Carole Martinez, Folio, 8€20
Blanche est morte en 1361, à l’age de douze ans. Mais son fantôme, sans repos, continue de veiller, lié au monde par la violence de son enfance. Dans un dialogue surréaliste entre le fantôme et la petite fille se peint un portrait d’une époque brutale faite de beaucoup d’ombres, et d’un brin de lumière. Plongez dans l’univers singulier de Carole Martinez, mélangeant sensualité, réalisme magique, et écriture cruelle. Un roman onirique, d’une beauté subtile.


DDe la marge au centree la marge au centre ; théorie féministe, Bell Hooks, Cambourakis, 22€

Dans le sillage de Ne suis-je pas une femme ?, bell hooks, intellectuelle et militante africaine-américaine, poursuit son analyse de l’histoire et des enjeux de la pensée féministe du siècle passé, majoritairement élitiste et blanche, et insiste sur la nécessité de mieux prendre en compte les identités culturelles minoritaires afin d’asseoir un mouvement politique global et pérenne. A mettre entre toutes les mains !


Lago ladyLagos Lady, Leye Adenle, Points, 7,80€

Nouveau venu dans la galaxie du polar, Leye Adenle nous embarque pour une virée électrique au cœur de ces quartiers chauds de Lagos qui dévorent les vies et les immondices. Un polar survolté dénonçant la condition féminine et qui déconstruit avec humour le poncif d’une Afrique barbare.


Ce qui gît dans ses entrailles, Jennifer Haigh, Gallmeister, 24€20

Ce qui gît dans ses entraillesFace aux richesses que fait miroiter un groupe industriel en échange de terrains dont les gisements de gaz de schiste s’annoncent prometteurs, la petite ville de Bakerton revit… Mais alors qu’insidieusement l’eau s’empoisonne, les liens entre foreurs, habitants et investisseurs, à l’instar de leurs consciences et de leurs idéaux, se fragmentent, tissant la trame d’une histoire terriblement humaine. D’une écriture fluide et maîtrisée, un roman dont l’intrigue et les personnages finement ciselés tend vers le chef d’œuvre.


Bombes, Dominique Delahaye, La Manufacture De Livres, 15€90

BombesAu cœur de la nuit lyonnaise se croisent des hommes aux destins très différents. Quand un groupe de nazillons attaquent deux graffeurs, laissant Choukri mort sur le trottoir, s’enclenche un tourbillon de course poursuite haletant, où nous croisons Emilie, une jeune zadiste de passage hébergée par Salif, un infirmier vivant sur une péniche, Annabelle, jeune bourgeoise intégriste et d’autres portraits entraînés dans la tourmente.
Bombes est un de ces romans, noir et puissant, qui nous explosent dans les mains par sa pertinence et son réalisme.


Terre sépare gallimardLa terre qui les sépare, Hisham MATAR, Gallimard, 22€50€

En 1990, l’activiste politique Jaballa Matar disparaît dans les geôles libyennes, sous la dictature de Kadhafi. Vingt ans plus tard, son fils Hisham Matar, qui a foi dans le pouvoir consolateur des récits, recompose l’histoire de son père, de sa famille et de son pays. Un grand livre à la beauté stupéfiante – d’or et déjà un classique.


Piégée, Lilja Sigurdardottir, Métaillé noir, 21€

PiégéeUne ambiance nordique-crépusculaire comme on les aime, une femme comme de juste séparée, comme de juste à la peine dans sa vie, entretenant par ailleurs une relation amoureuse compliquée et non entièrement assumée : on peut craindre le pire. Mais ce roman féminin et à héroïne déjoue les rouages simplistes du monde et du polar, broyeurs de femmes et de faibles. D’une grande originalité, Piégée n’est pas sans rappeler La daronne d’Hannelore Cayre, chez le même éditeur.


Vernon Subutex, Virginie DESPENTES, Grasset, 19,90€

Vernon subutex 3Pourquoi se ruer sur Vernon Subutex ? Parce que Virginie Despentes est la plus punk des auteures contemporaines. Parce qu’elle a cessé de faire des romans rock. Parce qu’elle est devenue une écrivaine brillante, capable de camper des personnages touchants et attachants – on croirait nos ami.e.s. Parce qu’elle a écrit le brillantissime King Kong Théorie. Parce que, si on ne voyait pas où elle nous menait avec le premier tome de Vernon Subutex et que le second était à la fois brillant et désemparant, le troisième, à l’instar des précédents, nous tient rivé à la page. Merci à Virginie Despentes de nous raconter des histoires différentes.


Attends moi au cielAttends-moi au ciel, Carlos SALEM, Actes sud, 22€
1. Il est rare qu’un écrivain dresse le portrait d’une cinquantenaire magnifique. 2. Carlos Salem écrit des polars parce que ce genre lui offre toute liberté, y compris celle de détruire les lois du genre. 3. Voici donc une devinette : la cinquantenaire sera-t-elle la victime de l’histoire ?
Jubilatoire, inattendu, libérateur, iconoclaste, frais et sensuel, ce roman pas du tout policier est à mettre en toutes les mains.


Sur le Sur le sillage de l'oublisillage de l’oubli, Bruce MACHART, Gallmeister, 10€50

Dans une collection intitulée « nature writting », voici un roman terrien, une fresque familiale dont le point de départ est le Texas en 1895. Une communauté paysanne s’affaire, oeuvrant à contrer la dureté de la terre. Roman sur le deuil, sur l’absence, sur le poids qui pèse sur les épaules de ceux qui restent, sur la dureté des rapports entre parents et enfants. Absolument sidérant.


La nature exposéeLa nature exposée, Erri DE LUCCA, Gallimard, 16€50

Ce roman condense les thèmes forts de l’oeuvre de ce très grand écrivain italien : la montagne, l’art, la solitude et la rencontre, la nécessaire aide à apporter aux sans-papiers, l’effacement aussi. Splendide, saisissant, limpide.


Les bottes suédoisesLes bottes suédoises, Henning MANKELL, Seuil, 21 € & 7.70 €

Suite informelle et indépendante des Chaussures italiennes, Les bottes suédoises renouvelle le miracle. Le râleur à la fois insupportable et attachant vit toujours sur son île, il hésite toujours, toujours ne trouve pas les mots. Qu’est-ce qui le fait tenir ? Comme toujours, Mankell touche au plus juste, à l’essentiel. A lire avec lenteur.


Le blues de la Harpie, Joe MENA, Agullo, 21,50€

Le blues de la harpiePour Joe Mena, c’est un roman à l’américaine, noir et dense.
Fraîchement sorti de prison, où il était incarcéré pour homicide involontaire, Luce Lemay n’a guère d’autres choix que de retourner dans sa ville natale en rasant les murs. Flanqué d’un ami ex-taulard à l’esprit agité – qui n’est pas sans rappeler Lenny des Souris et des hommes – Luce s’efforce d’instaurer dans leur quotidien monotone la stabilité nécessaire à une vie rangée. Or, ces deux anti-héros sont résolument nés sous une mauvaise étoile : lorsque Luce tombe amoureux et que la racaille du coin s’en mêle, les chances de rédemption s’amenuisent…
Joe Meno, en délicat portraitiste de bourgades négligés des hommes et d’hommes oubliés des dieux, excelle dans l’art de mêler poésie et roman noir.


Les FurOlivieries, Lauren GROFF, l’Olivier, 23,50€

Les Furies dépeint l’histoire de jeunes mariés très amoureux, légèrement stéréotypés, et promis à un avenir radieux, jusqu’au point de bascule du livre qui nous réserve des surprises.Une variation fascinante sur le couple à la langue impétueuse.

 


L’inL-installation-de-la-peurstallation de la peur, Rui ZINK, 17,50€

Le livre concept, l’ovni littéraire, la grande découverte, l’Installation de la peur, de l’auteur portugais Rui Zink. Un huis clos angoissant, presque théâtral. Une discussion cruelle entre une femme protégeant son enfant, et deux agents du gouvernement venus installer « La peur ». Un réquisitoire insidieux contre nos sociétés qui, en ces temps de battages médiatiques, pourrait sonner on ne peut plus vrai. Car aujourd’hui, qu’est-ce qui nous fait peur ? Les araignées, la crise, les pauvres et les migrants ?


Reeves travailUn travail comme un autre, Virginia REEVES, Stock, 21,50€

Un superbe premier roman américain, à mi-chemin entre Steinbeck et Harrison ,qui raconte le destin foudroyé d’un agriculteur de l’Alabama au début du XXe siècle par l’apparition de l’électricité.

Recommandé par Sarah !


LLeçon à un jeune fauveeçon à un jeune fauve, Michela Murcia, Seuil, 19€
Eleonora, 38 ans, comédienne célèbre et respectée mène une vie solitaire marquée par des relations amoureuses factices et douloureuses. Lorsqu’elle croise la route de Chirù, un jeune violoniste de 20 ans son cadet, et accepte de devenir son mentor, une étrange amitié se construit.
Des leçons de cuisine au choix des tenues et du maintien en société, tout s’apprend et se déconstruit. Le théâtre, omniprésent, domine la relation maître-élève, la teinte de double jeu et de manipulation subtile.

Un hommage à la phrase de Shakespeare « All the world a stage ».

Une délicate leçon d’amour et un étonnant voyage de théâtre en théâtre, de la Sardaigne à la Norvège.


9782809711943FSLe dernier quartier de lune, Zijian CHI, Picquier, 22€

Après l’intimiste et enchanteur Bonsoir, la rose (Philippe Picquier, 2015), qui croquait la ville d’Harbin du siècle dernier, refuge des Juifs exilés, Chi Zijian revient avec une grande fresque mettant en mots la disparition du peuple évenk, au nord-est de la Chine. Et c’est à travers la voix d’une vielle femme, épouse du dernier chef de clan arrivée au terme d’une longue vie, que nous est contée dans un dernier souffle la vie de ces nomades. Une existence ponctuée par le rythme de la nature, des migrations de troupeaux de rennes et des croyances animistes. Mais un monde progressivement assailli par la sédentarisation à marche forcée et les soubresauts de l’Histoire, avec l’occupation japonaise, puis russe, et la Révolution culturelle. Le Dernier Quartier de lune célèbre dans un dernier éclat de poésie la fin d’un monde.


 

Les prLes prolosolos, Louis OURY, Agone, 19 €

Issu du monde agricole, Louis Oury devient apprenti puis chaudronnier dans les chantiers navals de Saint-Nazaire. Cette autobiographie passionnante (et mal nommée ?) livre un témoignage remarquable sur les conditions de vie et de lutte des ouvriers, notamment en 1955, date de grandes grèves auxquelles l’auteur prendra une part active.

Retrouvez des titres semblables dans notre catégorie « Textes de résistances« 


StatStation elevenion Eleven, Emily ST. JOHN MANDEL, Rivages, 22€                                         
Au premier abord, Station Eleven se présente comme un énième et bête roman survivaliste : une pandémie emporte l’immense majorité de la population en quelques jours. Certes le genre est plaisant : on aime à trembler à l’idée de fin du monde bien au chaud dans nos pantoufles. Mais ce qui distingue ce roman de la canadienne St John Mandel de La route de Cormac Mccarthy, par exemple, ou de Extinction, de Matthew Mather, c’est d’abord son absence totale de complaisance pour le glauque, les scènes d’horreur ou les combats – et son propos humaniste. En un mot, Station eleven, qui met notamment en scène une troupe d’acteurs qui se déplacent pour jouer Shakespeare devant les survivants, est, en creux, un chant d’amour à la beauté de notre civilisation. Etonnant. Excellent.


Le jardin arc-en-ciel, Ito OGAWA, Picquier, 19 € 50

Le jardin arc e cielrestaurantamourretrouvéUne rencontre, et voilà deux vies engagées dans un cours tout aussi heureux qu’improbable. Ce Jardin arc-en-ciel appartient à la catégorie (rare) des livres qui ouvrent des possibles, inventent des utopies (amoureuses) et combattent les préjugés en traçant des voies nouvelles. Où l’on retrouve de cette douceur et tendresse réparatrice qui nous avait séduit dans Le restaurant de l’amour retrouvé, ce titre qui figure au nombre de nos plus chaleureuses recommandations de libraires.

Retrouvez des titres semblables dans notre catégorie « Des livres qui font du bien« 


Slimani ogreDans le jardin de l’ogre, Leïla SLIMANI, folio, 7 € 10

« Les gens insatisfaits détruisent tout autour. »

La description fine et sensible d’une femme sujette à une pulsion, par la lauréate du Prix Goncourt 2016.


1507-1Venise est lagune, Roberto Ferrucci, La Contre allée, 8 € 50

Douce et nostalgique à la fois, cette méditation littéraire sur l’impact du tourisme sur la fragile lagune de Venise est en fait un véritable cri de colère d’un Vénitien contre les monstrueux paquebots – symboles de cette véritable foire touristique que promeut l’actuel maire – qui mettent en péril cette ville belle à couper le souffle.


Il était une fois l'inspecteur ChengIl était une fois l’inspecteur Chen, Qiu XIALONG, Liana Levi, 19 €
Une série d’enquêtes malicieuses du lettré Chen Cao, qui éclairent davantage sa jeunesse, en même temps que les contradictions d’une société chinoise recomposée mais toujours tiraillée, entre règne des « Gros sous » et douloureux retours d’héritages de la Révolution culturelle. Doux, fin, émouvant.


 

La fille du trainLa fille du train, Paula HAWKINS, Pocket, 7 € 80
Rachel a été quittée, a été trompée. Le hasard fait que son trajet quotidien en train l’amène à observer la vie de son ancien conjoint et de sa nouvelle compagne, et à être le témoin malheureux de leur nouveau bonheur. Un polar psychologique qui dépeint avec une acuité rare le sentiment de jalousie et les pensées obsessionnelles d’une femme en perte de sens. Un de ces bijous qui hisse le genre policier au niveau de la littérature blanche.

Recommandé par Fabien


Les bottines suédoisesLes chaussures italiennesLes bottes suédoises & Les Chaussures italiennes, Henning MANKELL, Seuil, 21 € & 7.70 €

Avec Les bottes suédoises, suite informelle et indépendante des Chaussures italiennes, on retrouve cet homme en fin de vie qui a trouvé refuge sur l’île familiale, ce râleur à la fois insupportable et attachant. Je déteste dire d’un livre qu’il s’agit d’un chef d’œuvre. Et pourtant… Quand on lit Les bottines suédoises, quand on relit Les Chaussures italiennes, on sent qu’on tient entre les mains une de ces textes magiques qui, sans qu’on sache exactement pourquoi, touche au plus juste et à l’essentiel : la vie, la mort, l’amour, peut-être ? Ce qui nous fait tenir et ce qui nous fait lâcher ? Deux textes qui, en dépit d’une trame narrative qu’on ne saurait qualifier d’utopiste ou de fleur bleue, procurent une sensation de bien-être aussi précieuse qu’une douce lumière de fin d’après-midi en hiver.

Très chaudement recommandé par Fabien


 

Désori9782867468346FSentale, Négar DJAVADI, éditions Liana Levi, 22 €

Dans un hôpital parisien, une jeune femme Kimia attend son médecin en salle d’attente. Dans son Iran natal, cette même salle ressemblerait à un caravansérail débordant de discussions mais le silence qui règne ici l’invite à se souvenir et à nous raconter l’histoire de sa famille sur trois générations depuis le XIXe siècle et jusque dans les années 80, date de son exil en France.

Si la première partie du roman se déroule ainsi en Iran, avec des allures de contes des mille et une nuits, ponctuée de drôles d’anecdotes, la seconde partie se déroule à Paris au début des années 80 où la famille s’est réfugiée. L’auteure racontera le déracinement et le sentiment de n’appartenir à nul pays, les chemins de traverse pour trouver sa place.

Ample fresque familiale et historique, Désorientale est un beau chant à la liberté de vivre, de penser et d’aimer.

C’est aussi un regard croisé sur l’Orient et l’Occident qui offre de belles réflexions sur l’exil et l’identité. Car n’oublions pas que ce livre est avant tout l’histoire d’une femme en quête d’elle-même.

Recommandé par toute l’équipe !


Mam’zelle Gnafron et autres pièces du Guignol lyonnais, La coopérative, 2016, 21 €

Entre la Guignol lyonnaismontée de la Grand-Côte et celle du Gourguillon, loin de la fade image d’Epinal, ces petits génies de la farce et démons dionysiaques que sont Guignol et Gnafron célèbrent le vin, la bonne chair et un esprit de résistance intemporel. Drôle, subversif et d’une immense inventivité langagière, ce beau recueil rend enfin disponible un monument du patrimoine littéraire lyonnais demeuré trop longtemps inaccessible !

GNAFRON. - Le commerce est arrête. J’ai plus le sou, Chignol, que je te dis, je vas me jeter en Saône !
GUIGNOL, l’arrêtant. - Dis pas de gognandises ! C’est pas en te jetant à l’eau que tu trouveras le moyen de boire de la vinasse. Vaut mieux tirer des plans.

Recommandé par Fabien


Les deux boutscaletHenri CALET, Les deux bouts, Héros limite, 2016, 18 €

Par cette série de portraits infiniment touchants d’une flopée de travailleurs et travailleuses de tous âges et de toutes professions que Calet accompagne le temps d’une journée, on touche de tout près à la vie des français en 1953. A vie matérielle d’abord : les horaires de travail (souvent 50 heures hebdomadaires), les trajets, le métier, le logement. A la vie rêvée enfin : les loisirs, les aspirations et ce qui touche à l’horizon d’attente, mariage, vacances ou retraite à venir. Toute la question étant de… joindre les deux bouts ! Une sociologie à la flâne, un précieux quotidien donné à voir à ras d’homme, avec la tendresse, le style et l’humour inimitables du grand Henri Calet.

Recommandé par Fabien


Ma vie de brigandCarmine CROCCO, Ma vie de brigand, Anacharsis, 2016, 18 €

Issu d’une famille pauvre du sud de l’Italie, Carmine Crocco devient en 1861″général des brigands » du Mezzogiorno. Eruptif, enragé, fin stratège, il met régulièrement en déroute les troupes gouvernementales. Embuscades, batailles, fuites, escarmouches : s’il dresse le portrait d’une personnalité attachante jusque dans ses contradictions, ce récit autobiographique échevelé et plein de vie se lit avant tout comme un palpitant roman d’aventure. Un formidable moment de lecture.

Recommandé par Fabien


 

Le Ga9782843047602FSrçon, Marcus MALTE, Zulma, 23,50 €

Au début du siècle précédent apparait un garçon pour le moins atypique. Sauvage, il n’a ni nom ni langue. Après la mort de sa mère, il erre de rencontres en rencontres. D’une communauté paysanne, d’un ogre, d’un régiment de soldat, d’un horticulteur mélomane et sa fille, il apprendra la méfiance, l’amitié, la folie, l’art, la mort et surtout l’amour. Avec une plume hors du commun, Marcus Malte nous fait suivre ce garçon muet dans la France chaotique de ce début de siècle. D’une nostalgie, d’une beauté, d’une force…
Une des plus belles découverte de la rentrée littéraire pour Paco !


Un p9782330066482FSaquebot dans les arbres, Valentine GOBY, éditions Actes sud, 19,80€

Un paquebot dans les arbres raconte comment une gamine frondeuse, face à l’adversité et à la maladie, va tenter d’enchanter à tout prix l’existence de ses proches. Un très beau livre de cette rentrée, étonnant et solaire.

Vivement recommandé par Sarah !

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Wate14203165_1112321355503448_4840513661689938235_nrship Down, Richard ADAMS, Monsieur Toussaint Louverture, 21,90€

Sur la paisible colline de Sandleford, au milieu de l’herbe et du cresson, se vivent de terribles aventures. Suivez Hazel le leader, Fyveer le prophète, Bigwig la brute et leur bande à la recherche de la liberté, luttant pour survivre, accomplissant des prouesses inhumaines. Bienvenue dans le quotidien de…lapins à la recherche d’une nouvelle garenne.

Un roman étonnant, rappelant Kipling et Grahame, plein d’une poésie enfantine et touchante, pour s’émerveiller dans la nature en compagnie de bêtes intrépides.

Un grand coup de cœur de Paco !


M9782330066529FSa part de gaulois, Magyd CHERFI, Actes sud, 19,80€

Les tribulations singulières d’un « gallo-beur » dans la cité toulousaine des années 80. Vif et touchant, un hymne en l’honneur des habitants des territoires oubliés de la République, par le chanteur et parolier du groupe toulousain Zebda.

Recommandé par Fabien & Sarah !


9782848052045FSL’amour a le goût des fraises, Rosamund Haden, Sabine Wespieser, 24 €

Un beau roman sud-africain dont le récit, diablement bien mené, a le goût des douceurs acidulées de l’enfance. A travers la disparition d’un peintre, Rosamund Haden explore avec délicatesse les incidents de la vie de l’Afrique du Sud au Rwanda, en passant par la Grèce. Mais son écriture polyphonique offre par-dessus tout une magnifique variation sur l’amour sous toutes ses formes, qu’il soit maternel, éphémère, érotique, étouffant, filial, passionné, capricieux.

Recommandé par Sarah !


Mémoire d9782070145973FSe fille, Annie Ernaux, Gallimard, 15 €

Avec ce titre ultime (?), Annie Ernaux nous livre une nouvelle pièce-maîtresse d’une œuvre qui en comporte beaucoup. L’interrogation sur la mémoire et l’oubli, la honte, ce qu’on est et ce vers quoi l’on tend quand on est jeune, comment on se remet – ou pas – des chocs du passé, associés à la description précise et comme sur le vif des émois et de la découverte de la sexualité par une jeune fille – en 1958 – font de cette œuvre un choc : comment Ernaux parvient-elle à décrire avec pareille justesse et méticulosité des sentiments aussi anciens, et que soit même l’on n’a pas connus ? Magie de la littérature, quand elle touche un certain universel ? Dans tous les cas, Mémoire de fille est un joyau dont on tourne les pages avec une passion rare, une œuvre parfaitement aboutie et étonnante, qui fera date.

Recommandé par Fabien


alamutAlamut, Vladimir BARTOL, Libretto, 13 € 80

« Rien n’est réel, tout est permis » Cet immense roman slovène publié en 1938 se déroule en Iran à la fin du XIe siècle, et met en scène des personnages historiques, notamment Omar Khayyam,  le génial auteur des Quatrains, et Hassan Ibn Sabbâh, plus connu sous le nom de Vieux de la montagne, qui recueille et endoctrine de jeunes hommes pour en faire des guerriers redoutables, les fameux Hashishins, tant redoutés des Croisés.  Où l’auteur offre une réflexion saisissante, et malheureusement d’une extrême actualité, sur le fanatisme, la manipulation et la quête de sens.

Recommandé par Fabien


Le ha9782748902853FSrki de Meriem, Mehdi Charef, Agone, 14 €

 » – Maman, c’est quoi un harki ?
– C’est quelqu’un qui a eu le courage de tout perdre pour faire vivre sa famille. »
Publié en 1983, année de la Marche pour l’égalité et contre le racisme (dite « des Beurs »), ce roman magnifique et attendrissant, dont on ne comprenait pas qu’il soit épuisé, écrit une page indispensable de notre histoire coloniale et post-coloniale. « Il ne s’engagea pas contre quelqu’un, il s’engagea contre la terre : le ventre aride de la terre. » Lecture salutaire et pleine d’actualité.

Recommandé par Fabien !

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Rire enc9791092011319FShaîné – Petite anthologie de l’humour des esclaves noirs américains, éditions Anacharsis, 14€

Anthologie de textes humoristiques appartenant au folklore des esclaves noirs américains, Rire enchainé constitue un témoignage historique précieux de l’intérieur des plantations, qui diffère de celui des abolitionnistes, et de cette évasion par le rire. Face à un système qui interdisait l’accès des noirs à l’instruction et punissait par le fouet la lecture, l’humour devient un « processus de légitime défense », grâce auquel les esclaves en apparence ingénus tournent en dérision leurs maitres.
Formidable pied de nez à une institution niant les droits fondamentaux, un recueil humaniste et actuel contre toute forme de musellement de la parole.

Recommandé par Fabien & Sarah !

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Vi, KiVim Thuy, éd. Liana Levi, 14,50€

Vi et sa famille vivent dans le sud du Vietnam. Dernière née d’une riche famille de Saigon, elle doit, à 10 ans, quitter son pays natal, suite à la réunification du Vietnam. Après un voyage tumultueux sur des bateaux de fortune, un passage dans un camp de réfugiés en Malaisie, ceux que l’on appelle dorénavant les « Boat-people » s’installent au Canada.

Par chapitres courts, Kim Thuy nous raconte des instants de vie et de réflexion. Entre les traditions de Saigon, le mode de vie canadien, les amours et déceptions de Vi, ce court roman nous entraîne dans le monde intime d’une femme dont le nom signifie « minuscule ». Avec Vi, Kim Thuy explore la notion d’identité, de culture, et fait, par son écriture poétique et elliptique, voyager le lecteur entre passé et présent.

Une très belle découverte de Paco

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Les étles-etoiles-seteignent-a-laubeoiles s’éteignent à l’aube, Richard Wagamese, éd. Zoé, avril 2016, 20€

Franklin Starlight, jeune indien ojibwé, vit une vie paisible plongée dans la nature canadienne. A seize ans, il travaille comme un homme dans la ferme où il a grandi et s’éclipe régulièrement pour des « fugues » en forêt de plusieurs jours.

Lorsque son père, parti vivre en ville peu après sa naissance, l’appelle à son chevet, la rencontre est rude. Sentant sa fin arrivé, décimé par l’alcool, le travail et une vie de misère, Eldon Starlight voudrait mourir selon la coutume de son peuple.

Forcé de vivre ensemble un premier et dernier voyage, à travers la colombie britannique, père et fils apprendront à se connaitre, à se confier et à se comprendre.

A travers le destin de ces deux hommes, Richard Wagamese nous raconte l’histoire de son peuple d’une écriture fluide et puissante. De l’harmonie entre les indiens et la nature aux fracas de la ville et ses relents d’alcools, c’est un roman à lire d’une traite, parfois le sourire aux lèvres, souvent les larmes aux yeux.

Un coup de coeur de Paco

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9782330061241FSBad Girl, Nancy Huston, éd. Actes sud, avril 2016, 7,8€

Nancy Huston revient avec le récit plus intime de son enfance, marquée par le départ de sa mère quand elle était âgée de 6 ans. Une désertion qui innervera pour toujours son imaginaire et ses lignes de faille.

Plongée dans l’intériorité, Bad Girl est un récit dense et passionnant, à l’écriture puissante, dans lequel s’inscrit en creux les thèmes fondateurs de l’œuvre de Nancy Huston, comme l’avortement, la maternité, la féminité et le diktat de la beauté, l’exil, la crainte de l’immobilisme, la transmission et le mensonge. Il s’agit aussi d’un récit généreux, humain et engagé, d’une femme qui, enfant, ne se trouva pas dans les yeux de sa mère.

Recommandé par Sarah !

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9782702144756FSN’ba, Aya Cissoko, éd. Calmann Lévy, mars 2016, 17€

Savoir d’où l’on vient, tel est le fil rouge du nouveau roman de l’ancienne championne du monde de boxe. Et ce en racontant sa mère, ba en bambara, qui vient de mourir. Dans un flot de souvenirs, l’auteur revient avec une simplicité forte et bouleversante sur la vie de cette dernière, qui malgré une vie d’épreuves successives, garda toujours la tête haute et le verbe haut. Née au Mali, elle rejoint son mari en France au milieu des années 1970. A travers des chapitres thématiques (Tu frottes bien ! La France, L’entremetteuse,…) sont contés la solitude, l’éducation des enfants, le foyer de Montreuil, les discussions dans la langue du pays natal mais aussi la perte d’êtres chers, l’attachement à la communauté et les gestes qui rattachent à la vie d’avant. Immersion dans la diaspora africaine et portrait-hommage à la mère qui s’est assumée envers et contre tout, N’Ba constitue un retour passionnant sur les femmes d’Afrique, piliers de la famille, même loin de chez elles.

Recommandé par Sarah !

(Page des Libraires)

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Dans la loupgueule du loup, Adam Foulds, éd. Piranha, février 2016, 18.5€

Will, Ray et de nombreux autres ne sont adultes que depuis peu lorsqu’ils débarquent sur les cotes de Sicile ou du Maghreb afin de se battre contre les Allemands. Certains se rêvent en Lawrence d’Arabie, d’autres en vedettes de cinéma. Ils pensent à leurs vies en Amérique, en Angleterre, ou à leurs familles pour certaines originaires de ce bout de terre qu’ils doivent reconquérir. L’Histoire les cueillera tous pour les jeter dans ce formidable tourbillon de violence que fut la Seconde Guerre mondiale. Adam Foulds, pour ce premier livre traduit en français, détonne par une écriture poétique et sensuelle couplée à une histoire d’une violence et d’une efficacité remarquable. Entre balade dans les paysages siciliens calme après les batailles, scènes de vie pittoresque et horreur des combats, du grand roman historique.
Un coup de cœur de Paco!

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Aux anianimaux-guerre-1546985-616x02maux la guerre, Nicolas Mathieu, éd. Babel, janvier 2016, 9.70€

Dans les Vosges, l’hiver est rude. Les habitants aussi. Aussi, quand la principale usine de la région menace de fermer, nombreux sont ceux qui sont prêt à tout pour survivre, et qui, comme Bruce, ou Martel, rêve de pouvoir desserrer la corde des dettes qui les tuent lentement. Mais comment, quand le travail manque cruellement, faire vivre une famille, payer un loyer, ou même se payer les packs de mauvaises bières, nécessaire pour l’oubli de la vie minable qu’ils vivent… « Aux animaux la guerre » est le roman de la fin d’une époque, celle des usines, celle des luttes de classes…Sombre mais brillant.

Coup de cœur de Paco!

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Hérétiques9782757856970FS, Leonardo Padura, éd. Points, janvier 2016, 8,95€

Hérétiques ou comment un tableau de Rembrandt nous fait voyager dans un Cuba pré et post-castrite et dans l’Amsterdam du XVIIe siècle. Vous redécouvrirez l’épisode dramatique du paquebot Saint-Louis transportant des centaines de Juifs qui en 1939 seront refoulés des eaux cubaines, déambulerez dans les ruelles assourdissantes et étouffantes de la Havane et découvrirez la vie dans l’atelier du grand maître hollandais à l’âge d’or. Mêlant enquête et roman historique, un flamboyant roman célébrant le libre arbitre.

Recommandé par Sarah !

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En-attendant-Bojangles-follement-attachant_exact1024x768_p En attendant Bojangles, Olivier Bourdeaut, éd. Finitude, janvier 2016, 15.50€

Dans une maison en Espagne, Georges, sa femme (dont le nom change chaque jour, en fonction de l’humeur), son fils, et l’étrange oiseau exotique Mademoiselle Superfétatoire ne vivent que pour le plaisir et la fête permanente. Chez eux, l’amour est vertigineux ou n’est pas, et chaque instant est une folie menée sur l’air de « Mister Bojangles » de Nina Simone.
Un jour pourtant, la folie s’aggrave, et la réalité revient brusquement, amèrement.
Un portrait d’un couple fantasque et émouvant, au travers des yeux de leur fils, le tout porté par une écriture faussement naïve, faisant naître autant de francs éclats de rire que de petites perles de désespoir.
Un magnifique roman sur l’amour fou, sur les vertus du mensonge et de la folie douce, une fable d’une brillante cruauté.

Recommandé par Paco et Sophie !

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Kannj9782330058753FSawou, Lyonel Trouillot, éd.Actes sud, janvier 2016, 18€

Dans une société où la littérature et la politique sont inextricablement liées, Lyonel Trouillot ne fait pas office d’exception. Ces mots sont des charges. Dans son dernier roman Kannjawou, il raconte son pays, l’un des plus pauvres au monde, meurtri par des décennies d’instabilité politique, et fustige son occupation par les forces militaires et les ONG, sous contrôle de la communauté internationale. On ne chasse pas des soldats avec des mots, comme le souligne Sentinelle des pas perdus, le sagace narrateur du roman, mais il est parfois nécessaire « de tout consigner » quand cela va mal. Ainsi, posté dans la rue de l’Enterrement, cette vigie inébranlable raconte le quotidien dans une terre où la richesse et la pauvreté se livrent une guerre de mouvement. La violence et l’exclusion sociale. Les bottes ennemies. Le cimetière et ses deux visages : le jour, les cortèges et les fanfares, la nuit, les coups de pioche des voleurs de cercueil. Et à travers sa voix, c’est toute une galerie virevoltante de personnages qui entre en scène, à commencer par ses amis, la fameuse « bande des cinq », dont il fait parti. Liés depuis l’enfance, ils devisent sur la marche du monde et leur avenir. Fantasmant d’improbables révolutions, ils tentent aussi d’instaurer un peu de justice sociale en créant avec quatre bouts de tôle une association culturelle pour les jeunes du quartier. Ainsi, autour du narrateur, étudiant qui passe son temps à cogiter sur la logique des parcours individuels, de Popol, son frère silencieux, de Wodné, militant révolté à la pensée radicale, et de Joëlle et Sophonie, deux sœurs broyées par les pressions sociales, il y a aussi l’inoubliable Man Jeanne, doyenne et mémoire de la rue, qui verse du pissat de chat sur la tête de ses ennemis. On découvre aussi le petit professeur, intellectuel qui travaille sur une histoire de la gauche et des mouvements progressistes. A cette rue de l’Enterrement, emblématique de ce microcosme, s’oppose le bar « Kannjawou », fréquenté par « les occupants » et « assistants aux occupants ». Ces expatriés, qui viennent s’encanailler et boire l’argent produit par le malheur des locaux, changent régulièrement de poste, « au nom de la démocratie et du principe de rotation, et pour que toutes les nations en profitent ». Dans la culture populaire haïtienne, le mot kannjawou signifie le partage et la fête, la grande fête qu’espère tant le vieil Anselme à la fin de sa vie, entouré des siens et des voisins. Mais comment penser aux divertissements et aux réjouissances quand les inégalités, les jeux entre puissances, la corruption et la pauvreté détruisent toute cause commune, tout passé, tout avenir, tout rêve ? De sa langue pareille à nulle autre, chamarrée et incarnée, Lyonel Trouillot ébauche un temps où aucun expert ne viendra imposer les directions à suivre comme si les « vies étaient des fautes d’orthographe », et célèbre, dans un roman vibrant d’humanité, deux idées souvent piétinées : la mémoire et l’espérance.

(article rédigé pour la revue Page des Libraires)

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9782848051987FSLes sept vies des chats d’Athènes, Takis Théodoropoulos, éd. Sabine Wespieser poche, novembre 2015, 8 €

« A l’instar des enfants, les félins tirent leur amour du jeu de ce rapport qui les lie à l’éternel présent, puisqu’ils ne se soucient ni du passé ni de l’avenir. Cette certitude qu’ils ont de posséder sept âmes leur confère une grande capacité d’ironie vis-à-vis de l’inexistence. Car s’ils n’ignorent pas la sensation du néant, ils ont su canaliser celle-ci pour la transformer en tremplin de vie ».
A mi-chemin entre conte philosophique et satire politique, un petit texte facétieux et mordant avec des chats non moins malicieux qui seraient les réincarnations des philosophes de l’Antiquité.

Recommandé par Sarah !

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Debo9782253192725FSut-payé, Gauz, éd. Livre de poche, novembre 2015, 6,60 €

Debout-Payé c‘est l’histoire d’Ossiri, étudiant ivoirien qui comme son père et son grand-père devient vigile au Camaïeu de Bastille et au Sephora des Champs-Élysées. Sans papiers dans la France des années 1990, c’est le seul job qu’il trouve. Chronique du quotidien d’un immigré et de sa communauté dans la capitale parisienne doublée d’un bel hommage à la famille, le livre est aussi « l’histoire politique d’un immigré et du regard qu’il porte sur notre pays (…) de la Françafrique triomphante à l’après 11-Septembre ». Mais c’est aussi un objet littéraire inattendu et génialement insolent. Car au détour des pages, Gauz retranscrit les choses vues et entendues en tant que vigile sous forme de saynètes et sentences tour à tour caustiques et poétiques à la portée quasi sociologique. En fin satiriste, il tourne en dérision notre société de consommation pour notre plus grand plaisir. Intelligent et détonnant !

Recommandé par toute l’équipe !

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9791094680209FSLe Promeneur d’Alep, Niroz Malek, éd. Le Serpent à plume, octobre 2015, 16 €

A Alep, à la lueur d’une bougie, un homme, qui refuse de fuir le chaos, écrit jour après jour, le quotidien d’une population plongée en enfer. Journal de bord d’un écrivain résistant avec les mots aux balles ennemies, Le Promeneur d’Alep sont autant de chroniques – éclairs disant l’urgence de témoigner. La douleur et la tristesse. Les vies minuscules raflées. Le bruit assourdissant des bombardements. Les barrages à chaque coin de rue. Les jardins publics transformés en cimetière. De ces événements qui ne peuvent surgir qu’en temps de guerre. Mais de son écriture aux fulgurances poétiques évoquant la nostalgie de l’enfance et les amours colorés, Niroz Malek laisse entrevoir des éclaircies pleines d’espoir.

Recommandé par Sarah !

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Tony H9782264064455FSogan m’a payé un ice-cream avant de me piquer maman, Kerry Hudson, éd. 10/18, septembre 2015, 8.10 €

Voir le jour dans la famille Ryan n’est pas une mince affaire. Entre une jeune mère célibataire au langage fleuri, une grand-mère accro au bingo et aux cigarettes, un oncle camé complètement largué et un père américain inconnu et idéalisé, Janie doit jouer des coudes pour trouver sa place dans une tribu où les injures et les coups fusent. Et c’est avec une gouaille folle que la petite Ryan nous raconte son enfance dès les premières heures de sa naissance, son quotidien et ses aventures dans un monde qui ne lui épargne rien. Une chouette chronique sociale sur la jeunesse écossaise dans les années 1980 qui donne la parole aux laissés-pour-compte.

Un roman ébouriffant, parcouru d’un éclat de rire permanent, recommandé par Sarah !

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Dans le9782253087403FS grand cercle du monde, Joseph Boyden, éd. Livre de poche, octobre 2015, 8,30€

Trois personnages divisés par leur appartenance accompagnent le lecteur dans le Canada du XVIIe siècle sur le point de basculer : un jésuite français venu évangéliser les Indiens, Chutes-de-Neige, une jeune iroquoise assoiffée de vengeance dont la famille vient d’être massacrée et un chef de guerre huron qui devine le déclin de son peuple. De ces trois voix aux langages et croyances différents renaît tout un monde, celui des coutumes indiennes, et la colonisation amérindienne par l’homme blanc. Une magnifique épopée, poétique et cruelle comme peut l’être le réel.

Recommandé par Sarah!

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Du temp9782714456762FSs où j’étais un mac, Iceberg Slim, éd. Belfond Vintage, septembre 2015, 15 €

S’inscrivant dans une longue tradition autobiographique afro-américaine, Iceberg Slim, qui dénonce le creuset raciste qu’est l’Amérique des années 60, est l’un des premiers à décrire l’homme noir autrement qu’en faire-valoir de l’homme blanc.
Emblématiques d’une époque, ces écrits cyniques et engagés, scandent, dans une prose rageuse, ce qu’est la vie dans les ghettos noirs, au son du black power, et revient de manière plus introspective sur ce que fut ses années de « maquereautage ».  CULTE !!!

Recommandé par Sarah et Paco!

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inuteroJulien Blanc-Gras, In utero, éd. Le Diable vauvert, septembre 2015, 15 €

Le journal de grossesse d’un futur père, neuf mois d’attente, de fierté, d’angoisse, d’amour, de trouille, de projections…
Avec humour et honnêteté, le célèbre globetrotteur nous emmène cette fois dans un voyage au centre de l’humain.

Recommandé par Sophie et Laureline !

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Petit P9782021125092FSiment, Alain Mabanckou, éd. Seuil, août 2015, 18,50 euros

Petit Piment est un jeune orphelin espiègle et débrouillard et c’est le personnage du nouveau roman d’Alain Mabanckou! Dans cette fable truculente, l’auteur congolais raconte les tribulations de Petit Piment. Après une enfance presque heureuse dans une institution catholique balayé par la révolution socialiste, le jeune garnement s’acoquinera avec les petits bandits du Grand Marché, vivra de combines et de larcins et rencontrera Maman Fiat 500, une généreuse maquerelle. Le bonheur semblera enfin à portée de main mais pour combien de temps? Formidable roman d’apprentissage, Petit Piment raconte cette jeunesse africaine qui tente d’exister coûte que coûte, quitte à passer la ligne rouge. Mais à travers l’histoire de ce Gavroche africain, c’est aussi l’histoire de son pays natal qu’explore Mabanckou ainsi que ses lignes de faille comme la corruption, les politiques autoritaires menées au détriment des individus ou encore la condition des femmes.

Un conte urbain délicieux, à la langue chamarrée, recommandé par Sarah!

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Eka Ku9782848051925FSrniawan, L’Homme-tigre, éd. Sabine Wespieser, septembre 2015, 21€

Un jeune homme, qui serait hanté par un tigre, commet un crime terrible dans un petit village de Java. L’auteur, écrivain majeur dans son pays, remonte le passé pour comprendre ce geste fou. Une tragédie qui se révèle être un magnifique instantané de la société et culture indonésienne. Un sens de la narration réjouissant, de l’humour et des associations inédites d‘images pour des moments de fulgurances poétiques. Gros coup de cœur !

Recommandé par Sarah !

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9782843047145FSVanessa Barbara, Les Nuits de laitue, éd.Zulma, août 2015, 17,50€

Dans une petit maison jaune vit en parfaite harmonie Otto et Ada, mariés depuis des décennies. Cultivant tout deux une égale passion pour les documentaires animaliers, le ping-pong et le chou-fleur, ils sont pourtant très différents. Tandis qu’Ada, appréciée de ses voisins, participe activement à la vie du quartier, Otto est plus taciturne. La vie s’égrène paisiblement dans ce microcosme un peu farfelu. Il y a Nico, le pharmacien qui connaît sur le bout des doigts les effets indésirables des médicaments, Anibal, le facteur dilettante qui mélange le courrier, Mariana, jeune anthropologue qui s’ennuie à la maison, Teresa et ses chiens endiablés… de drôles d’hurluberlus qui cohabitent pour notre plus grand plaisir ! Mais le jour où Ada disparaît brutalement, Otto, grand lecteur de polars sanglants, se demande si on ne lui cacherait pas quelque chose…

Jouant malicieusement avec les codes du roman policier et abordant par petites touches sensibles la perte d’un être cher, Les nuits de laitue est une fantaisie loufoque et tendre qui donne un sacré coup de peps !

Recommandé par Sarah et Paco !

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9782021280173FSCharif Madjalani, Villa des femmes, éd. Seuil, août 2015, 18€

Nouvelle variation sur une thématique chère à l’auteur – la grandeur et la décadence des grandes familles libanaises -, Villa des femmes, à la langue envoûtante et à l’imaginaire flamboyant, opère un focus saisissant sur les femmes de ces fratries qui s’affranchissent de la société traditionnelle patriarcale. Un canevas baroque somptueux mêlant saga familiale, fresque historique et pastiche de romans d’aventure !

Un des plus beaux textes de cette rentrée vivement recommandé par Sarah !

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boussoleMathias Enard, Boussole, Actes Sud, août 2015, 21.8€

Entre Damas, Vienne et Paris, Mathias Enard nous embarque au plus profond des souvenirs et des sentiments d’un homme, tout au long d’une nuit d’insomnie.
Tour à tour mélancolique et envoûtant, palpitant et joyeux, « Boussole » est à la fois un roman d’Histoire et d’aventures, de musique et de littérature, une magnifique déclaration d’amour à l’Orient et à ses échanges avec l’Occident.

Vivement recommandé par Sophie !

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Jax Mill9782081347908_1_75er, Les Infâmes, éd. Ombres Noires, septembre 2015, 21€

Témoin protégée par le FBI, Freedom Oliver coule des jours sombres dans une petite ville de l’Oregon, attendant l’heure fatidique de son suicide, programmée par le remplissage minutieux d’une tirelire de médicaments. Hantée par le meurtre de son mari, l’abandon forcé de ses enfants et toutes les erreurs qu’elle a pu commettre, la quarantenaire ne croit plus en rien… jusqu’au jour où tout bascule, quand sa fille Rebekah, élevée par un pasteur extrémiste, est portée disparue. Sortant de l’anonymat et affrontant ses démons, Freedom va sur son chemin trouver de l’infamie… mais aussi de la beauté.

Un récit sombre et haletant, qui nous transporte dans les dérives de la religion et ses conséquences, mais nous montre également l’infinie puissance de l’amour maternel, malgré la déchéance des âmes et la brutalité du monde décrit dans cet ouvrage.

Recommandé par Laureline et Sarah !

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sixjoursRyan Gattis, Six jours, éd. Fayard, septembre 2015, 24€.

Le 29 avril 1992, quatre officiers de police poursuivis pour le passage à tabac du célèbre Rodney King sont acquittés. Moins de deux heures après les délibérations, des émeutes éclatent à Los Angeles, ville du procès. Durant six jours, la cité des anges est à feu et à sang, les représentants de l’ordre désertent les rues et certaines personnes en profitent pour régler de vieux comptes.

C’est dans ce décor chaotique que Ryan Gattis installe son histoire, celle de dix-sept personnes liées par les évènements de ce printemps 1992. Déclenché par le massacre d’un innocent par un gang latino, ce roman choral nous entraîne dans les coulisses des émeutes et dans l’arrière-boutique méconnue des gangs et de leurs us et coutumes. Loin d’être manichéen ou moralisateur, ce livre est à la fois dynamique et réaliste. En effet, et c’est là le plus grand mérite de cet ouvrage, les faits décrits, bien que relevant de la fiction, nous paraissent vraisemblables, au point de parfois nouer nos tripes ou nous toucher plus que de raison. Tout ceci est plus que logique, puisque l’auteur est allé se documenter au plus près de la source, en rencontrant et en faisant corriger ses épreuves par un chef de gangs « chicanos » et plusieurs de ses seconds.

Un théâtre de guerres urbaines qui nous montre plusieurs facettes de l’humain lorsqu’il est face à lui-même et que les lois n’ont plus cours, mais aussi comment, par un évènement parfois à mille lieux de nous-même, nos vies peuvent être bouleversées d’une seconde à l’autre.

Vivement recommandé par Laureline !

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ahçairaDenis Lachaud, Ah ! ça ira…, Actes Sud, août 2015, 21.8 €

Malgré le ras-le-bol ambiant, un activiste qui assassine le président de la République est loin d’emporter l’adhésion populaire… emprisonné pendant 21 ans, il ressort dans un Paris qui a évolué vers encore plus d’injustices. Sa famille et quelque amis marqués par son action vont décider de donner un nouveau souffle à la révolte nécessaire pour changer notre société !
Un roman engagé, qui pose de vraies questions, tout en étant sensible et plutôt optimiste !

Recommandé par Sophie !
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oùetiezvoustousPaolo Di Paolo, Où étiez-vous tous, Belfond, septembre 2015, 17 €

« Où étiez-vous tous » est à la fois un roman d’apprentissage et le récit d’une époque : celle d’un jeune homme né en Italie en 1983 et qui n’a connu que « l’Ere Berlusconi », de son père enseignant retraité qui semble garder une sacré rencune contre ses élèves, de sa mère qui rêve de fuir à Berlin, l’époque des amours ratées et des études qui ne mènent à rien.
Une écriture douce-amer et un humour mordant, qui nous transporte dans l’intimité des jeunes générations italiennes.

Recommandé par Sophie !
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loupsaleurporteJérémy Fel, Les loups à leur porte, Rivages, août 2015, 20€

A travers ces récits parfaitement construits et enchevêtrés, voici un roman noir, très noir, de la monstruosité humaine…

Recommandé par Sophie et Laureline !
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terminusradieuxpocheAntoine Volodine, Terminus radieux, Points, août 2015, 8.60 €

La Deuxième Union Soviétique a échoué, les centrales nucléaires qui devaient assurer l’indépendance de chaque ville ont lâchées les unes après les autres, soldats et travailleurs sont livrés à eux-mêmes, à l’errance, à la mort et à la presque-mort pour les dizaines et milliers d’années à venir.
Kranauer laisse derrière lui ses deux camarades pour trouver aide et eau, mais lorsqu’il arrive au kolkhoze Terminus Radieux il n’y trouvera que chaos et danger. Le président Solovieï, l’immortel chamane, contrôle tout et tous, les gens, les rêves, la forêt. La Mémé Ougdoul, son double féminin, nourrit, s’occupe et parle à la pile nucléaire qui les réchauffe. Les trois filles étranges de Solovieï tournent autour de Kronauer, mais celui-ci est prévenu : il n’a pas intérêt à leur faire du mal…
L’univers de Volodine est certes fait d’angoisse, de mort et de rêves chamaniques, mais il nous emporte avec un plaisir renouvelé, une poésie et un humour du désastre qui font de ce grand roman à la fois une suite incontournable pour ses lecteurs habituels qu’un parfait point de départ pour ceux qui souhaitent le découvrir.

Recommandé par Sophie !

(Prix Médicis 2014)

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Sélection Littérature printemps-été 2015

vongozeroYana Vagner, Vongozero, éd. Mirobole, 22 €

La fuite éperdue de plusieurs familles face à une gigantesque épidémie qui se répand dans la Russie enneigée… un récit « catastrophe » qui joue avec subtilité sur un thème classique sans tomber dans les clichés du genre.

La narratrice, une jeune femme qui n’ose prendre sa place dans ce convoi de la dernière chance, nous embarque à un rythme effréné dans les méandres de la peur et de l’espoir face à une humanité en danger d’extinction !

Recommandé par Sophie !

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Michal Ajvaz, L’Autre ville, éd. Mirobole, avril 2015, 19 €

Dans uneautreville librairie de Prague, un homme trouve un livre intrigant, écrit dans un alphabet inconnu, qui lui ouvre les portes d’un univers magique et dangereux. Il y découvre des cérémonies baroques, des coutumes étranges et des créatures fascinantes ; des cafés se muent en jungles, des passages secrets s’ouvrent sous ses pieds et des vagues viennent s’échouer sur les draps…
Il faut totalement se laisser porter par ce livre hypnotique, entre merveilleux et surréalisme, cette ode à la quête et au courage nécessaire pour affronter les nouveaux mondes qui ne cessent de nous appeler.

Recommandé par Sophie !
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A9782867467561FSli Al-Muqri, Femme interdite, éd.Liana Levi, 18€

 « Ce jour-là, j’ai senti que je portais un poids, que je ne pouvais plus marcher, mais seulement rouler telle une boule noire. Je me suis posé la question en m’observant dans le miroir : à quoi bon ce corps ? » Telle est l’interrogation inaugurale posée par l’héroïne sans nom du nouveau roman d’Ali Al-Muqri. Texte censuré dans la plupart des pays arabes, Femme interdite constitue un portrait brûlant et sans concessions de la femme au Yémen, pays où règne la charia, la loi islamique. Femme-défendue dès 9 ans, dont la place naturelle est à la maison « qu’elle ne doit plus quitter jusqu’au tombeau », la femme yéménite doit être invisible à la vue des hommes, de la société et… à elle-même. C’est ce que la jeune femme apprendra dès son enfance, élevée sous la férule d’un père rigoureux, d’une mère soumise et d’un frère devenu fanatique religieux. Entre enseignement théologique au lycée islamique et visionnage de cassettes « culturelles » – pornographiques – avec sa sœur indocile, elle s’enfonce inexorablement dans un endoctrinement véhiculé par une société hypocrite, qui isole la femme aux marges de sa propre vie et la réduit au rang d’objet. La question de la sexualité et de l’oppression du désir abordée de manière frontale par l’auteur en dit long sur les violences infligées aux femmes et les souffrances qui en découlent. Oubliant l’usage des questions, n’osant plus rire et ne sachant plus pleurer, la jeune femme, qui a l’impression d’être en état de « djihad permanent » (initialement : « effort qu’on fait sur soi »), rencontrera son futur époux, qui l’embarquera en Afghanistan pour mener le djihad. Un brûlot essentiel sur une femme brisée et bâillonnée par sa cape noire

Recommandé par Sarah !

(Page des Libraires)

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Bernhommedekievard Malamud, L’homme de Kiev, éd. Rivages poche, 10 €

Rêvant d’un avenir meilleur dans la Russie du début XXe, un jeune homme juif libre-penseur part s’installer à Kiev. Pris au piège par le hasard qui lui fait prendre un mauvais choix, il se retrouve accusé à tort et sa vie tourne au cauchemar.
Entre récit de prison, stigmatisation d’une population, falsification de preuves, un roman politique et métaphysique passionnant !

Recommandé par Sophie !
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yeruldelggerIan Manook, Yeruldelgger, Le Livre de poche, 8.3 €

Sous couvert d’intrigue policière, un beau voyage en Mongolie, à la découverte d’un pays en proie aux contradictions de la modernité.

Recommandé par Sarah et Fabien !

 

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manuelsurvieincapablesThomas Gunzig, Manuel de survie à l’usage des incapables, Folio, 7.5 €

Et si le monde ne tournait qu’autour du travail, d’ambitions en promotions, au sein de supermarchés si omniprésents qu’être directeur des ventes serait le stade ultime de l’accomplissement ?
Et si tout, absolument tout, était sous licence commerciale ? Voilà qui ressemblerait presque à une vision terrifiante de notre monde…
Et si, à cela, on ajoute la généralisation des modifications génétiques sur les femmes, parce qu’il serait tout de même mieux de les améliorer un peu, voilà qu’on arrive à un roman étonnant dont l’humour et le cynisme, avec même un peu de poésie, se disputent à la tragédie !
Car quand quatre jeunes hommes-loups veulent venger leur mère d’un homme marié à une femme modifiée au Mamba vert, ça peut devenir carrément sanglant !
Et jubilatoire !

Recommandé par Sophie !

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ancienmaladeDaniel Pennac, Ancien malade des hôpitaux de Paris, Folio, 4,60 €

Dans ce court texte plein d’humour, voilà une nuit entière aux urgences d’un interne confronté à un malade dont les symptômes ne cessent de varier.

Un « monologue gesticulatoire » savoureux qui prolonge parfaitement la lecture de l’excellent Journal d’un corps, à lire absolument si vous l’aviez raté !

Danijournalduncorpsel Pennac, Journal d’un corps, Folio, 8€

Sous l’angle unique du corps, de ses évolutions, ses sensations, ses maladies, ses joies, voilà l’étonnant journal d’un homme, de ses années d’enfance jusqu’à la mort.

 

Recommandés par Sophie !

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Sélection Littérature janvier- février 2015

9782843047251FSComme tous les après-midi, Zoyâ Pirzâd, éd. Zulma, janvier 2015, 7,95 €

En dix-huit tableaux épinglant les gestes millénaires des femmes iraniennes au fil des saisons et des générations, Comme tous les après-midi décrit les bruits de vies minuscules. S’occuper des enfants et de la maison,  discuter avec la voisine, préparer le riz pilaf et le ragoût, attendre l’époux, un refrain que Zoyâ Pirzâd, par la sobriété de son écriture, transcende. L’auteur dit le temps qui passe, le bonheur et les chagrins, la transmission et les rêves. C’est beau, poétique, frais, se boit comme du petit lait et on relit certaines nouvelles, charmé.

Recommandé par Sarah !

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9782070462353FS

La Garçonnière, Hélène Grémillon, éd. Gallimard, décembre 2014, 7,50 €

Inspiré d’une histoire vraie, ce roman nous entraîne dans l’Argentine des années 1980, période post-junte militaire. Dans un pays encore traumatisé par les violences perpétrées par la dictature militaire de la fin des années 1970, une femme est retrouvée morte. Lisandra, belle danseuse de tango, éperdument amoureuse de son mari qui ne faisait plus assez attention a elle, a-t-elle été assassinée ? C’est ce que la police croit lorsqu’elle décide d’accuser Vittorio, l’époux, persuadée de sa culpabilité. Car, en effet, quel meurtre est plus évident que le crime passionnel ? Cependant, c’était sans compter sur Eva Maria, ancienne patiente du docteur, qui décide de ne pas le laisser tomber et de chercher pour lui le meurtrier. S’ensuit une enquête douloureuse, menée par une femme torturée par ses propres démons, qui tantôt refuse l’évidence, tantôt construit ses propres preuves.

Véritable pépite stylistique, La Garçonnière nous tient en haleine et nous fait frissonner du début à la fin. En nous entraînant dans les méandres de la pensée humaine à travers ses personnages plus humains que jamais, Hélène Grémillon aborde les thèmes de la jalousie, de la perte d’un être cher, de l’adultère, de la dépendance affective et de la paranoïa. Parfois même, elle nous met face à un miroir, dont nous préférons bien souvent éviter le reflet…

Recommandé par Laureline !

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Seconde 9782351762783FSPeau, Uzma Aslam Khan, Galaade, janvier 2015

Se déroulant dans les montagnes du nord-Pakistan, où les glaciers s’unissent amoureusement pour donner naissance à l’eau douce des vallées, Seconde Peau est un magnifique roman initiatique qui mêle amour et quête d’identité.

 Nadir, jeune photographe pakistanais, et la belle Farhana, s’envolent pour le « Pays de purs ». La jeune femme, d’origine pakistanaise mais élevée aux États-Unis, souhaite découvrir ce pays qu’elle n’a jamais connu. A Karachi, ils découvrent un pays presque en état de siège, quadrillé par les convois militaires mais poursuivent leur itinéraire. Alors que le jeune homme s’interroge sur son amour, la jeune femme, passionnée par les glaciers, trépigne de partir à l’assaut des hauts sommets. Irfan, ami d’école de Nadir, et Wes, chercheur et collègue de Farhana, sont de la partie. Sur les pentes de la « Reine des montages », Malika Parbat, une rencontre avec une tribu de nomades, les Gujjar, va bouleverser à jamais leur existence.

Habitées par de nombreuses légendes, Seconde peau est un roman passionnant sur la question des origines et de l’appartenance. Dans ce pays en mutation, état jeune sur des terres millénaires, habité par de nombreuses populations nomades dont l’ancestrale liberté de mouvement est menacée, les deux jeunes amants éprouveront l’altérité, la peur et le désespoir. Symbole des tensions entre un mode de vie séculaire et un monde qui va trop vite, entre les autochtones et les étrangers, entre l’Orient et l’Occident, la vallée de Kaghan cristallise les luttes pour le droit à la différence.

Seconde peau est aussi un magnifique ode à la nature sauvage et solitaire du Pakistan, à ces pâturages verts et glaciers bleus, à ses pics dépassant les cinq mille mètres, à l’antique route de la soie et à sa population vagabonde.

Vivement recommandé par Sarah !

(article paru dans Page)

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Analautinyser la situation, Pierre Autin-Grenier, Finitude, 2014, 13.5 €

« Non, jetant un oeil à la dérobée dans le rétroviseur je vois bien qu’il y a pas mal de brumes et comme un certain flou artistique, et si je regarde droit devant, alors l’image n’est pas très nette non plus et toute l’aventure semble plutôt aller à vau-l’eau. »

Les derniers textes du regretté Pierre Autin-Grenier – plus que jamais empreints de cet humour doux-amer qui étaient sa marque.

Recommandé par Fabien

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Sélection littérature novembre- décembre

9782351763384FSL’Autre Turquie, éd. Galaade, octobre 2014, 25 €

 L’éditeur Galaade poursuit son travail d’exploration vers la Méditerranée et son dialogue entre l’Orient et le monde occidental avec L’Autre Turquie – Reportages littéraires. À travers une cinquantaine de récits de voyage ou de reportages écrits entre les années 1930 et 2014, nous voyageons du pont de Galata, à Istanbul, aux rivages de la Méditerranée et de la côte égéenne, de la mer Noire à l’Anatolie, sans oublier Ankara. Mêlant considérations historiques, géographiques et anthropologiques, L’Autre Turquie est le livre idéal pour qui veut partir à la découverte des multiples visages de ce pays et de sa littérature, loin des sentiers battus. Si vous souhaitez mettre au jour les secrets du pichti, siroter un lüfer ou naviguer sur le Bosphore en vapur, embarquez dans cette nouvelle anthologie, magnifique invitation au voyage.

Recommandé par Sarah !

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Jim Grace, 9782743628871FSL’étreinte du poisson, éd. Rivages, septembre 2014, 8.50 €

Au milieu des dunes battues par les vents, les corps sans vie d’un couple de zoologistes sont retrouvés. Ce qui devait être un pèlerinage amoureux sur les lieux de leur rencontre trente ans plus tôt se transforme en veillée funèbre. Les jours passent et les corps subissent les assauts de la météo et des bêtes, crabes et mouettes en tête, habitant la plage. Et tandis que la mort opère ses ravages, Jim Grace remonte le fil du temps en retraçant l’existence de ces deux scientifiques, en revenant sur les scènes fondatrices de leur histoire et c’est magnifique. Réflexion sur le temps qui passe, le vieillissement, les renoncements et joies d’une vie, l’usure des sentiments et des chairs, L’étreinte du poisson est une très belle célébration tantôt lyrique tantôt hyperréaliste , toujours poétique, de la vie et de l’amour, de notre présence au monde.

Recommandé par Sarah !

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Nancy H9782330037185FSuston, Bad Girl, éd. Actes Sud, octobre 2014, 20,00 €

Consciente des écueils du discours sur soi, Nancy Huston met en place dans Bad Girl – Classes de littérature un mode de narration original, surprenant au premier abord mais diablement séduisant : l’« autobiographe intra-utérine ». L’auteure raconte l’histoire de sa vie à la lumière de l’abandon de sa mère, en apostrophant et interrogeant, sur le mode vocatif, le fœtus non désiré qu’elle fut, dénommé Dorrit : « La deuxième personne sera toujours celle que tu préfères, car il n’y a pas assez de place dans le monde pour le je […], c’est pourquoi, livre après livre, tu diras you, you, you et tu, tu, tu ».

Marquée par des déménagements successifs, la solitude de longues journées silencieuses et l’absence de sa mère, merveilleuse mais évanescente, partie poursuivre des études au loin, Dorrit va faire « de son mieux pour être Ailleurs ». Pour cette petite fille qui se dit mauvaise et ratée, taraudée par de multiples questions sans réponses, investir le domaine des mots et des sons est une question de survie. Dès lors, Dorrit lira matin et soir. Bercée dans un bruissement de voix ininterrompu elle transformera sa vie de tous les jours en roman. Elle s’inventera aussi une amie imaginaire, sautera une classe, excellera au piano, grandira, écoutera Nat King Cole puis les Stones et jouera les mignonnes pour se faire remarquer, sans jamais cesser de correspondre avec sa mère. Sur les sables mouvants de l’enfance, ces changements, expériences et histoires seront autant de « classes de littérature ».

De la même façon, l’auteure, consciente que « nous poussons sur un arbre généalogique » et que notre sensibilité, langue et manière de penser sont en partie modelés par les êtres qui nous entourent enfant, va convoquer sa descendance pour mieux se dire. Entre un arrière-grand-père « complètement barjo », une grand-mère féministe avant l’heure qui quitte sa famille pour travailler au loin, un grand-père pasteur, une tante missionnaire, un père aimant mais malade et débordé et une belle-mère allemande, il y a de quoi chercher sa place ! C’est précisément cet héritage que l’auteure explore, cherchant des analogies, se voyant soi-même à travers les yeux des autres, pour comprendre ce qu’elle est.

À travers la trajectoire de la jeune Dorrit s’inscrit ainsi, en creux, les thèmes fondateurs de l’œuvre de Nancy Huston, comme l’avortement, la maternité, la féminité et le diktat de la beauté, l’exil, la crainte de l’immobilisme, la transmission, le mensonge et la musique guérisseuse… Autant de sujets que l’auteure réinterroge avec des références littéraires (Annie Ernaux, Gary, Weil, Beckett), artistiques (Camille Claudel, Anne Truitt) et ses propres écrits. Plongée dans l’intériorité, Bad Girl – Classes de littérature est un récit dense et passionnant, à l’écriture puissante, qui nous éclaire sur le parcours littéraire de Nancy Huston. Il s’agit aussi d’un récit généreux, humain et engagé, d’une femme qui, enfant, ne se trouva pas dans les yeux de sa mère.

Recommandé par Sarah !

(Article paru dans Page des Libraires)

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Kobra

Déon Meyer, Kobra, éd. Seuil, octobre 2014, 22,00 €

Une nouvelle enquête de l’inspecteur Benny Griessel, toujours aussi palpitante ! Avec l’Afrique du sud contemporaine en toile de fond, magouilles internationales et enjeux personnels, un bon polar pour nuit d’insomnie !

Recommandé par Sophie !

 

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Sélection littérature août-septembre 2014

9782864249641FSSherko Fatah, Un voleur de Bagdad, éd.Métailié, septembre 2014, 22 €

Bagdad, années 1930. Alors que l’Irak sous mandat britannique connaît ses premiers soubresauts nationalistes, le jeune Anouar, expert dans l’art d’escalader les murs, grandit sous la protection de son père. Partageant son temps entre son ami juif Ezra, la belle Mirjam et la bande de voleurs avec lesquels il s’est acoquiné, notre jeune picaro, pour qui « tout est trop grand », se retrouve embarqué dans le tumulte de l’Histoire en rejoignant les brigades fascistes des Chemises noires, alliées du régime nazi dans la lutte contre les Anglais. Des ruelles brûlantes de la cité millénaire, il se retrouvera sur le front de l’Est de la Seconde Guerre mondiale en incorporant une légion musulmane des Waffen-SS.

Porté par un puissant souffle romanesque, Un voleur de Bagdad est un magnifique roman d’aventure qui nous fait découvrir cette page d’histoire sous un autre angle et montre les liens du Moyen-Orient et de l’Allemagne, à commencer par l’alliance entre le grand mufti de Jérusalem et Hitler. Brillant et captivant !

Recommandé par Sarah !

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Thom9782362791192FSas Vinau, La part des nuages, éd. Alma, août 2014, 16 €

 Joseph, 37 ans, mène sa barque comme tout le monde. Attendre le soir, le lendemain. La fin du mois. Et puis vient le jour où son fils Noé part en vacances chez sa mère… Joseph se retrouve esseulé, perdu. Loin de se laisser abattre, il trouve refuge dans la cabane construite pour son fils et apprend à se retrouver, se réécouter, se réapprendre. Aventure humaine pleine de tendresse, La part des nuages nous montre qu’il ne tient qu’à nous de faire reluire notre quotidien, à l’aide de tout petits riens !

Recommandé par Laureline !

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retenirlesbetesMagnus Mills, Retenir les bêtes, éd. Cambourakis, septembre 2014, 11,00 €

« S’ils avaient vécu au Haut Moyen-Age, ils auraient été des Vikings. Mais ils n’étaient pas des Vikings. Ils étaient des prolos itinérants. Et le vendredi soir, qu’il neige ou qu’il vente, ils se lavaient les cheveux. » Oui, évidemment, le vendredi soir, il faut se faire beau pour aller au pub… même s’ils y vont aussi tous les autres soirs…

Quand les inséparables et nonchalants Tam et Richie, constructeurs de barrières écossais continuellement fauchés, sont envoyés en Angleterre sous la surveillance d’un contremaitre peu autoritaire, rien ne va plus ! Humour noir, tableau de l’Angleterre prolétarienne, cohabitation forcée dans une caravane déglinguée – qui est tout un personnage en soi – une masse et des piquets qui n’en font qu’à leur tête, voilà de quoi nous réjouir pour un certain temps !

Recommandé par Sophie !

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Hincoloretsukuruaruki Murakami, L’Incolore Tsukuru Tazaki et ses années de pèlerinage, éd. Belfond, septembre 2014, 23,00 €

Personnage « incolore » mais indispensable dans une inséparable bande de lycéens, Tsukuru va être brutalement abandonné par ses quatre amis. Passant par toutes les étapes de la dépression puis de la renaissance, il va enfin chercher à comprendre, seize ans plus tard, le pourquoi de cette rupture.

Loin de ses derniers romans « fantastiques », Haruki Murakami nous revient avec cet Incolore Tsukuru à un récit beaucoup plus intimiste et sensible, proche de La Ballade de l’impossible. Son style fait de nouveau merveille pour nous entrainer dans les plus profonds sentiments de ces jeunes gens malmenés par la vie.

Recommandé par Sophie !

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Kathleen annabelWinter, Annabel, éd. 10/18, septembre 2014, 8,80 €

1968. Dans un petit village reculé du Labrador voit le jour un enfant à la fois fille et garçon. Trois personnes sont dans la confidence : ses parents et une amie de confiance, Thomasina. Ces adultes décident de le faire opérer et de l’élever comme un garçon prénommé Wayne. Entre un père qui lui enseigne très tôt à gratter la rouille des pièges avec la pointe d’un couteau et une mère qui le garde au chaud auprès de ses bocaux de confiture, le jeune Wayne vit une enfance et une adolescence relativement douce et sereine à l’image de son amitié pour Wally. Mais son moi secret féminin – Annabel – n’est jamais loin et une inquiétude sourde s’empare progressivement du jeune homme qui s’interroge sur son identité. Se rapprochant de l’âge adulte et soutenu par Thomasina, véritable fée protectrice, Wayne fera le choix d’une « vérité angoissante » et sera confronté à l’ignorance et à la bêtise humaines. Loin de se confiner à une thématique complexe, passionnante mais délicate – quid du sujet sensationnel et voyeuriste – ce roman est un récit sensible sur la quête d’identité et l’acceptation de soi-même. Les contradictions de l’existence et les dualités de l’homme sont décrites avec justesse. Annabel est un hymne à la vie qui célèbre chaque manifestation du cœur ente joie et peine. La nature omniprésente, toute d’éclats et de bruissements, refuge des âmes confuses, affleure une beauté romantique qui rend inoubliable l’écriture de Kathleen Winter.

Vivement recommandé par Sarah !

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Maya Angladybelou, Lady B, éd. Buchet Chastel, septembre 2014, 18,00 €

Dernier volume de l’autobiographie de Maya Angelou publié en France quelques mois après sa mort, Lady B est un lumineux hommage à sa mère. L’ auteure américaine, élevée pendant dix ans chez sa grand-mère maternelle en Arkansas avec son frère, raconte ce qui fut vécu comme un abandon et le long cheminement vers la réconciliation avec cette femme à la beauté saisissante et à la générosité débordante qu’elle ne pouvait appeler maman.

D’anecdotes en anecdotes, de sa plume fluide et intuitive, Maya Angelou tisse les sentiments d’amour entre elles et lui attribue sa réussite. Le sourire au bord des lèvres, on est touché par cette magnifique déclaration.

Coup de cœur de toute l’équipe !

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Julia Detrianglehiverck, Le Triangle d’hiver, éd. Minuit, septembre 2014, 14,00 €

Mademoiselle est un peu perdue, s’ennuie bien vite dans ses jobs, se verrait bien en romancière. Prenant l’identité de Béatrice Beaurivage, elle part de port en port, entrainant l’Inspecteur. Lui ne sait bientôt plus comment se dépêtrer de cette relation, troublé par l’arrivée d’une autre femme.

Un roman triangulaire au style vif et épuré, fascinant.

Recommandé par Sophie et Laureline !

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Olivier Truc, Ldétroit loupe détroit du loup, éd. Métailié, septembre 2014, 19,00 €

A Hammerfest, petite ville de Laponie, au bord de la mer de Barents, c’est la période de transhumance des rennes qui rejoignent l’île de la Baleine par le détroit du Loup. Les éleveurs sont sur le qui-vive, prêts à escorter leurs bêtes. Tout irait pour le mieux en ce printemps de dégel où les nuits durent à peine deux heures si la course au pétrole et aux terrains ne faisait pas rage… Car Hammerfest, exploité pour ses ressources, est le futur Dubaï de l’Arctique. Les plongeurs avec leur code d’honneur sont rois à l’image du jeune Nils Sormi. Entre les industriels de l’énergie pétrolière et les éleveurs sami qui défendent leur mode de vie, la tension monte et les morts étranges se multiplient… Nina et Klemet entrent en jeu et mènent l’enquête avec énergie et complicité. Cette immersion dans le milieu de la plongée ravivera à Nina la disparition de son père, ancien scaphandrier. Dès lors, l’enquête prendra un tour plus intime.

Une intrigue bien menée, des personnages attachants et un arrière-fond historique et géopolitique passionnant. La police des rennes est de retour pour notre plus grand plaisir !

Recommandé par Sarah !

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joseph

Marie-Hélène Lafon, Joseph, éd. Buchet-Chastel, août 2014, 13,00 €

Joseph c’est l’histoire d’un cœur simple, celle d’un ouvrier agricole dans le Cantal qui approche doucement la soixantaine. Par petites touches, de son écriture économique et profonde, Marie-Hélène Lafon retranscrit la vie de cet homme dont les affaires personnelles tiennent dans une valise et dit avec justesse la mutation d’un monde.

« Les mains de Joseph sont posées à plat sur ses cuisses. Elles ont l’air d’avoir une vie propre et sont parcourues de menus tressaillements. Elles sont rondes et courtes, des mains presque jeunes comme d’enfance et cependant sans âge. »

Recommandé par Sarah !

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ilepointnemo Jean-Marie Blas de Roblès, L’Ile du point Némo, éd. Zulma, août 2014, 22,50 €

L’Ile du point Némo nous offre d’abord un fabuleux roman d’aventures entre quête et enquête, entre Sherlock Holmes et Vingt mille lieues sous les mers. Mais c’est également un jeu de lectures enchevêtrées et d’imaginaire débridé, un texte savoureusement critique et ironique.
Il se dégage un air familier bien sympathique de notre duo d’enquêteurs, l’un opiomane et l’autre alcoolique, du fidèle mais mystérieux majordome, et de l’inventive servante. Mêlés à d’autres personnages, certains attachants d’autres parfaitement repoussants, ils nous entrainent dans un véritable tourbillon romanesque.
Et on a une seule envie, les accompagner jusqu’au bout de leurs histoires !

Recommandé par Sophie !

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terminusradieuxAntoine Volodine, Terminus radieux, éd. du Seuil, août 2014, 22,00 €

La Deuxième Union Soviétique a échoué, les centrales nucléaires qui devaient assurer l’indépendance de chaque ville ont lâchées les unes après les autres, soldats et travailleurs sont livrés à eux-mêmes, à l’errance, à la mort et à la presque-mort pour les dizaines et milliers d’années à venir.
Kranauer laisse derrière lui ses deux camarades pour trouver aide et eau, mais lorsqu’il arrive au kolkhoze Terminus Radieux il n’y trouvera que chaos et danger. Le président Solovieï, l’immortel chamane, contrôle tout et tous, les gens, les rêves, la forêt. La Mémé Ougdoul, son double féminin, nourrit, s’occupe et parle à la pile nucléaire qui les réchauffe. Les trois filles étranges de Solovieï tournent autour de Kronauer, mais celui-ci est prévenu : il n’a pas intérêt à leur faire du mal…
L’univers de Volodine est certes fait d’angoisse, de mort et de rêves chamaniques, mais il nous emporte avec un plaisir renouvelé, une poésie et un humour du désastre qui font de ce grand roman à la fois une suite incontournable pour ses lecteurs habituels qu’un parfait point de départ pour ceux qui souhaitent le découvrir.

Recommandé par Sophie !

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priceSteve Tesich, Price, éd. Monsieur Toussaint Louverture, août 2014, 21,90 €

Daniel Price a grandi dans la banlieue est de Chicago et termine de façon peu glorieuse ses années de lycée. Hors de son avenir morose d’ouvrier, de ses errances avec ses amis d’enfance, de ses parents aux relations troublées, va soudain surgir une histoire d’amour compliquée.
Imprévisible et incompréhensible, la belle Rachel va totalement perturber sa vie. Le détournant de la maladie de son père, du désir de liberté de son ami Misiora, de la forte personnalité de sa mère, ce passage à l’âge adulte entre rêve et désespoir fait de sa vie un combat permanent.

Recommandé par Sophie et Laureline !

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 deboutGauz, Debout-payé, éd. Le Nouvel Attila, août 2014, 17,00 €

« Le livre que Franz Fanon n’a pas écrit sur la société de consommation »

Debout-Payé c‘est l’histoire d’Ossiri, étudiant ivoirien qui comme son père et son grand-père devient vigile au Camaïeu de Bastille et au Sephora des Champs-Élysées. Sans papiers dans la France des années 1990, c’est le seul job qu’il trouve. Chronique du quotidien d’un immigré et de sa communauté dans la capitale parisienne doublée d’un bel hommage à la famille, le livre est aussi «  l’histoire politique d’un immigré et du regard qu’il porte sur notre pays (…) de la Françafrique triomphante à l’après 11-Septembre ». Mais c’est aussi un objet littéraire inattendu et génialement insolent. Car au détour des pages, Gauz retranscrit les choses vues et entendues en tant que vigile sous forme de saynètes et sentences tour à tour caustiques et poétiques à la portée quasi sociologique. En fin satiriste, il tourne en dérision notre société de consommation pour notre plus grand plaisir. Intelligent et détonnant !

Recommandé par Sarah !

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Notre sélection pour un bel été de lectures !

dansgrandcerclemondeJoseph Boyden, Dans le grand cercle du monde, éd. Albin Michel, 23,90 €

Trois personnages divisés par leur appartenance accompagnent le lecteur dans le Canada du XVIIe siècle sur le point de basculer : un jésuite français venu évangéliser les Indiens, Chutes-de-Neige, une jeune iroquoise assoiffée de vengeance dont la famille vient d’être massacrée et un chef de guerre huron qui devine le déclin de son peuple. De ces trois voix aux langages et croyances différents renaît tout un monde, celui des coutumes indiennes, et la colonisation amérindienne par l’homme blanc. Une magnifique épopée, tour à tour poétique et cruelle.

Vivement recommandé par Sarah !

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ingenieursboutmondeJan Guillou, Le siècle des aventures Tome 1 : Les ingénieurs du bout du monde, mai 2014, éd. Babel, 11,90 €

Les tumultueux destins de trois frères, nés dans un village pauvre de Norvège à la fin du XIXe siècle, dont on va découvrir de grands talents d’ingénieurs. Des hauts glaciers scandinaves aux plaines sauvages d’Afrique, vont-ils donner leur vie à la construction des chemins de fer ?

Une captivante saga au sein des évènements tumultueux du XXe siècle !

Recommandé par Sophie !

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alpinisteBernard Amy, L’Alpiniste, éd. Le Tripode, mai 2014, 11 €

L’amour de la montagne, des hommes qui ne vivent que pour grimper, les dangers et la poésie de la paroi.

Voici un magnifique recueil de nouvelles qui ne séduira pas que les alpinistes.

Recommandé par Sophie !

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 9782757843208FSStewart O’Nan, Les Joueurs, éd.Points, mai 2014, 6,30 €

Le mariage de Marion et Art bat de l’aile. Tromperies, compromis, dettes, quotidien aseptisé, une usure banale dans une Amérique contemporaine, pays au bord de la banqueroute où tout semble toujours possible. Prêt à tout pour reconquérir Marion, Art joue le tout pour le tout en réservant un week-end de la dernière chance dans un hôtel-casino au pied des chutes du Niagara, où ils convolèrent en voyage de noces. Dans ce royaume de l’artifice et de l’argent-roi, l’auteur, en observateur intraitable des mœurs américaines, dissèque les petits mensonges, dénis, doutes et espoirs de ce couple à la dérive. Brillant !

Recommandé par Sarah !

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viandeCésar Fauxbras, Viande à brûler – Journal d’un chômeur,éd. Allia , mars 2014 , 9,20 €

 « Moi, dit Lalou, je suis pacifiste, anarchiste, bolcheviste, antimilitariste, socialiste, et tout ce que vous voudrez en ‘iste’, à condition que ce soit contre les capitalistes. Tout de même, je me donne encore six mois. Au bout de ce temps-là, si je n’ai pas trouvé du boulot, je m’engage pour cinq ans à la Légion. Et après, je ferai ma demande pour la Garde Mobile. Ils en ont marre, mes boyaux. Les copains me traiteront de dégueulasse, mais je m’en fous, je veux me remplir le bide. »

Recommandé par Fabien !

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aucunsouvenirassezsolideAlain Damasio, Aucun souvenir assez solide, éd. Folio, février 2014, 7,9 €

Notre auteur fétiche de science fiction politique et poétique nous revient avec la parution en poche de son excellent recueil de nouvelles.

On y retrouve la force de ses univers, son style incroyable, le plaisir immense d’être avec ses personnages !

Recommandé par Sophie !

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oreoFran Ross, Oreo, éd. Post-éditions, mars 2014, 19 €

Unique roman de son auteur, devenu culte parmi les amateurs de littérature afro-américaine, Oreo raconte les tribulations de l’héroïne éponyme, afro-américaine d’origine juive, à la recherche de son père dans le New-York des années 70. A la fois récit autobiographique et d’apprentissage, ludique, irrévérencieux, burlesque, picaresque, bref inclassable et déjanté, Oreo est un objet littéraire non identifié qui constitue un sacré pied de nez aux idéologies dominantes. Car la grande force de notre héroïne, experte en sémantique et arts martiaux, est son métissage qui lui permet de déjouer aussi bien le discours blanc dominant que de prendre ses distances avec l’afrocentrisme. Un livre à redécouvrir absolument, où la langue n’est que réjouissance !

Recommandé par Sarah !

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EtavecsaqueueilfrappeThomas Gunzing, Et avec sa queue il frappe !, éd. Le Diable Vauvert, juin 2014, 5,00 €

Un homme emmène son fils à l’école et se rend bien compte que quelque chose ne va pas, qu’un autre adolescent lui fout la trouille… Il va alors lui raconter comment lui-même, collégien souffre-douleur, a réussi à vaincre sa peur en découvrant Bruce Lee !

Un court texte drôle et irrespectueux, qui fait la part belle au Kung Fu et aux films d’horreur, et qui montre comment parfois il ne faut pas grand chose pour vaincre sa peur des autres ! Une petite perle !

Recommandé par Sophie !

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kamelgifKamel Daoud, Meursault, contre-enquête, éd. Actes Sud, mai 2014, 19 €

Dans un bar à Oran, un vieil homme monologue sur ce qui fut la grande affaire de sa vie : le meurtre de son frère il y a soixante-dix ans. Ce crime en plein soleil est passé depuis dans notre patrimoine littéraire, car cet homme n’est autre que le frère de « l’Arabe » tué par un certain Meursault dans le fameux roman d’Albert Camus ! Piégé depuis sa plus tendre enfance entre sa mère et un mort dans un deuil sans fin, Haroun entreprend de réécrire l’histoire de son frère, et de lui redonner un nom dans la langue du tueur. Grâce à une brillante et vertigineuse construction multipliant échos et emprunts à L’Étranger, ainsi que de nombreuses références bibliques, mythologiques et littéraires (La Chute, Robinson Crusoé, etc.), Kamel Daoud donne corps à ce personnage sans nom. Il s’interroge non seulement sur son identité, mais aussi sur celle de son pays, l’Algérie. Meursault, contre-enquête est un hommage audacieux et captivant.

Recommandé par Sarah !

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priereaudubonIsaka Kôtarô, La prière d’Audubon, éd. Picquier poche, février 2014, 11 €

Emmené pendant son sommeil sur une île coupée du monde, Itô va très vite en découvrir les habitants, étranges et attachants : un peintre qui parle à l’envers, une fillette qui écoute son cœur, un bourreau amoureux des fleurs, une femme bien trop grosse pour pouvoir bouger… Mais le plus étrange habitant que son guide absurde va lui faire découvrir sera sans nulle doute Yugô, un épouvantail doué de la parole et du don de prédire l’avenir.

Ce roman malicieux semble nous emmener de « l’autre côté du miroir », avec poésie, humour et un soupçon de cruauté. Fascinant !

Recommandé par Sophie !

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brigandbienaimeEudora Welty, Le brigand bien aimé, éd. Cambourakis, février 2014, 16 €

Lumineux ! Un gentil père, sa magnifique fille et une marâtre acariâtre… ce triangle habituel des contes de fée va être bouleversé par l’arrivée d’un brigand gentleman !

On se laisse totalement séduire par ce récit tendre et loufoque qui joue avec les codes pour notre plus grand bonheur.

Vivement recommandé par Sophie !

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aswaniAlaa El Aswany, Automobile Club d’Égypte, éd. Actes sud, février 2014, 23,80 €

Un foisonnement de personnages et de destins qui vont et viennent dans ce club très select du Caire des années 40. Entre la révolte qui gronde contre la domination des anglais, les difficultés du quotidiens, les amours et amitiés, on se retrouve plongé au milieux de toutes ces tranches de vies qu’on ne voudraient plus quitter !

Recommandé par Fabien et Sophie !

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KaroopocheSteve Tesich, Karoo, points Seuil, février 2014, 8,6 €

« Je n’ai jamais fait de mal à quiconque de manière préméditée. D’un autre côté, il me manque la volonté pour m’empêcher de faire du mal en passant, dans le déroulement quotidien de ma vie, au cours du simple processus consistant à être ce que je suis. »
Saul Karoo est un cinquantenaire bedonnant, dont le travail est de mutiler celui des autres, qui s’entend beaucoup mieux avec sa femme depuis qu’ils sont séparés, qui a une peur panique de se retrouver seul avec un autre être humain, en particulier son fils. Il voudrait bien se saoûler pour faire passer la pilule de la vie mais il a beau boire encore et encore, il n’arrive même plus à être ivre…
Un roman époustouflant et à l’humour mordant ; un portrait savoureux d’un homme qui est aussi un peu de chacun d’entre nous !

Recommandé par Sophie !

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Sélection littérature Printemps 2014

 

 

bofaneIn Koli Jean Bofane, Congo Inc-Le testament de Bismarck, éd.Actes Sud, avril 2014, 22 €

Depuis l’installation d’une antenne-relais par la société China Network dans son village, le jeune Isookanga n’a qu’une chose en tête, monter à Kinshasa, de peur de passer totalement à côté du xxie siècle : « Je suis un mondialiste qui aspire à devenir mondialisateur ». Abandonnant coutumes, ancêtres rétrogrades et cercopithèques des bois, le jeune pygmée débarque dans la capitale pour faire du business. Il trouve alors refuge au Grand Marché avec les shegues, les enfants des rues, et devient très vite l’associé de Zhang Xia, un Chinois qui fait commerce d’eau potable. C’est ainsi que commence son aventure kinoise !

Après Mathématiques congolaises, In Koli Jean Bofane dresse à nouveau un tableau percutant du Congo ultra-contemporain, aux prises avec la mondialisation, et dépeint avec brio les problématiques du pays – les bénéfices des grandes puissances, les violences infligées aux femmes, les épurations ethniques, les compromissions des ONG, l’exploitation de la canopée et des ressources minières, etc. Personne n’est épargné dans ce roman à l’ironie cruelle, où les hommes ne cessent de dévoiler leur violence et leur bêtise. In Koli Jean Bofane est décidément un conteur hors pair.

Vivement recommandé par Sarah !

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Isakpriereaudubona Kôtarô, La prière d’Audubon, éd. Picquier poche, février 2014, 11 €

Emmené pendant son sommeil sur une île coupée du monde, Itô va très vite en découvrir les habitants, étranges et attachants : un peintre qui parle à l’envers, une fillette qui écoute son cœur, un bourreau amoureux des fleurs, une femme bien trop grosse pour pouvoir bouger… Mais le plus étrange habitant que son guide absurde va lui faire découvrir sera sans nulle doute Yugô, un épouvantail doué de la parole et du don de prédire l’avenir.

Ce roman malicieux semble nous emmener de « l’autre côté du miroir », avec poésie, humour et un soupçon de cruauté. Fascinant !

Recommandé par Sophie !

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kamelgif Kamel Daoud, Meursault, contre-enquête, éd. Actes Sud, mai 2014, 19 €

Dans un bar à Oran, un vieil homme monologue sur ce qui fut la grande affaire de sa vie : le meurtre de son frère il y a soixante-dix ans. Ce crime en plein soleil est passé depuis dans notre patrimoine littéraire, car cet homme n’est autre que le frère de « l’Arabe » tué par un certain Meursault dans le fameux roman d’Albert Camus ! Piégé depuis sa plus tendre enfance entre sa mère et un mort dans un deuil sans fin, Haroun entreprend de réécrire l’histoire de son frère, et de lui redonner un nom dans la langue du tueur. Grâce à une brillante et vertigineuse construction multipliant échos et emprunts à L’Étranger, ainsi que de nombreuses références bibliques, mythologiques et littéraires (La Chute, Robinson Crusoé, etc.), Kamel Daoud donne corps à ce personnage sans nom. Il s’interroge non seulement sur son identité, mais aussi sur celle de son pays, l’Algérie. Meursault, contre-enquête est un hommage audacieux et captivant.

Recommandé par Sarah !

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brigandbienaimeEudora Welty, Le brigand bien aimé, éd. Cambourakis, février 2014, 16 €

Lumineux ! Un gentil père, sa magnifique fille et une marâtre acariâtre… ce triangle habituel des contes de fée va être bouleversé par l’arrivée d’un brigand gentleman !

On se laisse totalement séduire par ce récit tendre et loufoque qui joue avec les codes pour notre plus grand bonheur.

Vivement recommandé par Sophie !

 

villageevanouiBernard Quiriny, Le village évanoui, éd. Flammarion, janvier 2014, 17 €

Un beau matin, les deux ou trois mille habitants de la région de Châtillon-en-Bière se retrouvent coincés par un curieux phénomène : impossible de sortir du canton, impossible de joindre le reste du monde ni par téléphone, ni par mail, ni par aucun moyen. Après la première stupeur, va se poser la question d’organiser le quotidien en attendant les secours. Mais très vite, il va s’agir de survivre, traverser l’hiver, manger, vivre ensemble sur ce territoire minuscule.

Avec justesse et humour, Bernard Quiriny fait le tour des réactions humaines et politiques, jouant avec nous comme avec ses personnages !

Recommandé par Sophie !

Sélection Littérature Printemps 2014

exceptionAudur Ava Olafsdottir, L’Exception, éd. Zulma, avril 2014, 20 €

Abandonnée le soir du nouvel an par son mari, amoureux d’un autre homme, Maria se retrouve seule avec leurs deux tout jeunes enfants. Épaulée par la voisine, une naine qui écrit romans policier et livres sur le couple, un étudiant passionné d’oiseaux, un père qui fait sa réapparition, la jeune femme doit apprendre à accepter ce nouveau quotidien.

Avec la tendresse et l’humour qu’on avait découvert dans Rosa Candida, Olafsdottir nous offre ici un nouveau roman plein de subtilité, aux personnages touchants et aux paysages fascinants de l’hiver islandais.

Recommandé par Fabien et Sophie !

 

enfiniraveceddybellegueule Edouard Louis, En finir avec Eddy Bellegueule, éd. Seuil, janvier 2014, 17 €

« En vérité, l’insurrection contre mes parents, contre la pauvreté, contre ma classe sociale, son racisme, sa violence, ses habitudes, n’a été que seconde. Car avant de m’insurger contre le monde de mon enfance, c’est le monde de mon enfance qui s’est insurgé contre moi. Très vite j’ai été pour ma famille et les autres une source de honte, et même de dégoût.

Je n’ai pas eu d’autre choix que de prendre la fuite. Ce livre est une tentative pour comprendre. »

Recommandé par Sophie !

 

PensebeteFritz Lieber, Le pense-bête, éd. Le Passager Clandestin, mars 2014, 7 €

Un inventeur de génie se fait piller ses idées de façon plus ou moins consentante par un ami commercial jusqu’au jour où il lui suggère un petit appareil pour l’aider à gérer le quotidien. D’apparence anodine, ces « pense-bêtes » vont se répandre au point de développer une intelligence propre, peu amicale avec leurs créateurs…

Ce texte, initialement publié en 1962, est d’une actualité étonnante, comme tous ceux publiés dans cette excellente collection qui remet au jour de courts textes visionnaires des années 40-60.

Recommandé par Sophie !

 

KaroopocheSteve Tesich, Karoo, points Seuil, février 2014, 8,6 €

« Je n’ai jamais fait de mal à quiconque de manière préméditée. D’un autre côté, il me manque la volonté pour m’empêcher de faire du mal en passant, dans le déroulement quotidien de ma vie, au cours du simple processus consistant à être ce que je suis. »
Saul Karoo est un cinquantenaire bedonnant, dont le travail est de mutiler celui des autres, qui s’entend beaucoup mieux avec sa femme depuis qu’ils sont séparés, qui a une peur panique de se retrouver seul avec un autre être humain, en particulier son fils. Il voudrait bien se saoûler pour faire passer la pilule de la vie mais il a beau boire encore et encore, il n’arrive même plus à être ivre…
Un roman époustouflant et à l’humour mordant ; un portrait savoureux d’un homme qui est aussi un peu de chacun d’entre nous !

Recommandé par Sophie !

Sélection Littérature Janvier-Février 2014

mrambiBoubacar Boris Diop, Murambi, le livre des ossements, éd. Zulma, janvier 2014, 8,95 €

Le génocide rwandais décrypté par la plume d’un écrivain africain. Un homme revient après les événements et découvre le rôle de son père dans les tueries. Un roman contre l’oubli essentiel et bouleversant.

Recommandé par Sarah !

 

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Célia Ldixyuanskiloconcombresevi, Dix yuans un kilo de concombres, éd. Tristram, 19,5 €

Xiao Fei fait partie de ces nombreux laissés-pour-compte du « miracle économique chinois ». Originaire d’une famille de lettrés dépouillée pendant la Révolution Culturelle, il survit avec ses soeurs et sa mère dans un lilong et se débrouille pour assurer le quotidien.

Mais les rumeurs de destruction de leur immeuble et d’expulsion se font de plus en plus pressantes. Refusant évidemment d’abord d’y croire, Xiao Fei se réfugie de plus en plus dans de vaines rêveries : se remettre à la calligraphie, lire de la philosophie, trouver l’amour avec une cousine américaine revenue apprendre le chinois, devenir un glorieux dissident.

À travers cet homme touchant, si humain, et les portraits de ses soeurs, de sa famille, de ses voisins, Célia Levi nous parle d’un pays, d’une époque, d’un monde qui ne peut assumer ses évolutions.

Recommandé par Sophie !

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lolaLola Lafon, La petite communiste qui ne souriait jamais, éd. Actes Sud, janvier 2014, 21 €

Montréal, 1976. Une gamine défait l’ordinateur. Elle est la première gymnaste à obtenir un 10 aux Jeux olympiques. Les mains acclament et les flashs crépitent. Mais qui se cache derrière cette petite fille concentrée à l’écusson communiste sur la poitrine ? C’est précisément ce qu’imagine Lola Lafon qui tente de «  redonner la voix à ce film presque muet qu’a été la vie de Nadia C. entre 1969 et 1990 ». Construit autour des moments clefs de sa jeune carrière jusqu’à son exil (les dates, les lieux et les événements sont exacts), ce beau roman offre de nombreuses pistes de réflexion captivante et stimulante sur le corps féminin, la difficulté de grandir et de devenir femme, le désir, la liberté, le monde révolu qu’est la Roumanie sous Ceausescu, les régimes politiques, la fabrication d’un symbole et d’un discours. Tout est réinterrogé, l’incertitude omniprésente. Le roman, et c’est sa grande force, ne dicte pas de vérités et nous renvoie à nos préjugés. Brillant !

Recommandé par Sarah !

 

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piéges

C.J Box, Piégés dans le Yellowstone, éd. Seuil, octobre 2013, 22,50 €

Un polar haletant dans les forêts sauvages, où un flic alcoolique en plein sevrage pourchasse un tueur qu’il n’a pas identifié…

Recommandé par Sophie !

 

 

 

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libJoël Egloff, Libellules, éd. Gallimard, Folio, février 2014, 5,60 €

Dans son style si savoureux et souvent piquant, Joël Egloff nous offre un plaisir intense à la lecture de ces courts récits nostalgiques.

Recommandé par Sophie !

 

 

 

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gouverneursroseeJacques Roumain, Gouverneurs de la rosée, éd. Zulma, 8,5 €

Recommandé par Sarah et Sophie !

 

 

 

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loisfrontiereJavier Cercas, Les lois de la frontière, éd. Actes Sud, 23 €

Recommandé par Fabien !

 

 

 

 

 

Sélection Littérature Novembre-Décembre 2013

personaPersona (Les visages de Victoria Bergman 1), Erik Axl Sund, éd. Actes sud, 23 €
Le premier tome d’une nouvelle trilogie suédoise, qui mêle à la vie personnelle compliquée et atone du personnage principal les traumatismes subis par un enfant-soldat en Sierra Leone et une psychothérapeute confrontée à ses propres zones d’ombre. Obsédant et dérangeant.

 

 

 

hommes pleurentEn vieillissant les hommes pleurent, Jean-Luc Seigle, éd. J’ai lu, 6.40 €

Ce roman simple et beau met en scène un père de famille, ouvrier de profession mais paysan de coeur, qui ne trouve plus sa place dans la société française en grand chambardement en ce début des années 60 : comment parler à son fils qui dévore les livres ? A sa mère qui a perdu la tête et qui ne comprend que le patois ? Que penser de la Guerre d’Algérie, où combat un autre de ses fils ? De l’arrivée du premier poste de télévision au village ? Du remembrement en cours ? Comment parler de ses combats sur la ligne Maginot ? De ses années en tant que prisonnier de guerre en Allemagne ? Du retour silencieux et honteux ? Un roman sur la succession des générations, les silences de l’histoire, la souffrance des humains ballotés par son cours. Splendide, bouleversant, remuant.

 

livre du roiArnaldur Indridason, Le livre du roi, éd. Métailié, 21 €

On connaît les excellents romans noirs d’Indridason. Sortant de ce genre sans abandonner sa capacité à rendre la complexité de l’intériorité humaine et des ombres qui hantent la mémoire, Indridason tresse un récit sur l’amour des livres. Un jeune étudiant, passionné de patrimoine islandais, se lie avec un vieil universitaire spécialiste des Sagas islandaises. La recherche du Livre des rois, qui les mène à travers l’Europe et son histoire perturbée, creuse la question de la transmission et de la valeur respective de la vie humaine et des manuscrits anciens.

 

lunedanslepuitsFrançois Beaune, La Lune dans le puits, éd. Verticales,  septembre 2013, 20 €

Pendant deux ans, François Beaune est parti dans tout le bassin méditerranéen pour récolter des histoires vraies. De l’enfance à la mort, tranches de vie et histoires intimes construisent ce recueil touchant et singulier, nous font partager des lieux, des époques, des vies.

Recommandé par Sophie !

 

 

manook

Ian Manook, Yeruldelgger, Albin Michel, 22 €

Sous couvert d’intrigue policière, un beau voyage en Mongolie, à la découverte d’un pays en proie aux contradictions de la modernité.

 

 

 

 

origine étrangèreOlav Hergel, Origine étrangère, Gaïa, 23 €

Passé trop inaperçu à notre goût, ce policier à l’admirable architecture dresse le portrait tout en finesse d’une société suédoise en proie aux démons du racisme : videur de boite de nuit, médias, policiers, personnel politique, immigrés économiques, racisme ordinaire, multiculturalisme forment les ingrédients d’un mélange détonnant immédiatement transposable. A lire !

 

Sélection Littérature Octobre 2013

universiterebibbiaGoliarda Sapienza, L’université de Rebibibia, éd Attila/Le Tripode, septembre 2013, 19 €

Comme dans Moi, Jean Gabin, largement autobiographique, L’université de Rebibbia puise dans la vie de l’auteur. Et c’est aussi un bonheur de lecture !

Il s’agit du récit d’un séjour en prison qu’elle fit en 1980 dans la plus grande prison de femmes du pays pour avoir volé des bijoux à une riche amie. De cette immersion dans cette planète dont « tout le monde pense tout savoir sans y avoir jamais été, exactement comme pour la lune » Goliarda Sapienza va en tirer une formidable leçon de vie.

Dans ce grand chaudron de personnalités et de destins, l’auteur porte un regard sensible sur ce microcosme à l’incroyable vitalité qui compte tout ce que l’Italie des années de plomb compte de proscrites. Au contact de ces femmes éprises de liberté, l’auteur prend un « cours accéléré de vie » et redécouvre ce qui l’a aiguillonnée toute sa vie : le désir éperdu du monde.

Une galerie de portraits attachants, un formidable hymne à la vie, une dénonciation en creux de la société dépourvue d’idéaux sociaux et une écriture au ton grave et gouailleur.

Un roman tout de grâce & d’humanisme à découvrir.

Recommandé par Sarah !

 

lettrehelgaBergsveinn Birgisson, La lettre à Helga, éd Zulma, août 2013, 16.50 €

Au soir de sa vie, le vieux Bjarni, ancien éleveur de brebis et contrôleur des réserves de fourrage, écrit une sublime lettre d’amour à Helga, son seul véritable amour. Tout deux mariés, ils se sont aimés en cachette. De cet amour contrarié par la vie qu’il n’a cessé de porter en lui prend forme une touchante confession.

Et c’est tout un monde qui renaît : la paysannerie islandaise. Plongé dans des terres reculées où la vie est rude, Bjarni visite les fermes et s’occupe de son élevage de brebis. Continuellement par monts et par vaux sur son tracteur, il aime la pêche et fabrique aussi bien des machines à filer que des abats-jours en peau de loup de mer. En harmonie avec son environnement, il croit fermement aux valeurs ancestrales.

Mais la grande magie de ce texte est de nous ouvrir le cœur de ce paysan qui par la beauté de sa langue, grave, truculente voir même un peu coquine, parfois brute mais toujours poétique, nous ensorcelle littéralement. Il y a des éclats poétiques issus des sagas islandaises et des croyances populaires car vous découvrirez que Bjarni est un grand lecteur !

Recommandé par Sarah !

 

compagniekWilliam March, Compagnie K, éd. Gallmeister, septembre 2013, 23.10€

Classique de la littérature de guerre aux États-Unis dès sa parution en 1933, Compagnie K est aujourd’hui traduit pour la première fois en France. En 1917, l’auteur s’engage dans l’US Marine Corps et combat en France pendant la Première guerre mondiale d’où il reviendra avec de hautes décorations américaines et la croix de guerre française. Il mettra dix ans à écrire Compagnie K.

Décembre 1917.Une compagnie de l’US Marine Corps débarque en France et est envoyée au front. De la traversée de l’Atlantique jusqu’aux combats à Verdun et à l’Armistice, les hommes de la compagnie K découvrent la guerre : les tranchées, la mort, les corps meurtris, les balles qui sifflent, la faim, les désertions, les ordres absurdes.

Un énième récit des tranchées ? Oui mais pas que !

Car Compagnie K ne dresse pas le portrait du conflit à travers celui d’un soldat comme dans A l’ouest rien de nouveau (1929). Ce sont 113 soldats, caporaux, lieutenants, qui en autant de chapitres, prennent la parole tour à tour pour dire leur guerre. 133 cris, souvenirs, peurs, cauchemars, témoignages d’hommes désespérés, sonnés, blessés, courageux, mourants, insubordonnés qui se répondent pour dire l’indicible. Ce récit n’a pas pris une ride. Il dit toutes les guerres et les réactions humaines face à l’horreur dans une langue brute et sans artifices. On sort de ce roman choral sonné et la gorge serrée.

Recommandé par Sarah !

 

9782809709360FSIto Ogawa, Le restaurant de l’amour retrouvé, éd. Philippe Picquier, septembre 2013, 19.00€

A la suite d’un chagrin d’amour, Rinco, une jeune femme passionnée de cuisine, perd sa voix et retourne dans son village natal, une jarre de saumure sous le bras. Elle y retrouve sa mère, une femme fantasque, un cochon domestiqué nourri aux noix et fruits de la forêt et papy hibou qui hulule toujours à minuit tel un métronome. Avec l’aide de son ami Kuma, elle décide de donner corps à son rêve: ouvrir un restaurant particulier où chaque soir elle ne servira qu’une table après un entretien préalable avec ses convives. C’est que Rinco veut insuffler un peu de joie de vivre à chacun en cuisinant des mets uniques. Se dépatouillant avec ses chagrins et sa mère, la jeune femme découvrira les trésors agricoles de ce petit village de montagne et la bienveillance de ses habitants. Ce livre est une fantaisie toute de poésie et d’étrangeté. Il est question de partage, d’amour (Fabien !), de filiation, d’agriculture raisonnée (Sophie !), de petits plats qui mettent l’eau à la bouche et de sobriété heureuse. Un roman qui donne du baume au cœur.

Recommandé par toute l’équipe !

 

etquelquefoisjaicommeunegrandeideeKen Kesey, Et quelquefois j’ai comme une grande idée, éd. Monsieur Toussaint Louverture, octobre 2013, 25.00€

Dans l’Amérique des grandes forêts et des rivières impétueuses, la famille Stamper constitue un clan de bûcherons auquel il ne vaut mieux pas se frotter. Refusant la grande grève appelée par le syndicat qui mobilise toute la petite ville de Wakonda, ils vont rappeler le jeune cadet, Leland, parti depuis des années avec sa mère. Mais les raisons de son retour ne sont pas si simples et ne font qu’annoncer plus de problèmes… Ce roman époustouflant est une plongée dans les eaux troubles de l’amour et de la haine, des rivalités et des amitiés, des relations qui se tissent et se déchirent dans la famille et bien au-delà. Un roman foisonnant et profondément humain.

Recommandé par Sophie !

 

epepeFerenc Karinthy, Épépé, éd. Zulma, octobre 2013, 9.95€

Alors qu’il se rend à un important congrès de linguistique, Budaï atterrit par erreur dans une étrange cité à l’agitation constante, où il est incapable de rien comprendre. Les gens ne parlent qu’une mystérieuse langue que cet expert en étymologie, polyglotte, échoue totalement à reconnaître ou déchiffrer. Coincé dans cette foule hostile où personne ne semble s’intéresser à son sort, il va tout tenter pour retrouver quelques repères.
Pris avec notre héros dans son angoisse, sa perplexité, ses espoirs, on savoure ce roman du début à la fin !

Recommandé par Sophie !