Des livres qui font du bien

Libraire, quelle chance !

On vit au milieu des belles histoires. Seuls les meilleurs textes demeurent en notre compagnie.
Les mauvais ne font que venir et repartir. Tous les jours on nous en propose de nouveaux.
Tous les jours, vous, chers lecteurs, nous demandez conseil.
Jamais des livres qui plombent le moral, plutôt qui fait du bien,
qui remonte le moral, donne de l’espoir, le sourire.

Mais ces récits qui ferraillent avec le réel et dont nous sortons grandis,
vous vous en doutez, ils sont rares. Voici pourtant une petite sélection de nos « classiques ».


[Rubrique en cours de constitution qui comprendra notamment :]

Soufi mon amourLe jour où Nina SimoneLe jardin arc e cielrestaurantamourretrouvé

 

 

 

 

 

Les bottines suédoisesLes chaussures italiennes

 

 

 

Les Chaussures italiennes et Les bottines suédoises d’Henning MANKELL, Soufi mon amour d’Elif SHAFAQ, Le restaurant de l’amour retrouvé de Yoko OGAWA, Le sourire étrusque de José Luis SAMPEDRO, la plupart des ouvrages de Marie-Aude MURAIL, certains titres d’Anna GAVALDA, les deux ouvrages de Flore VESCO.

 

 

Le sel de la vieRosa candidaLe sourire étrusque

 

 

 

 

 


Des bandes dessinées et des livres prétendument pour enfants entrent aussi dans cette catégorie, notamment :

Ce livre devrait me permettre de résoudre le conflit au Proche-Orient, d’avoir mon diplôme et de trouver une femme de Sylvain MAZAS, Vraoum.
Ce livre devrait me permettreSylvain Mazas, étudiant en école d’art à Berlin, a un seul but dans la vie : être heureux. Pour être heureux, il aimerait avoir son diplôme, d’abord, trouver une compagne, comme tout le monde, mais surtout ramener la paix au Proche Orient. Il part faire un séjour au Liban au lendemain du conflit de juillet 2006, et va en ramener une série d’anecdote positiviste et d’idées simples pour changer le monde, en profondeur.
Pour ce faire, il élabore une théorie intuitive et optimiste de la vie, qu’il va expliquer tout au long d’un livre plein d’amour et d’humour, émaillé de schémas, dessins et anecdotes.

Le réfrogogérateur

Sauveur 1

Sauveur 2

 

 

 

 

 

 

 

 

Le jour où le bus...

Les petits ruisseaux

Nos coups de cœur

9791097390044FS

L’enfant de l’œuf, Amin Zaoui, Le Serpent à plumes, 18€

Le chien philosophe Harys aime son maître Moul aux chaussettes puantes qui aime Lara, une chrétienne réfugiée de Damas. Dans son neuvième roman, conte de liberté et d’ivresse, démasquant les vanités qui font le présent, l’écrivain Amin Zaoui met en scène le journal de ce trio improbable pour dire l’Algérie gangrenée par l’islamisme des Tartuffes. S’y déploient ses obsessions – la religion, les femmes, la culture, l’identité – qui innervent son œuvre et construisent un manifeste contre toutes les intolérances.

Une lecture jubilatoire et impertinente, hymne à la liberté de penser, de vivre et de créer face à toute forme d’autorité !


9782350874197FS

Légende d’un dormeur éveillé, Gaëlle Nohant, Héloïse d’Ormesson, 23€

De Cuba à Terezin, des années folles à l’Occupation, l’histoire d’un homme extraordinaire aux milles vies : le poète Robert Desnos, né avec le siècle en 1900, surréaliste de la première heure, arpenteur de l’inconscient, du merveilleux et du rêve, journaliste, chroniqueur radio, résistant, déporté et mort du typhus au camp de Terezin en juin 1945. Une légende qui va nous révéler le héros irrésistible derrière le poète, ses amis, ses amours, son écriture qui se nourrit de ce qui l’entoure et ses combats. Avec générosité et délicatesse, l’auteur raconte une belle âme, terriblement douée pour l’amitié. Un veilleur de la vie libre et un éveilleur de consciences. Car Robert Desnos ce sont avant tout deux grands yeux, doux et inquiets, ouverts sur le monde qui interrogent notre mémoire commune et nos manières de nous engager.


9782070113682FS

Cette chose étrange en moi, Orhan Pamuk, Gallimard, 25€

Orhan Pamuk poursuit son exploration de la belle du Bosphore, Istanbul, sa ville de cœur et de naissance, à travers les apprentissages de Melvut, vendeur de rue de boza, boisson fermentée traditionnelle prisée par les Turcs, au cœur candide. Une inoubliable épopée prolétarienne.


 

9782889274581FS

 Une toile large comme le monde, Aude Seigne, Editions Zoé, 18€

Chaque seconde, sous l’océan, 145 millions de mails transitent continuellement à travers des câbles. Tout comme une heure d’échange de mails dans le monde consomme autant d’énergie que 4000 allers-retours Paris-New York en avion. Et lorsque Aude Seigne imagine plusieurs solitudes branchées sur ce flux, aux quatre coins de la planète, qui décident de faire planter le réseau internet, nous avons entre les mains un roman inspiré et inspirant, fabuleux polaroid de nos existences hyper-connectées. Nous connaissons tous les collisions de la Toile sur notre quotidien, mais en donnant forme au virtuel dans ce roman incarné du World Wide Web, l’auteur sonde avec délicatesse nos pratiques, les interroge et pointe du doigt l’impact environnemental du numérique. Ludique, poétique et troublant.


LaLa porte porte, Magda Szabó, Livre de poche, 7€90

Quels mystères cache la porte toujours close cette employée de maison, fraîchement embauchée par un couple d’intellectuels hongrois ? Alors que la narratrice/écrivain s’obstine à percer le secret de cette domestique à la langue acérée, liée presque malgré elle par un amour filial aussi impérieux qu’imprévisible, les deux femmes s’affrontent et s’apprivoisent, nous offrant une plongée saisissante dans la complexité des relations humaines et de la Hongrie d’après-guerre.


NouNous avons arpentés avons arpenté un chemin caillouteux, Sylvain Pattieu, Plein jour, 13€

L’histoire folle de Jean et Melvin McNair, deux afro-américains, membres des Black Panthers, devenus pirates de l’air par désespoir. Un récit sociologique et historique extrêmement prenant sur l’intolérance et l’oppression qui fait un bien fou en ces temps confus.


Le Le fleuve des brumesfleuve des brumes & La pension de la via Saffi, Valerio Varesi, Points seuil, 7€20 & Agullo noir, 21€50

Le commissaire Soneri n’est pas un homme d’action. Il aime laisser à l’enquête, comme à une bonne bouteille, le temps de se déployer. Il laisse les pièces de puzzle de l’histoire, la grande et la petite, se mettre en place au gré des repas et des déambulations. Replongeons avec lui dans l’histoire italienne pour éclaircir la disparition de deux bateliers anciens fascistes sur les rives du Pô, ou dans les ruelles de Parme pour enquêter sur la mort d’une vieille logeuse au passé enfoui. Le Vargas Italien, culinaire et reposant, un régal.


DerrLa pension de la voieière les panneaux, il y a des hommes, Joseph Incardona, Pocket, 7€40

Un homme enlève des enfants sur les aires d’autoroutes. Un second le chasse, patiemment, depuis six mois. Le temps d’un week-end d’été caniculaire, les trajectoires de vies vont se croiser, s’esquiver et parfois se heurter violemment dans ces espaces lisses et anonymes que sont les aires d’autoroutes. Un thriller impressionnant.


Un cUn chant célestehant céleste, Yan Lianke, Picquier, 13€

Dans un petit village niché dans les montagnes vit You Sipo qui élève seule ses quatre enfants idiots de naissance. Un jour, alors qu’elle cherche un « gens-complet » pour marier sa troisième fille, elle découvre comment délivrer sa descendance de ce terrible mal… Fabuleuse fable insolite sur l’amour maternel et la tolérance, Un chant céleste ravit par sa prose flamboyante à l’humour magique qui donne forme à l’invisible.


AilleuAilleursrs, Dario Franceschini, Gallimard, 19€

Au seuil de la mort, lourd d’un trop-plein de non-dits, le notaire Ippolito dalla Libera, prisonnier d’une existence trop rangée, dévoile à son fils un grand secret. C’est alors les prémices d’un tourbillon fou qui emportera Iacopo dans un quartier populaire de Ferrare, un monde de voleurs et de putains, où chacun est libre de choisir son prénom. Sur les pas de son père, le jeune homme découvre les couleur lumineuses de la vie en compagnie de Mila, belle comme un fruit défendu. Entre réalisme et magie, l’auteur italien esquisse des chemins de traverse pour une autre vie.


TraversTraversée en eau claireée en eau claire dans une piscine peinte en noir, Cookie Mueller, Finitude, 17€

Actrice dans les films de John Waters, visage incontournable du photographe Nan Goldin, voisine de palier de Janis Joplin, Cookie Mueller, est une icône incontournable du New-York underground des années 70 et 80. Vivant de petits boulots et de trafic de drogues, Cookie concentre autour d’elle toute la bohème artistique du Lower East Side. Et se raconte avec une gouaille fabuleuse dans quinze aventures étourdissantes trop délirantes pour avoir été imaginées. De belles pages sur ce qu’est une vie dans les marges et un malicieux concentré d’indépendance !


AvaAvant que les ombresnt que les ombres s’effacent, Louis-Philippe Dalembert, Sabine Wespieser, 21€

La passionnante histoire d’un homme sans ancrage qui cherche une terre « où arrimer sa vie et ses rêves » dans l’Europe de la Seconde Guerre mondiale. De Berlin, ville de l’enfance, à Haïti, pays refuge, une fresque familiale captivante qui dévoile un épisode méconnu de l’histoire tout en faisant écho à des situations que nous continuons à vivre aujourd’hui. Un grand roman de l’errance et du métissage des cultures à l’écriture espiègle.


La jumLa jument de Socrateent de Socrate, Elisabeth Laureau-Daull, Editions du Sonneur, 15€50

Vingt-quatre heures de la vie d’une femme… Et quelle femme ! Alors que Socrate, suite à son procès bâclé, se retrouve condamné à boire la ciguë, Xanthippe, sa jeune amante et mère de ses trois enfants, nous entraîne dans les méandres d’Athènes et des vaines solutions. Un récit fougueux et cadencé, où la personnalité acariâtre et sans concessions de cette épouse rebelle n’a d’égale que son dévouement – et force l’admiration.


LeLe tour du monde en 72 jours tour du monde en 72 jours, Nellie Bly, points Seuil, 6€70

« Seul un homme peut relever ce défi » s’entend répondre Nellie Bly le jour où elle propose à son rédacteur en chef de battre le record de Phileas Fogg, héros mythique de Jules Verne. Nous sommes en 1889 et c’est bien méconnaître la bravoure de cette icône du journalisme d’immersion : de gares en ports, ses chroniques, entrecoupées d’articles d’époque, sont autant d’invitations au voyage qu’une inspiration pour la cause féministe.


OtaOtages intimesges intimes, Jeanne Benameur, Babel, 7€70
Otage, Etienne le fût un temps. Reporter de guerre, il fût capturé puis libéré. De retour au village de son enfance, entouré de sa mère et de deux amis proches, il se reconstruit. Dans le silence et l’apaisement, se croisent trois destins en proie à la fureur du monde. Un roman poignant sur l’intime, sur le traumatisme et la puissance de l’amour.


La tLa terre qui pencheerre qui penche, Carole Martinez, Folio, 8€20
Blanche est morte en 1361, à l’age de douze ans. Mais son fantôme, sans repos, continue de veiller, lié au monde par la violence de son enfance. Dans un dialogue surréaliste entre le fantôme et la petite fille se peint un portrait d’une époque brutale faite de beaucoup d’ombres, et d’un brin de lumière. Plongez dans l’univers singulier de Carole Martinez, mélangeant sensualité, réalisme magique, et écriture cruelle. Un roman onirique, d’une beauté subtile.


DDe la marge au centree la marge au centre ; théorie féministe, Bell Hooks, Cambourakis, 22€

Dans le sillage de Ne suis-je pas une femme ?, bell hooks, intellectuelle et militante africaine-américaine, poursuit son analyse de l’histoire et des enjeux de la pensée féministe du siècle passé, majoritairement élitiste et blanche, et insiste sur la nécessité de mieux prendre en compte les identités culturelles minoritaires afin d’asseoir un mouvement politique global et pérenne. A mettre entre toutes les mains !


Lago ladyLagos Lady, Leye Adenle, Points, 7,80€

Nouveau venu dans la galaxie du polar, Leye Adenle nous embarque pour une virée électrique au cœur de ces quartiers chauds de Lagos qui dévorent les vies et les immondices. Un polar survolté dénonçant la condition féminine et qui déconstruit avec humour le poncif d’une Afrique barbare.


Ce qui gît dans ses entrailles, Jennifer Haigh, Gallmeister, 24€20

Ce qui gît dans ses entraillesFace aux richesses que fait miroiter un groupe industriel en échange de terrains dont les gisements de gaz de schiste s’annoncent prometteurs, la petite ville de Bakerton revit… Mais alors qu’insidieusement l’eau s’empoisonne, les liens entre foreurs, habitants et investisseurs, à l’instar de leurs consciences et de leurs idéaux, se fragmentent, tissant la trame d’une histoire terriblement humaine. D’une écriture fluide et maîtrisée, un roman dont l’intrigue et les personnages finement ciselés tend vers le chef d’œuvre.


Bombes, Dominique Delahaye, La Manufacture De Livres, 15€90

BombesAu cœur de la nuit lyonnaise se croisent des hommes aux destins très différents. Quand un groupe de nazillons attaquent deux graffeurs, laissant Choukri mort sur le trottoir, s’enclenche un tourbillon de course poursuite haletant, où nous croisons Emilie, une jeune zadiste de passage hébergée par Salif, un infirmier vivant sur une péniche, Annabelle, jeune bourgeoise intégriste et d’autres portraits entraînés dans la tourmente.
Bombes est un de ces romans, noir et puissant, qui nous explosent dans les mains par sa pertinence et son réalisme.


Terre sépare gallimardLa terre qui les sépare, Hisham MATAR, Gallimard, 22€50€

En 1990, l’activiste politique Jaballa Matar disparaît dans les geôles libyennes, sous la dictature de Kadhafi. Vingt ans plus tard, son fils Hisham Matar, qui a foi dans le pouvoir consolateur des récits, recompose l’histoire de son père, de sa famille et de son pays. Un grand livre à la beauté stupéfiante – d’or et déjà un classique.


Piégée, Lilja Sigurdardottir, Métaillé noir, 21€

PiégéeUne ambiance nordique-crépusculaire comme on les aime, une femme comme de juste séparée, comme de juste à la peine dans sa vie, entretenant par ailleurs une relation amoureuse compliquée et non entièrement assumée : on peut craindre le pire. Mais ce roman féminin et à héroïne déjoue les rouages simplistes du monde et du polar, broyeurs de femmes et de faibles. D’une grande originalité, Piégée n’est pas sans rappeler La daronne d’Hannelore Cayre, chez le même éditeur.


Vernon Subutex, Virginie DESPENTES, Grasset, 19,90€

Vernon subutex 3Pourquoi se ruer sur Vernon Subutex ? Parce que Virginie Despentes est la plus punk des auteures contemporaines. Parce qu’elle a cessé de faire des romans rock. Parce qu’elle est devenue une écrivaine brillante, capable de camper des personnages touchants et attachants – on croirait nos ami.e.s. Parce qu’elle a écrit le brillantissime King Kong Théorie. Parce que, si on ne voyait pas où elle nous menait avec le premier tome de Vernon Subutex et que le second était à la fois brillant et désemparant, le troisième, à l’instar des précédents, nous tient rivé à la page. Merci à Virginie Despentes de nous raconter des histoires différentes.


Attends moi au cielAttends-moi au ciel, Carlos SALEM, Actes sud, 22€
1. Il est rare qu’un écrivain dresse le portrait d’une cinquantenaire magnifique. 2. Carlos Salem écrit des polars parce que ce genre lui offre toute liberté, y compris celle de détruire les lois du genre. 3. Voici donc une devinette : la cinquantenaire sera-t-elle la victime de l’histoire ?
Jubilatoire, inattendu, libérateur, iconoclaste, frais et sensuel, ce roman pas du tout policier est à mettre en toutes les mains.


Sur le Sur le sillage de l'oublisillage de l’oubli, Bruce MACHART, Gallmeister, 10€50

Dans une collection intitulée « nature writting », voici un roman terrien, une fresque familiale dont le point de départ est le Texas en 1895. Une communauté paysanne s’affaire, oeuvrant à contrer la dureté de la terre. Roman sur le deuil, sur l’absence, sur le poids qui pèse sur les épaules de ceux qui restent, sur la dureté des rapports entre parents et enfants. Absolument sidérant.


La nature exposéeLa nature exposée, Erri DE LUCCA, Gallimard, 16€50

Ce roman condense les thèmes forts de l’oeuvre de ce très grand écrivain italien : la montagne, l’art, la solitude et la rencontre, la nécessaire aide à apporter aux sans-papiers, l’effacement aussi. Splendide, saisissant, limpide.


Les bottes suédoisesLes bottes suédoises, Henning MANKELL, Seuil, 21 € & 7.70 €

Suite informelle et indépendante des Chaussures italiennes, Les bottes suédoises renouvelle le miracle. Le râleur à la fois insupportable et attachant vit toujours sur son île, il hésite toujours, toujours ne trouve pas les mots. Qu’est-ce qui le fait tenir ? Comme toujours, Mankell touche au plus juste, à l’essentiel. A lire avec lenteur.


Le blues de la Harpie, Joe MENA, Agullo, 21,50€

Le blues de la harpiePour Joe Mena, c’est un roman à l’américaine, noir et dense.
Fraîchement sorti de prison, où il était incarcéré pour homicide involontaire, Luce Lemay n’a guère d’autres choix que de retourner dans sa ville natale en rasant les murs. Flanqué d’un ami ex-taulard à l’esprit agité – qui n’est pas sans rappeler Lenny des Souris et des hommes – Luce s’efforce d’instaurer dans leur quotidien monotone la stabilité nécessaire à une vie rangée. Or, ces deux anti-héros sont résolument nés sous une mauvaise étoile : lorsque Luce tombe amoureux et que la racaille du coin s’en mêle, les chances de rédemption s’amenuisent…
Joe Meno, en délicat portraitiste de bourgades négligés des hommes et d’hommes oubliés des dieux, excelle dans l’art de mêler poésie et roman noir.


Les FurOlivieries, Lauren GROFF, l’Olivier, 23,50€

Les Furies dépeint l’histoire de jeunes mariés très amoureux, légèrement stéréotypés, et promis à un avenir radieux, jusqu’au point de bascule du livre qui nous réserve des surprises.Une variation fascinante sur le couple à la langue impétueuse.

 


L’inL-installation-de-la-peurstallation de la peur, Rui ZINK, 17,50€

Le livre concept, l’ovni littéraire, la grande découverte, l’Installation de la peur, de l’auteur portugais Rui Zink. Un huis clos angoissant, presque théâtral. Une discussion cruelle entre une femme protégeant son enfant, et deux agents du gouvernement venus installer « La peur ». Un réquisitoire insidieux contre nos sociétés qui, en ces temps de battages médiatiques, pourrait sonner on ne peut plus vrai. Car aujourd’hui, qu’est-ce qui nous fait peur ? Les araignées, la crise, les pauvres et les migrants ?


Reeves travailUn travail comme un autre, Virginia REEVES, Stock, 21,50€

Un superbe premier roman américain, à mi-chemin entre Steinbeck et Harrison ,qui raconte le destin foudroyé d’un agriculteur de l’Alabama au début du XXe siècle par l’apparition de l’électricité.

Recommandé par Sarah !


LLeçon à un jeune fauveeçon à un jeune fauve, Michela Murcia, Seuil, 19€
Eleonora, 38 ans, comédienne célèbre et respectée mène une vie solitaire marquée par des relations amoureuses factices et douloureuses. Lorsqu’elle croise la route de Chirù, un jeune violoniste de 20 ans son cadet, et accepte de devenir son mentor, une étrange amitié se construit.
Des leçons de cuisine au choix des tenues et du maintien en société, tout s’apprend et se déconstruit. Le théâtre, omniprésent, domine la relation maître-élève, la teinte de double jeu et de manipulation subtile.

Un hommage à la phrase de Shakespeare « All the world a stage ».

Une délicate leçon d’amour et un étonnant voyage de théâtre en théâtre, de la Sardaigne à la Norvège.


9782809711943FSLe dernier quartier de lune, Zijian CHI, Picquier, 22€

Après l’intimiste et enchanteur Bonsoir, la rose (Philippe Picquier, 2015), qui croquait la ville d’Harbin du siècle dernier, refuge des Juifs exilés, Chi Zijian revient avec une grande fresque mettant en mots la disparition du peuple évenk, au nord-est de la Chine. Et c’est à travers la voix d’une vielle femme, épouse du dernier chef de clan arrivée au terme d’une longue vie, que nous est contée dans un dernier souffle la vie de ces nomades. Une existence ponctuée par le rythme de la nature, des migrations de troupeaux de rennes et des croyances animistes. Mais un monde progressivement assailli par la sédentarisation à marche forcée et les soubresauts de l’Histoire, avec l’occupation japonaise, puis russe, et la Révolution culturelle. Le Dernier Quartier de lune célèbre dans un dernier éclat de poésie la fin d’un monde.


 

Les prLes prolosolos, Louis OURY, Agone, 19 €

Issu du monde agricole, Louis Oury devient apprenti puis chaudronnier dans les chantiers navals de Saint-Nazaire. Cette autobiographie passionnante (et mal nommée ?) livre un témoignage remarquable sur les conditions de vie et de lutte des ouvriers, notamment en 1955, date de grandes grèves auxquelles l’auteur prendra une part active.

Retrouvez des titres semblables dans notre catégorie « Textes de résistances« 


StatStation elevenion Eleven, Emily ST. JOHN MANDEL, Rivages, 22€                                         
Au premier abord, Station Eleven se présente comme un énième et bête roman survivaliste : une pandémie emporte l’immense majorité de la population en quelques jours. Certes le genre est plaisant : on aime à trembler à l’idée de fin du monde bien au chaud dans nos pantoufles. Mais ce qui distingue ce roman de la canadienne St John Mandel de La route de Cormac Mccarthy, par exemple, ou de Extinction, de Matthew Mather, c’est d’abord son absence totale de complaisance pour le glauque, les scènes d’horreur ou les combats – et son propos humaniste. En un mot, Station eleven, qui met notamment en scène une troupe d’acteurs qui se déplacent pour jouer Shakespeare devant les survivants, est, en creux, un chant d’amour à la beauté de notre civilisation. Etonnant. Excellent.


Le jardin arc-en-ciel, Ito OGAWA, Picquier, 19 € 50

Le jardin arc e cielrestaurantamourretrouvéUne rencontre, et voilà deux vies engagées dans un cours tout aussi heureux qu’improbable. Ce Jardin arc-en-ciel appartient à la catégorie (rare) des livres qui ouvrent des possibles, inventent des utopies (amoureuses) et combattent les préjugés en traçant des voies nouvelles. Où l’on retrouve de cette douceur et tendresse réparatrice qui nous avait séduit dans Le restaurant de l’amour retrouvé, ce titre qui figure au nombre de nos plus chaleureuses recommandations de libraires.

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Slimani ogreDans le jardin de l’ogre, Leïla SLIMANI, folio, 7 € 10

« Les gens insatisfaits détruisent tout autour. »

La description fine et sensible d’une femme sujette à une pulsion, par la lauréate du Prix Goncourt 2016.


1507-1Venise est lagune, Roberto Ferrucci, La Contre allée, 8 € 50

Douce et nostalgique à la fois, cette méditation littéraire sur l’impact du tourisme sur la fragile lagune de Venise est en fait un véritable cri de colère d’un Vénitien contre les monstrueux paquebots – symboles de cette véritable foire touristique que promeut l’actuel maire – qui mettent en péril cette ville belle à couper le souffle.


Il était une fois l'inspecteur ChengIl était une fois l’inspecteur Chen, Qiu XIALONG, Liana Levi, 19 €
Une série d’enquêtes malicieuses du lettré Chen Cao, qui éclairent davantage sa jeunesse, en même temps que les contradictions d’une société chinoise recomposée mais toujours tiraillée, entre règne des « Gros sous » et douloureux retours d’héritages de la Révolution culturelle. Doux, fin, émouvant.


 

La fille du trainLa fille du train, Paula HAWKINS, Pocket, 7 € 80
Rachel a été quittée, a été trompée. Le hasard fait que son trajet quotidien en train l’amène à observer la vie de son ancien conjoint et de sa nouvelle compagne, et à être le témoin malheureux de leur nouveau bonheur. Un polar psychologique qui dépeint avec une acuité rare le sentiment de jalousie et les pensées obsessionnelles d’une femme en perte de sens. Un de ces bijous qui hisse le genre policier au niveau de la littérature blanche.

Recommandé par Fabien


Les bottines suédoisesLes chaussures italiennesLes bottes suédoises & Les Chaussures italiennes, Henning MANKELL, Seuil, 21 € & 7.70 €

Avec Les bottes suédoises, suite informelle et indépendante des Chaussures italiennes, on retrouve cet homme en fin de vie qui a trouvé refuge sur l’île familiale, ce râleur à la fois insupportable et attachant. Je déteste dire d’un livre qu’il s’agit d’un chef d’œuvre. Et pourtant… Quand on lit Les bottines suédoises, quand on relit Les Chaussures italiennes, on sent qu’on tient entre les mains une de ces textes magiques qui, sans qu’on sache exactement pourquoi, touche au plus juste et à l’essentiel : la vie, la mort, l’amour, peut-être ? Ce qui nous fait tenir et ce qui nous fait lâcher ? Deux textes qui, en dépit d’une trame narrative qu’on ne saurait qualifier d’utopiste ou de fleur bleue, procurent une sensation de bien-être aussi précieuse qu’une douce lumière de fin d’après-midi en hiver.

Très chaudement recommandé par Fabien


 

Désori9782867468346FSentale, Négar DJAVADI, éditions Liana Levi, 22 €

Dans un hôpital parisien, une jeune femme Kimia attend son médecin en salle d’attente. Dans son Iran natal, cette même salle ressemblerait à un caravansérail débordant de discussions mais le silence qui règne ici l’invite à se souvenir et à nous raconter l’histoire de sa famille sur trois générations depuis le XIXe siècle et jusque dans les années 80, date de son exil en France.

Si la première partie du roman se déroule ainsi en Iran, avec des allures de contes des mille et une nuits, ponctuée de drôles d’anecdotes, la seconde partie se déroule à Paris au début des années 80 où la famille s’est réfugiée. L’auteure racontera le déracinement et le sentiment de n’appartenir à nul pays, les chemins de traverse pour trouver sa place.

Ample fresque familiale et historique, Désorientale est un beau chant à la liberté de vivre, de penser et d’aimer.

C’est aussi un regard croisé sur l’Orient et l’Occident qui offre de belles réflexions sur l’exil et l’identité. Car n’oublions pas que ce livre est avant tout l’histoire d’une femme en quête d’elle-même.

Recommandé par toute l’équipe !


Mam’zelle Gnafron et autres pièces du Guignol lyonnais, La coopérative, 2016, 21 €

Entre la Guignol lyonnaismontée de la Grand-Côte et celle du Gourguillon, loin de la fade image d’Epinal, ces petits génies de la farce et démons dionysiaques que sont Guignol et Gnafron célèbrent le vin, la bonne chair et un esprit de résistance intemporel. Drôle, subversif et d’une immense inventivité langagière, ce beau recueil rend enfin disponible un monument du patrimoine littéraire lyonnais demeuré trop longtemps inaccessible !

GNAFRON. - Le commerce est arrête. J’ai plus le sou, Chignol, que je te dis, je vas me jeter en Saône !
GUIGNOL, l’arrêtant. - Dis pas de gognandises ! C’est pas en te jetant à l’eau que tu trouveras le moyen de boire de la vinasse. Vaut mieux tirer des plans.

Recommandé par Fabien


Les deux boutscaletHenri CALET, Les deux bouts, Héros limite, 2016, 18 €

Par cette série de portraits infiniment touchants d’une flopée de travailleurs et travailleuses de tous âges et de toutes professions que Calet accompagne le temps d’une journée, on touche de tout près à la vie des français en 1953. A vie matérielle d’abord : les horaires de travail (souvent 50 heures hebdomadaires), les trajets, le métier, le logement. A la vie rêvée enfin : les loisirs, les aspirations et ce qui touche à l’horizon d’attente, mariage, vacances ou retraite à venir. Toute la question étant de… joindre les deux bouts ! Une sociologie à la flâne, un précieux quotidien donné à voir à ras d’homme, avec la tendresse, le style et l’humour inimitables du grand Henri Calet.

Recommandé par Fabien


Ma vie de brigandCarmine CROCCO, Ma vie de brigand, Anacharsis, 2016, 18 €

Issu d’une famille pauvre du sud de l’Italie, Carmine Crocco devient en 1861″général des brigands » du Mezzogiorno. Eruptif, enragé, fin stratège, il met régulièrement en déroute les troupes gouvernementales. Embuscades, batailles, fuites, escarmouches : s’il dresse le portrait d’une personnalité attachante jusque dans ses contradictions, ce récit autobiographique échevelé et plein de vie se lit avant tout comme un palpitant roman d’aventure. Un formidable moment de lecture.

Recommandé par Fabien


 

Le Ga9782843047602FSrçon, Marcus MALTE, Zulma, 23,50 €

Au début du siècle précédent apparait un garçon pour le moins atypique. Sauvage, il n’a ni nom ni langue. Après la mort de sa mère, il erre de rencontres en rencontres. D’une communauté paysanne, d’un ogre, d’un régiment de soldat, d’un horticulteur mélomane et sa fille, il apprendra la méfiance, l’amitié, la folie, l’art, la mort et surtout l’amour. Avec une plume hors du commun, Marcus Malte nous fait suivre ce garçon muet dans la France chaotique de ce début de siècle. D’une nostalgie, d’une beauté, d’une force…
Une des plus belles découverte de la rentrée littéraire pour Paco !


Un p9782330066482FSaquebot dans les arbres, Valentine GOBY, éditions Actes sud, 19,80€

Un paquebot dans les arbres raconte comment une gamine frondeuse, face à l’adversité et à la maladie, va tenter d’enchanter à tout prix l’existence de ses proches. Un très beau livre de cette rentrée, étonnant et solaire.

Vivement recommandé par Sarah !

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Wate14203165_1112321355503448_4840513661689938235_nrship Down, Richard ADAMS, Monsieur Toussaint Louverture, 21,90€

Sur la paisible colline de Sandleford, au milieu de l’herbe et du cresson, se vivent de terribles aventures. Suivez Hazel le leader, Fyveer le prophète, Bigwig la brute et leur bande à la recherche de la liberté, luttant pour survivre, accomplissant des prouesses inhumaines. Bienvenue dans le quotidien de…lapins à la recherche d’une nouvelle garenne.

Un roman étonnant, rappelant Kipling et Grahame, plein d’une poésie enfantine et touchante, pour s’émerveiller dans la nature en compagnie de bêtes intrépides.

Un grand coup de cœur de Paco !


M9782330066529FSa part de gaulois, Magyd CHERFI, Actes sud, 19,80€

Les tribulations singulières d’un « gallo-beur » dans la cité toulousaine des années 80. Vif et touchant, un hymne en l’honneur des habitants des territoires oubliés de la République, par le chanteur et parolier du groupe toulousain Zebda.

Recommandé par Fabien & Sarah !


9782848052045FSL’amour a le goût des fraises, Rosamund Haden, Sabine Wespieser, 24 €

Un beau roman sud-africain dont le récit, diablement bien mené, a le goût des douceurs acidulées de l’enfance. A travers la disparition d’un peintre, Rosamund Haden explore avec délicatesse les incidents de la vie de l’Afrique du Sud au Rwanda, en passant par la Grèce. Mais son écriture polyphonique offre par-dessus tout une magnifique variation sur l’amour sous toutes ses formes, qu’il soit maternel, éphémère, érotique, étouffant, filial, passionné, capricieux.

Recommandé par Sarah !


Mémoire d9782070145973FSe fille, Annie Ernaux, Gallimard, 15 €

Avec ce titre ultime (?), Annie Ernaux nous livre une nouvelle pièce-maîtresse d’une œuvre qui en comporte beaucoup. L’interrogation sur la mémoire et l’oubli, la honte, ce qu’on est et ce vers quoi l’on tend quand on est jeune, comment on se remet – ou pas – des chocs du passé, associés à la description précise et comme sur le vif des émois et de la découverte de la sexualité par une jeune fille – en 1958 – font de cette œuvre un choc : comment Ernaux parvient-elle à décrire avec pareille justesse et méticulosité des sentiments aussi anciens, et que soit même l’on n’a pas connus ? Magie de la littérature, quand elle touche un certain universel ? Dans tous les cas, Mémoire de fille est un joyau dont on tourne les pages avec une passion rare, une œuvre parfaitement aboutie et étonnante, qui fera date.

Recommandé par Fabien


alamutAlamut, Vladimir BARTOL, Libretto, 13 € 80

« Rien n’est réel, tout est permis » Cet immense roman slovène publié en 1938 se déroule en Iran à la fin du XIe siècle, et met en scène des personnages historiques, notamment Omar Khayyam,  le génial auteur des Quatrains, et Hassan Ibn Sabbâh, plus connu sous le nom de Vieux de la montagne, qui recueille et endoctrine de jeunes hommes pour en faire des guerriers redoutables, les fameux Hashishins, tant redoutés des Croisés.  Où l’auteur offre une réflexion saisissante, et malheureusement d’une extrême actualité, sur le fanatisme, la manipulation et la quête de sens.

Recommandé par Fabien


Le ha9782748902853FSrki de Meriem, Mehdi Charef, Agone, 14 €

 » – Maman, c’est quoi un harki ?
– C’est quelqu’un qui a eu le courage de tout perdre pour faire vivre sa famille. »
Publié en 1983, année de la Marche pour l’égalité et contre le racisme (dite « des Beurs »), ce roman magnifique et attendrissant, dont on ne comprenait pas qu’il soit épuisé, écrit une page indispensable de notre histoire coloniale et post-coloniale. « Il ne s’engagea pas contre quelqu’un, il s’engagea contre la terre : le ventre aride de la terre. » Lecture salutaire et pleine d’actualité.

Recommandé par Fabien !

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Rire enc9791092011319FShaîné – Petite anthologie de l’humour des esclaves noirs américains, éditions Anacharsis, 14€

Anthologie de textes humoristiques appartenant au folklore des esclaves noirs américains, Rire enchainé constitue un témoignage historique précieux de l’intérieur des plantations, qui diffère de celui des abolitionnistes, et de cette évasion par le rire. Face à un système qui interdisait l’accès des noirs à l’instruction et punissait par le fouet la lecture, l’humour devient un « processus de légitime défense », grâce auquel les esclaves en apparence ingénus tournent en dérision leurs maitres.
Formidable pied de nez à une institution niant les droits fondamentaux, un recueil humaniste et actuel contre toute forme de musellement de la parole.

Recommandé par Fabien & Sarah !

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Vi, KiVim Thuy, éd. Liana Levi, 14,50€

Vi et sa famille vivent dans le sud du Vietnam. Dernière née d’une riche famille de Saigon, elle doit, à 10 ans, quitter son pays natal, suite à la réunification du Vietnam. Après un voyage tumultueux sur des bateaux de fortune, un passage dans un camp de réfugiés en Malaisie, ceux que l’on appelle dorénavant les « Boat-people » s’installent au Canada.

Par chapitres courts, Kim Thuy nous raconte des instants de vie et de réflexion. Entre les traditions de Saigon, le mode de vie canadien, les amours et déceptions de Vi, ce court roman nous entraîne dans le monde intime d’une femme dont le nom signifie « minuscule ». Avec Vi, Kim Thuy explore la notion d’identité, de culture, et fait, par son écriture poétique et elliptique, voyager le lecteur entre passé et présent.

Une très belle découverte de Paco

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Les étles-etoiles-seteignent-a-laubeoiles s’éteignent à l’aube, Richard Wagamese, éd. Zoé, avril 2016, 20€

Franklin Starlight, jeune indien ojibwé, vit une vie paisible plongée dans la nature canadienne. A seize ans, il travaille comme un homme dans la ferme où il a grandi et s’éclipe régulièrement pour des « fugues » en forêt de plusieurs jours.

Lorsque son père, parti vivre en ville peu après sa naissance, l’appelle à son chevet, la rencontre est rude. Sentant sa fin arrivé, décimé par l’alcool, le travail et une vie de misère, Eldon Starlight voudrait mourir selon la coutume de son peuple.

Forcé de vivre ensemble un premier et dernier voyage, à travers la colombie britannique, père et fils apprendront à se connaitre, à se confier et à se comprendre.

A travers le destin de ces deux hommes, Richard Wagamese nous raconte l’histoire de son peuple d’une écriture fluide et puissante. De l’harmonie entre les indiens et la nature aux fracas de la ville et ses relents d’alcools, c’est un roman à lire d’une traite, parfois le sourire aux lèvres, souvent les larmes aux yeux.

Un coup de coeur de Paco

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9782330061241FSBad Girl, Nancy Huston, éd. Actes sud, avril 2016, 7,8€

Nancy Huston revient avec le récit plus intime de son enfance, marquée par le départ de sa mère quand elle était âgée de 6 ans. Une désertion qui innervera pour toujours son imaginaire et ses lignes de faille.

Plongée dans l’intériorité, Bad Girl est un récit dense et passionnant, à l’écriture puissante, dans lequel s’inscrit en creux les thèmes fondateurs de l’œuvre de Nancy Huston, comme l’avortement, la maternité, la féminité et le diktat de la beauté, l’exil, la crainte de l’immobilisme, la transmission et le mensonge. Il s’agit aussi d’un récit généreux, humain et engagé, d’une femme qui, enfant, ne se trouva pas dans les yeux de sa mère.

Recommandé par Sarah !

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9782702144756FSN’ba, Aya Cissoko, éd. Calmann Lévy, mars 2016, 17€

Savoir d’où l’on vient, tel est le fil rouge du nouveau roman de l’ancienne championne du monde de boxe. Et ce en racontant sa mère, ba en bambara, qui vient de mourir. Dans un flot de souvenirs, l’auteur revient avec une simplicité forte et bouleversante sur la vie de cette dernière, qui malgré une vie d’épreuves successives, garda toujours la tête haute et le verbe haut. Née au Mali, elle rejoint son mari en France au milieu des années 1970. A travers des chapitres thématiques (Tu frottes bien ! La France, L’entremetteuse,…) sont contés la solitude, l’éducation des enfants, le foyer de Montreuil, les discussions dans la langue du pays natal mais aussi la perte d’êtres chers, l’attachement à la communauté et les gestes qui rattachent à la vie d’avant. Immersion dans la diaspora africaine et portrait-hommage à la mère qui s’est assumée envers et contre tout, N’Ba constitue un retour passionnant sur les femmes d’Afrique, piliers de la famille, même loin de chez elles.

Recommandé par Sarah !

(Page des Libraires)

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Dans la loupgueule du loup, Adam Foulds, éd. Piranha, février 2016, 18.5€

Will, Ray et de nombreux autres ne sont adultes que depuis peu lorsqu’ils débarquent sur les cotes de Sicile ou du Maghreb afin de se battre contre les Allemands. Certains se rêvent en Lawrence d’Arabie, d’autres en vedettes de cinéma. Ils pensent à leurs vies en Amérique, en Angleterre, ou à leurs familles pour certaines originaires de ce bout de terre qu’ils doivent reconquérir. L’Histoire les cueillera tous pour les jeter dans ce formidable tourbillon de violence que fut la Seconde Guerre mondiale. Adam Foulds, pour ce premier livre traduit en français, détonne par une écriture poétique et sensuelle couplée à une histoire d’une violence et d’une efficacité remarquable. Entre balade dans les paysages siciliens calme après les batailles, scènes de vie pittoresque et horreur des combats, du grand roman historique.
Un coup de cœur de Paco!

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Aux anianimaux-guerre-1546985-616x02maux la guerre, Nicolas Mathieu, éd. Babel, janvier 2016, 9.70€

Dans les Vosges, l’hiver est rude. Les habitants aussi. Aussi, quand la principale usine de la région menace de fermer, nombreux sont ceux qui sont prêt à tout pour survivre, et qui, comme Bruce, ou Martel, rêve de pouvoir desserrer la corde des dettes qui les tuent lentement. Mais comment, quand le travail manque cruellement, faire vivre une famille, payer un loyer, ou même se payer les packs de mauvaises bières, nécessaire pour l’oubli de la vie minable qu’ils vivent… « Aux animaux la guerre » est le roman de la fin d’une époque, celle des usines, celle des luttes de classes…Sombre mais brillant.

Coup de cœur de Paco!

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Hérétiques9782757856970FS, Leonardo Padura, éd. Points, janvier 2016, 8,95€

Hérétiques ou comment un tableau de Rembrandt nous fait voyager dans un Cuba pré et post-castrite et dans l’Amsterdam du XVIIe siècle. Vous redécouvrirez l’épisode dramatique du paquebot Saint-Louis transportant des centaines de Juifs qui en 1939 seront refoulés des eaux cubaines, déambulerez dans les ruelles assourdissantes et étouffantes de la Havane et découvrirez la vie dans l’atelier du grand maître hollandais à l’âge d’or. Mêlant enquête et roman historique, un flamboyant roman célébrant le libre arbitre.

Recommandé par Sarah !

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En-attendant-Bojangles-follement-attachant_exact1024x768_p En attendant Bojangles, Olivier Bourdeaut, éd. Finitude, janvier 2016, 15.50€

Dans une maison en Espagne, Georges, sa femme (dont le nom change chaque jour, en fonction de l’humeur), son fils, et l’étrange oiseau exotique Mademoiselle Superfétatoire ne vivent que pour le plaisir et la fête permanente. Chez eux, l’amour est vertigineux ou n’est pas, et chaque instant est une folie menée sur l’air de « Mister Bojangles » de Nina Simone.
Un jour pourtant, la folie s’aggrave, et la réalité revient brusquement, amèrement.
Un portrait d’un couple fantasque et émouvant, au travers des yeux de leur fils, le tout porté par une écriture faussement naïve, faisant naître autant de francs éclats de rire que de petites perles de désespoir.
Un magnifique roman sur l’amour fou, sur les vertus du mensonge et de la folie douce, une fable d’une brillante cruauté.

Recommandé par Paco et Sophie !

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Kannj9782330058753FSawou, Lyonel Trouillot, éd.Actes sud, janvier 2016, 18€

Dans une société où la littérature et la politique sont inextricablement liées, Lyonel Trouillot ne fait pas office d’exception. Ces mots sont des charges. Dans son dernier roman Kannjawou, il raconte son pays, l’un des plus pauvres au monde, meurtri par des décennies d’instabilité politique, et fustige son occupation par les forces militaires et les ONG, sous contrôle de la communauté internationale. On ne chasse pas des soldats avec des mots, comme le souligne Sentinelle des pas perdus, le sagace narrateur du roman, mais il est parfois nécessaire « de tout consigner » quand cela va mal. Ainsi, posté dans la rue de l’Enterrement, cette vigie inébranlable raconte le quotidien dans une terre où la richesse et la pauvreté se livrent une guerre de mouvement. La violence et l’exclusion sociale. Les bottes ennemies. Le cimetière et ses deux visages : le jour, les cortèges et les fanfares, la nuit, les coups de pioche des voleurs de cercueil. Et à travers sa voix, c’est toute une galerie virevoltante de personnages qui entre en scène, à commencer par ses amis, la fameuse « bande des cinq », dont il fait parti. Liés depuis l’enfance, ils devisent sur la marche du monde et leur avenir. Fantasmant d’improbables révolutions, ils tentent aussi d’instaurer un peu de justice sociale en créant avec quatre bouts de tôle une association culturelle pour les jeunes du quartier. Ainsi, autour du narrateur, étudiant qui passe son temps à cogiter sur la logique des parcours individuels, de Popol, son frère silencieux, de Wodné, militant révolté à la pensée radicale, et de Joëlle et Sophonie, deux sœurs broyées par les pressions sociales, il y a aussi l’inoubliable Man Jeanne, doyenne et mémoire de la rue, qui verse du pissat de chat sur la tête de ses ennemis. On découvre aussi le petit professeur, intellectuel qui travaille sur une histoire de la gauche et des mouvements progressistes. A cette rue de l’Enterrement, emblématique de ce microcosme, s’oppose le bar « Kannjawou », fréquenté par « les occupants » et « assistants aux occupants ». Ces expatriés, qui viennent s’encanailler et boire l’argent produit par le malheur des locaux, changent régulièrement de poste, « au nom de la démocratie et du principe de rotation, et pour que toutes les nations en profitent ». Dans la culture populaire haïtienne, le mot kannjawou signifie le partage et la fête, la grande fête qu’espère tant le vieil Anselme à la fin de sa vie, entouré des siens et des voisins. Mais comment penser aux divertissements et aux réjouissances quand les inégalités, les jeux entre puissances, la corruption et la pauvreté détruisent toute cause commune, tout passé, tout avenir, tout rêve ? De sa langue pareille à nulle autre, chamarrée et incarnée, Lyonel Trouillot ébauche un temps où aucun expert ne viendra imposer les directions à suivre comme si les « vies étaient des fautes d’orthographe », et célèbre, dans un roman vibrant d’humanité, deux idées souvent piétinées : la mémoire et l’espérance.

(article rédigé pour la revue Page des Libraires)

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9782848051987FSLes sept vies des chats d’Athènes, Takis Théodoropoulos, éd. Sabine Wespieser poche, novembre 2015, 8 €

« A l’instar des enfants, les félins tirent leur amour du jeu de ce rapport qui les lie à l’éternel présent, puisqu’ils ne se soucient ni du passé ni de l’avenir. Cette certitude qu’ils ont de posséder sept âmes leur confère une grande capacité d’ironie vis-à-vis de l’inexistence. Car s’ils n’ignorent pas la sensation du néant, ils ont su canaliser celle-ci pour la transformer en tremplin de vie ».
A mi-chemin entre conte philosophique et satire politique, un petit texte facétieux et mordant avec des chats non moins malicieux qui seraient les réincarnations des philosophes de l’Antiquité.

Recommandé par Sarah !

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Debo9782253192725FSut-payé, Gauz, éd. Livre de poche, novembre 2015, 6,60 €

Debout-Payé c‘est l’histoire d’Ossiri, étudiant ivoirien qui comme son père et son grand-père devient vigile au Camaïeu de Bastille et au Sephora des Champs-Élysées. Sans papiers dans la France des années 1990, c’est le seul job qu’il trouve. Chronique du quotidien d’un immigré et de sa communauté dans la capitale parisienne doublée d’un bel hommage à la famille, le livre est aussi « l’histoire politique d’un immigré et du regard qu’il porte sur notre pays (…) de la Françafrique triomphante à l’après 11-Septembre ». Mais c’est aussi un objet littéraire inattendu et génialement insolent. Car au détour des pages, Gauz retranscrit les choses vues et entendues en tant que vigile sous forme de saynètes et sentences tour à tour caustiques et poétiques à la portée quasi sociologique. En fin satiriste, il tourne en dérision notre société de consommation pour notre plus grand plaisir. Intelligent et détonnant !

Recommandé par toute l’équipe !

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9791094680209FSLe Promeneur d’Alep, Niroz Malek, éd. Le Serpent à plume, octobre 2015, 16 €

A Alep, à la lueur d’une bougie, un homme, qui refuse de fuir le chaos, écrit jour après jour, le quotidien d’une population plongée en enfer. Journal de bord d’un écrivain résistant avec les mots aux balles ennemies, Le Promeneur d’Alep sont autant de chroniques – éclairs disant l’urgence de témoigner. La douleur et la tristesse. Les vies minuscules raflées. Le bruit assourdissant des bombardements. Les barrages à chaque coin de rue. Les jardins publics transformés en cimetière. De ces événements qui ne peuvent surgir qu’en temps de guerre. Mais de son écriture aux fulgurances poétiques évoquant la nostalgie de l’enfance et les amours colorés, Niroz Malek laisse entrevoir des éclaircies pleines d’espoir.

Recommandé par Sarah !

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Tony H9782264064455FSogan m’a payé un ice-cream avant de me piquer maman, Kerry Hudson, éd. 10/18, septembre 2015, 8.10 €

Voir le jour dans la famille Ryan n’est pas une mince affaire. Entre une jeune mère célibataire au langage fleuri, une grand-mère accro au bingo et aux cigarettes, un oncle camé complètement largué et un père américain inconnu et idéalisé, Janie doit jouer des coudes pour trouver sa place dans une tribu où les injures et les coups fusent. Et c’est avec une gouaille folle que la petite Ryan nous raconte son enfance dès les premières heures de sa naissance, son quotidien et ses aventures dans un monde qui ne lui épargne rien. Une chouette chronique sociale sur la jeunesse écossaise dans les années 1980 qui donne la parole aux laissés-pour-compte.

Un roman ébouriffant, parcouru d’un éclat de rire permanent, recommandé par Sarah !

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Dans le9782253087403FS grand cercle du monde, Joseph Boyden, éd. Livre de poche, octobre 2015, 8,30€

Trois personnages divisés par leur appartenance accompagnent le lecteur dans le Canada du XVIIe siècle sur le point de basculer : un jésuite français venu évangéliser les Indiens, Chutes-de-Neige, une jeune iroquoise assoiffée de vengeance dont la famille vient d’être massacrée et un chef de guerre huron qui devine le déclin de son peuple. De ces trois voix aux langages et croyances différents renaît tout un monde, celui des coutumes indiennes, et la colonisation amérindienne par l’homme blanc. Une magnifique épopée, poétique et cruelle comme peut l’être le réel.

Recommandé par Sarah!

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Du temp9782714456762FSs où j’étais un mac, Iceberg Slim, éd. Belfond Vintage, septembre 2015, 15 €

S’inscrivant dans une longue tradition autobiographique afro-américaine, Iceberg Slim, qui dénonce le creuset raciste qu’est l’Amérique des années 60, est l’un des premiers à décrire l’homme noir autrement qu’en faire-valoir de l’homme blanc.
Emblématiques d’une époque, ces écrits cyniques et engagés, scandent, dans une prose rageuse, ce qu’est la vie dans les ghettos noirs, au son du black power, et revient de manière plus introspective sur ce que fut ses années de « maquereautage ».  CULTE !!!

Recommandé par Sarah et Paco!

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inuteroJulien Blanc-Gras, In utero, éd. Le Diable vauvert, septembre 2015, 15 €

Le journal de grossesse d’un futur père, neuf mois d’attente, de fierté, d’angoisse, d’amour, de trouille, de projections…
Avec humour et honnêteté, le célèbre globetrotteur nous emmène cette fois dans un voyage au centre de l’humain.

Recommandé par Sophie et Laureline !

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Petit P9782021125092FSiment, Alain Mabanckou, éd. Seuil, août 2015, 18,50 euros

Petit Piment est un jeune orphelin espiègle et débrouillard et c’est le personnage du nouveau roman d’Alain Mabanckou! Dans cette fable truculente, l’auteur congolais raconte les tribulations de Petit Piment. Après une enfance presque heureuse dans une institution catholique balayé par la révolution socialiste, le jeune garnement s’acoquinera avec les petits bandits du Grand Marché, vivra de combines et de larcins et rencontrera Maman Fiat 500, une généreuse maquerelle. Le bonheur semblera enfin à portée de main mais pour combien de temps? Formidable roman d’apprentissage, Petit Piment raconte cette jeunesse africaine qui tente d’exister coûte que coûte, quitte à passer la ligne rouge. Mais à travers l’histoire de ce Gavroche africain, c’est aussi l’histoire de son pays natal qu’explore Mabanckou ainsi que ses lignes de faille comme la corruption, les politiques autoritaires menées au détriment des individus ou encore la condition des femmes.

Un conte urbain délicieux, à la langue chamarrée, recommandé par Sarah!

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Eka Ku9782848051925FSrniawan, L’Homme-tigre, éd. Sabine Wespieser, septembre 2015, 21€

Un jeune homme, qui serait hanté par un tigre, commet un crime terrible dans un petit village de Java. L’auteur, écrivain majeur dans son pays, remonte le passé pour comprendre ce geste fou. Une tragédie qui se révèle être un magnifique instantané de la société et culture indonésienne. Un sens de la narration réjouissant, de l’humour et des associations inédites d‘images pour des moments de fulgurances poétiques. Gros coup de cœur !

Recommandé par Sarah !

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9782843047145FSVanessa Barbara, Les Nuits de laitue, éd.Zulma, août 2015, 17,50€

Dans une petit maison jaune vit en parfaite harmonie Otto et Ada, mariés depuis des décennies. Cultivant tout deux une égale passion pour les documentaires animaliers, le ping-pong et le chou-fleur, ils sont pourtant très différents. Tandis qu’Ada, appréciée de ses voisins, participe activement à la vie du quartier, Otto est plus taciturne. La vie s’égrène paisiblement dans ce microcosme un peu farfelu. Il y a Nico, le pharmacien qui connaît sur le bout des doigts les effets indésirables des médicaments, Anibal, le facteur dilettante qui mélange le courrier, Mariana, jeune anthropologue qui s’ennuie à la maison, Teresa et ses chiens endiablés… de drôles d’hurluberlus qui cohabitent pour notre plus grand plaisir ! Mais le jour où Ada disparaît brutalement, Otto, grand lecteur de polars sanglants, se demande si on ne lui cacherait pas quelque chose…

Jouant malicieusement avec les codes du roman policier et abordant par petites touches sensibles la perte d’un être cher, Les nuits de laitue est une fantaisie loufoque et tendre qui donne un sacré coup de peps !

Recommandé par Sarah et Paco !

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9782021280173FSCharif Madjalani, Villa des femmes, éd. Seuil, août 2015, 18€

Nouvelle variation sur une thématique chère à l’auteur – la grandeur et la décadence des grandes familles libanaises -, Villa des femmes, à la langue envoûtante et à l’imaginaire flamboyant, opère un focus saisissant sur les femmes de ces fratries qui s’affranchissent de la société traditionnelle patriarcale. Un canevas baroque somptueux mêlant saga familiale, fresque historique et pastiche de romans d’aventure !

Un des plus beaux textes de cette rentrée vivement recommandé par Sarah !

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boussoleMathias Enard, Boussole, Actes Sud, août 2015, 21.8€

Entre Damas, Vienne et Paris, Mathias Enard nous embarque au plus profond des souvenirs et des sentiments d’un homme, tout au long d’une nuit d’insomnie.
Tour à tour mélancolique et envoûtant, palpitant et joyeux, « Boussole » est à la fois un roman d’Histoire et d’aventures, de musique et de littérature, une magnifique déclaration d’amour à l’Orient et à ses échanges avec l’Occident.

Vivement recommandé par Sophie !

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Jax Mill9782081347908_1_75er, Les Infâmes, éd. Ombres Noires, septembre 2015, 21€

Témoin protégée par le FBI, Freedom Oliver coule des jours sombres dans une petite ville de l’Oregon, attendant l’heure fatidique de son suicide, programmée par le remplissage minutieux d’une tirelire de médicaments. Hantée par le meurtre de son mari, l’abandon forcé de ses enfants et toutes les erreurs qu’elle a pu commettre, la quarantenaire ne croit plus en rien… jusqu’au jour où tout bascule, quand sa fille Rebekah, élevée par un pasteur extrémiste, est portée disparue. Sortant de l’anonymat et affrontant ses démons, Freedom va sur son chemin trouver de l’infamie… mais aussi de la beauté.

Un récit sombre et haletant, qui nous transporte dans les dérives de la religion et ses conséquences, mais nous montre également l’infinie puissance de l’amour maternel, malgré la déchéance des âmes et la brutalité du monde décrit dans cet ouvrage.

Recommandé par Laureline et Sarah !

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sixjoursRyan Gattis, Six jours, éd. Fayard, septembre 2015, 24€.

Le 29 avril 1992, quatre officiers de police poursuivis pour le passage à tabac du célèbre Rodney King sont acquittés. Moins de deux heures après les délibérations, des émeutes éclatent à Los Angeles, ville du procès. Durant six jours, la cité des anges est à feu et à sang, les représentants de l’ordre désertent les rues et certaines personnes en profitent pour régler de vieux comptes.

C’est dans ce décor chaotique que Ryan Gattis installe son histoire, celle de dix-sept personnes liées par les évènements de ce printemps 1992. Déclenché par le massacre d’un innocent par un gang latino, ce roman choral nous entraîne dans les coulisses des émeutes et dans l’arrière-boutique méconnue des gangs et de leurs us et coutumes. Loin d’être manichéen ou moralisateur, ce livre est à la fois dynamique et réaliste. En effet, et c’est là le plus grand mérite de cet ouvrage, les faits décrits, bien que relevant de la fiction, nous paraissent vraisemblables, au point de parfois nouer nos tripes ou nous toucher plus que de raison. Tout ceci est plus que logique, puisque l’auteur est allé se documenter au plus près de la source, en rencontrant et en faisant corriger ses épreuves par un chef de gangs « chicanos » et plusieurs de ses seconds.

Un théâtre de guerres urbaines qui nous montre plusieurs facettes de l’humain lorsqu’il est face à lui-même et que les lois n’ont plus cours, mais aussi comment, par un évènement parfois à mille lieux de nous-même, nos vies peuvent être bouleversées d’une seconde à l’autre.

Vivement recommandé par Laureline !

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ahçairaDenis Lachaud, Ah ! ça ira…, Actes Sud, août 2015, 21.8 €

Malgré le ras-le-bol ambiant, un activiste qui assassine le président de la République est loin d’emporter l’adhésion populaire… emprisonné pendant 21 ans, il ressort dans un Paris qui a évolué vers encore plus d’injustices. Sa famille et quelque amis marqués par son action vont décider de donner un nouveau souffle à la révolte nécessaire pour changer notre société !
Un roman engagé, qui pose de vraies questions, tout en étant sensible et plutôt optimiste !

Recommandé par Sophie !
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oùetiezvoustousPaolo Di Paolo, Où étiez-vous tous, Belfond, septembre 2015, 17 €

« Où étiez-vous tous » est à la fois un roman d’apprentissage et le récit d’une époque : celle d’un jeune homme né en Italie en 1983 et qui n’a connu que « l’Ere Berlusconi », de son père enseignant retraité qui semble garder une sacré rencune contre ses élèves, de sa mère qui rêve de fuir à Berlin, l’époque des amours ratées et des études qui ne mènent à rien.
Une écriture douce-amer et un humour mordant, qui nous transporte dans l’intimité des jeunes générations italiennes.

Recommandé par Sophie !
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loupsaleurporteJérémy Fel, Les loups à leur porte, Rivages, août 2015, 20€

A travers ces récits parfaitement construits et enchevêtrés, voici un roman noir, très noir, de la monstruosité humaine…

Recommandé par Sophie et Laureline !
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terminusradieuxpocheAntoine Volodine, Terminus radieux, Points, août 2015, 8.60 €

La Deuxième Union Soviétique a échoué, les centrales nucléaires qui devaient assurer l’indépendance de chaque ville ont lâchées les unes après les autres, soldats et travailleurs sont livrés à eux-mêmes, à l’errance, à la mort et à la presque-mort pour les dizaines et milliers d’années à venir.
Kranauer laisse derrière lui ses deux camarades pour trouver aide et eau, mais lorsqu’il arrive au kolkhoze Terminus Radieux il n’y trouvera que chaos et danger. Le président Solovieï, l’immortel chamane, contrôle tout et tous, les gens, les rêves, la forêt. La Mémé Ougdoul, son double féminin, nourrit, s’occupe et parle à la pile nucléaire qui les réchauffe. Les trois filles étranges de Solovieï tournent autour de Kronauer, mais celui-ci est prévenu : il n’a pas intérêt à leur faire du mal…
L’univers de Volodine est certes fait d’angoisse, de mort et de rêves chamaniques, mais il nous emporte avec un plaisir renouvelé, une poésie et un humour du désastre qui font de ce grand roman à la fois une suite incontournable pour ses lecteurs habituels qu’un parfait point de départ pour ceux qui souhaitent le découvrir.

Recommandé par Sophie !

(Prix Médicis 2014)

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Sélection Littérature printemps-été 2015

vongozeroYana Vagner, Vongozero, éd. Mirobole, 22 €

La fuite éperdue de plusieurs familles face à une gigantesque épidémie qui se répand dans la Russie enneigée… un récit « catastrophe » qui joue avec subtilité sur un thème classique sans tomber dans les clichés du genre.

La narratrice, une jeune femme qui n’ose prendre sa place dans ce convoi de la dernière chance, nous embarque à un rythme effréné dans les méandres de la peur et de l’espoir face à une humanité en danger d’extinction !

Recommandé par Sophie !

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Michal Ajvaz, L’Autre ville, éd. Mirobole, avril 2015, 19 €

Dans uneautreville librairie de Prague, un homme trouve un livre intrigant, écrit dans un alphabet inconnu, qui lui ouvre les portes d’un univers magique et dangereux. Il y découvre des cérémonies baroques, des coutumes étranges et des créatures fascinantes ; des cafés se muent en jungles, des passages secrets s’ouvrent sous ses pieds et des vagues viennent s’échouer sur les draps…
Il faut totalement se laisser porter par ce livre hypnotique, entre merveilleux et surréalisme, cette ode à la quête et au courage nécessaire pour affronter les nouveaux mondes qui ne cessent de nous appeler.

Recommandé par Sophie !
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A9782867467561FSli Al-Muqri, Femme interdite, éd.Liana Levi, 18€

 « Ce jour-là, j’ai senti que je portais un poids, que je ne pouvais plus marcher, mais seulement rouler telle une boule noire. Je me suis posé la question en m’observant dans le miroir : à quoi bon ce corps ? » Telle est l’interrogation inaugurale posée par l’héroïne sans nom du nouveau roman d’Ali Al-Muqri. Texte censuré dans la plupart des pays arabes, Femme interdite constitue un portrait brûlant et sans concessions de la femme au Yémen, pays où règne la charia, la loi islamique. Femme-défendue dès 9 ans, dont la place naturelle est à la maison « qu’elle ne doit plus quitter jusqu’au tombeau », la femme yéménite doit être invisible à la vue des hommes, de la société et… à elle-même. C’est ce que la jeune femme apprendra dès son enfance, élevée sous la férule d’un père rigoureux, d’une mère soumise et d’un frère devenu fanatique religieux. Entre enseignement théologique au lycée islamique et visionnage de cassettes « culturelles » – pornographiques – avec sa sœur indocile, elle s’enfonce inexorablement dans un endoctrinement véhiculé par une société hypocrite, qui isole la femme aux marges de sa propre vie et la réduit au rang d’objet. La question de la sexualité et de l’oppression du désir abordée de manière frontale par l’auteur en dit long sur les violences infligées aux femmes et les souffrances qui en découlent. Oubliant l’usage des questions, n’osant plus rire et ne sachant plus pleurer, la jeune femme, qui a l’impression d’être en état de « djihad permanent » (initialement : « effort qu’on fait sur soi »), rencontrera son futur époux, qui l’embarquera en Afghanistan pour mener le djihad. Un brûlot essentiel sur une femme brisée et bâillonnée par sa cape noire

Recommandé par Sarah !

(Page des Libraires)

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Bernhommedekievard Malamud, L’homme de Kiev, éd. Rivages poche, 10 €

Rêvant d’un avenir meilleur dans la Russie du début XXe, un jeune homme juif libre-penseur part s’installer à Kiev. Pris au piège par le hasard qui lui fait prendre un mauvais choix, il se retrouve accusé à tort et sa vie tourne au cauchemar.
Entre récit de prison, stigmatisation d’une population, falsification de preuves, un roman politique et métaphysique passionnant !

Recommandé par Sophie !
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yeruldelggerIan Manook, Yeruldelgger, Le Livre de poche, 8.3 €

Sous couvert d’intrigue policière, un beau voyage en Mongolie, à la découverte d’un pays en proie aux contradictions de la modernité.

Recommandé par Sarah et Fabien !

 

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manuelsurvieincapablesThomas Gunzig, Manuel de survie à l’usage des incapables, Folio, 7.5 €

Et si le monde ne tournait qu’autour du travail, d’ambitions en promotions, au sein de supermarchés si omniprésents qu’être directeur des ventes serait le stade ultime de l’accomplissement ?
Et si tout, absolument tout, était sous licence commerciale ? Voilà qui ressemblerait presque à une vision terrifiante de notre monde…
Et si, à cela, on ajoute la généralisation des modifications génétiques sur les femmes, parce qu’il serait tout de même mieux de les améliorer un peu, voilà qu’on arrive à un roman étonnant dont l’humour et le cynisme, avec même un peu de poésie, se disputent à la tragédie !
Car quand quatre jeunes hommes-loups veulent venger leur mère d’un homme marié à une femme modifiée au Mamba vert, ça peut devenir carrément sanglant !
Et jubilatoire !

Recommandé par Sophie !

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ancienmaladeDaniel Pennac, Ancien malade des hôpitaux de Paris, Folio, 4,60 €

Dans ce court texte plein d’humour, voilà une nuit entière aux urgences d’un interne confronté à un malade dont les symptômes ne cessent de varier.

Un « monologue gesticulatoire » savoureux qui prolonge parfaitement la lecture de l’excellent Journal d’un corps, à lire absolument si vous l’aviez raté !

Danijournalduncorpsel Pennac, Journal d’un corps, Folio, 8€

Sous l’angle unique du corps, de ses évolutions, ses sensations, ses maladies, ses joies, voilà l’étonnant journal d’un homme, de ses années d’enfance jusqu’à la mort.

 

Recommandés par Sophie !

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Bandes dessinées

Dans cette rubrique,
retrouvez nos découvertes du moment,
mais aussi les bandes dessinées qui restent dans nos rayons et dans nos coeurs :
le meilleur du meilleur !


9782756080642FS

La saga de Grimr, Jérémie Moreau, Delcourt, 25.50€

Au XVIIIe siècle, au pays des volcans et des trolls, l’Islande, sous joug danois, le jeune Grimr, vraie force de la nature, va tenter de s’élever au rang des plus fameux héros de saga. Il fera ses preuves et révélera au monde sa grandeur morale dans une formidable quête initiatique. Un album singulier et captivant à l’écriture poétique et aux aquarelles grandioses.

Ideal standard


Idéal Standard, Aude PICAULT, Dargaud, 17.95

Aude Picault est douée pour nous relater les aventures et mésaventures amoureuses d’une trentenaire, et plus encore pour décrire certains mécanismes de domination insensibles et invisibles au sein du couple. D’une subtilité et d’une tendresse rare.


La fissure, Carlos SPOTTORNO & Guillermo ABRIL, Gallimard, 25 €
La fissureIl y avait Le photographe, ce long récit graphique qui mêlait magistralement photographie et dessin. La fissure marquera une nouvelle avancée dans l’invention de la bande dessinée, puisque ses auteurs, un photographe et un journaliste, viennent d’inventer… la bande dessinée sans dessins ! Uniquement composée de photographies découpées selon les règles de l’art séquentiel, l’ouvrage relate leurs reportages sur le limes européen : de Melilla à l’Estonie, du sauvetage de migrants en mer italienne à la frontière ukrainienne, un document unique et exceptionnel sur les murs qui se dressent autour de l’Europe et les migrants qui essayent de les franchir.


Le travailleur de la nuit, MATZ & CHEMINEAU, Rue de Sèvres, 18 €
Le travailleur de la nuitLes biographies en bande dessinée sont souvent laborieuses. Celle-ci est absolument parfaite et réjouissante. Le travailleur de la nuit, c’est Alexandre Marius Jacob, cet anarchiste illégaliste, né en 1879, qui aurait inspiré le personnage d’Arsène Lupin. Voleur brillant, chef de bande, théoricien, mais aussi tête dure qui a survécu au bagne, Jacob est aussi fameux pour son humour. Devant payer un impôt pour son chien, il réclame une carte d’électeur pour ce dernier, qui « n’a jamais menti, jamais été ivre. Aucun de vos électeurs ne peut en dire autant. »


Une soeur, Bastien VIVES, Casterman, 20 €
Une soeurLes vacances avec les parents, l’ennui, un petit frère… soudain, l’irruption d’une fille plus âgée. Plus délurée. Plus aventureuse. Comme une grande soeur, à un âge où l’on se demande ce que ça pourrait bien être, de côtoyer l’autre sexe, d’embrasser une fille… On peut ne pas aimer la sécheresse de trait des personnages et du dessin de Bastien Vivès, mais il faut lui reconnaître un talent immense dans conduite de la narration et dans la tenue de ses personnages : c’est du grand art, plein de silence et de non-dits.


Amour australAmour austral, Jan Bauer, Warum, 20 €
Pour se remettre d’un de ces chocs que la vie assène parfois, Jan Bauer part effectuer une randonnée solitaire dans une région sauvage de l’Austalie. Il veut faire silence. Ne croiser personne. Se retrouver.
Mais voilà, sur la piste, il croise une jeune fille, de douze ans plus jeune que lui. « Dis, je peux te serrer dans les bras ? » De ce grand récit graphique, dont les planches rendent aussi un hommage appuyé à la randonnée, on pourrait dire qu’il incarne cet « amour réalisé du désir demeuré désir » dont parle René Char.
[A noter que cette bande dessinée a créé de vraies dissensions au sein de l’équipe, des âmes sans coeur la jugeant « fleur bleue ». Pas du tout ! Et quand bien même !]
Fabien


 

Histoire dessinée de la guerre d’Algérie, B. STORA & S.VASSANT, Seuil, 24 €
Des Carnets d’Orient de Jacques Ferrandez écrits dans les années 1980, au récent Un maillot pour l’Algérie, en passant par Petit-fils d’Algérie, la bande dessinée s’est emparée de la guerre d’Algérie en faisant la part belle à la fiction. Mais avec la première histoire dessinée directement inspirée du conflit, l’historien Benjamin Stora et le dessinateur Sébastien Vassant frappent un grand coup en montrant, de façon inédite, cette guerre restée longtemps « sans nom ». Un récit graphique et historique extrêmement vivant, mêlant archives et témoignages, qui rend compte de la diversité des voix et des mémoires.


 

Géronimo – Mémoires d’un résistant Apache, Lisa LUGRIN, Clément XAVIER, Delcourt, 29.95 €
Partis en Arizona sur les traces du chef mythique, les auteurs sont aussi allés dans les réserves, à la rencontre de ses descendants. L’ouvrage mêle habilement photographies et bande dessinée, narration et dimension documentaire, acquièrant une véritable dimension anthropologique tout en étant fidèle aux fameuses Mémoires de Géronimo, recueillies en 1904. Un récit palpitant et un hommage appuyé au grand résistant Apache.


 

La différence invisibleLa différence invisible, Mademoiselle Caroline & Julie Dachez, Delcourt, 2016.

« Si vous jugez un poisson sur sa capacité à grimper à un arbre,
il passera sa vie à croire qu’il est stupide.
»
Une jeune fille découvre tardivement que les difficultés sociales qu’elle rencontre sont tout simplement dues au syndrome d’Asperger, une forme d’autisme légère. Inspirée d’une histoire vraie, cette remarquable bande dessinée ouvre une réflexion salutaire sur la « pathologisation de la différence », et notamment sur les différences entre personnes neurotypiques et personnes neuroatypiques.


 

Akki, Pierre-Emmanuel DEQUEST, Actes Sud, 13.50 €
Terré dans des huttes balayées par un vent glacé, le clan des steppes se meurt. Les troupeaux de rennes jadis si nombreux ont disparu. Contre l’avis de tous, Akki, orphelin malicieux, et Olma, la vieille chamane, décident alors de parcourir les toundras inexplorées, à la recherche d’un nouveau territoire de chasse : la rivière. Le chemin sera constellé d’embûches et de surprises ! Une bande dessinée aux décors majestueux pour les aventures d’un duo atypique et terriblement attachant. Dès 7 ans.


 

AudubonSur les ailes du monde, Audubon, F. Grolleau & J. Royer, Dargaud, 21 euros
Une bande dessinée d’une splendeur graphique remarquable, à la hauteur de la vie haute en couleur d’Audubon, ce célèbre naturaliste américain du XIXe siècle qui a peint et répertorié les oiseaux d’Amérique. Réjouissant pour l’esprit d’aventure comme pour les yeux !

Recommandé par Fabien & Sarah

 


Le jour où le bus est reparti sans elle, Bamboo, 15.90 €

Le jour où le bus...« Chaque jour, un homme se plaint de manger le même sandwich fromage-tomates. Un jour, excédé, son collègue lui rétorque :
- Si tu n’aimes pas le sandwich fromage-tomates, achètes-en un autre.
- Mais… je n’achète pas mes sandwichs ! C’est moi qui les prépare. »

Clémentine, qui cherche un sens à sa vie, se rend à un stage de méditation. Mais l’imprévu survient… Entremêlée de courts et malicieux contes zen, cette bd très « développement personnel »  est empreinte d’une douceur toujours bienvenue.

 


9782366242263FSKobane Calling, Zerocalcare, Cambourakis, 23 €

Quand le dessinateur italien Zerocalcare part dans le Kurdistan syrien à la rencontre de ses habitants engagés dans la lutte contre Daech, il en découle un carnet de voyage – témoignage étonnant, touchant et drôle, à hauteur d’homme, loin des visions du conflit martelées par les médias.

Recommandé par Fabien et Sarah !


Baudoin DVD

Edmond, Un Portrait De Baudoin (DVD) ; L’éloge De L’impuissance, L’Association, 29 €

Livre qui accompagne le documentaire réalisé par Laetitia Carton sur ce génie fou du dessin et du récit graphique qu’est Edmond Baudoin. Indispensable !
Fabien


La dame de Damas, J.-P. Filiu et Cyrille Pomès, Futuropolis, 2015, 18 €

9782754811118FSDans un quartier de la banlieue sud-ouest de Damas en Syrie secoué par la révolution, Karim et Fatima s’aiment d’un amour impossible. Lui et sa famille sont engagés contre Bachar al-Assad, elle a dû épouser un membre du régime.  Quand ils se retrouvent après mille épreuves, l’impensable frappe la capitale : la mort blanche. A travers ce Roméo et Juliette du XXIe siècle, une plongée passionnante et éclairante dans le quotidien des Syriens en proie à un régime barbare.

Recommandé par Sarah !


 L’Algérie, c’est beau comme l’Amérique, Olivia Burton, Mahi Grand, Steinkis, 20 €

algeriecestbeauPetite-fille de pieds-noirs, Olivia a toujours entendu parler de l’Algérie. Mais, entre nostalgie, images de cartes postales et blessures de guerre, elle trouvait cet héritage plutôt gênant. Dans les années 1990, elle demande à sa grand-mère d’écrire ses mémoires mais n’obtient d’elle qu’un sourire fatigué. Pourtant, en triant ses affaires après son décès, Olivia tombe sur un dossier qui lui est destiné. À l’intérieur : ses souvenirs d’Algérie. Dix ans plus tard, elle décide d’aller sur place, pour confronter ces récits à la réalité. Elle part seule, avec dans ses bagages le numéro de téléphone d’un contact sur place, un certain Djaffar…

 


toutestpossibleTout est possible mais rien n’est sûr, Lucile Gomez, Delcourt, 22,95 €

De petits boulots en rêves immenses, le quotidien d’une dessinatrice pleine d’énergie et d’idéaux ! Parfaitement savoureux !

 

Recommandé par Fabien !

 


lipLip, des héros ordinaires, Laurent Galadon, Dargaud, 2014, 19.99 €

Ce roman graphique rend hommage aux ouvriers et ouvrières qui, en 1973, ont occupé leur usine pendant 329 jours. Une belle page de l’histoire des luttes. « On fabrique, on vend, on se paie ! »

Recommandé par Fabien !

 


 Un océan d’amour, Wilfrid Lupano, Grégory Panaccione, Delcourt, 2014, 24,95 €

9782756062105FSUn vieux pêcheur part au large des côtes bretonnes. Mais la mer est capricieuse… et monsieur ne rentre pas. Pendant ce temps, sa dulcinée bigoudène qui le régale chaque jour de crêpes l’attend… Persuadée que son homme est en vie, elle embarque sur un paquebot à sa recherche. De la Bretagne à Cuba, un chassé-croisé rocambolesque et tendre sur un océan dans tous ses états, monumental et malmené (quid de la piraterie, de la pollution, …).

Une BD sans paroles à la poésie burlesque.

Coup de cœur de Sarah !


 

9782302042988FSLes carnets de Cerise 3 : Le dernier des cinq trésors, Joris Chamblain, Aurélie Neyret, Soleil, 15,95 €

Une nouvelle enquête de Cerise, une jeune et curieuse enfant qui aime dénicher et résoudre les mystères de son entourage !

Recommandé par Sarah et Sophie !

 

 


vieuxfourneaux  Les vieux f 2 Les vieux fourneaux 3 Les vieux fourneaux 1, 2 & 3, Wilfrid Lupano, Paul Cauet, Dargaud, 11,99 €

Trois septuagénaires et une femme enceinte se lancent dans un road-movie rocambolesque vers la Toscane ! Un album plein d’humour, de tendresse et de revendications syndicales !

Vivement recommandé par toute l’équipe !


 

arabedufuturarabefutur2L'arabe du futur 3L’Arabe du futur, une jeunesse au Moyen-Orient, Riad Sattouf, Allary, 20.90 €

Les premières années de la vie de Riad Sattouf, d’abord dans la Libye de Kadhafi, puis dans la Syrie d’Hafez Al-Assad, raconté avec son humour incisif ! Excellent !

Recommandé par Fabien

 


mauvais garçonsChristophe Dabitch et Benjamin Flao, Mauvais garçons, Historias de Soleas, Futuropolis, 29 €

Comment rendre en langage graphique la force et la subtilité de la musique ? Il y avait Rébétiko, sur la musique populaire grecque. Il y aura désormais Mauvais garçons, sur le chant flamenco.

« Quand je t’ai vue venir…
J’ai dit à mon coeur…
ça c’est une belle pierre…
pour trébucher.
 »


Benjamin Flao, Kililana song, Futuropolis, 28 €

Kililana intégraleVient de paraître l’intégrale de cette magnifique bande dessinée en couleur, dont les planches jouent sur tous les ressorts de l’art graphique. Le récit, qui se déroule dans l’archipel de Lamu, au Kenya, non content de camper des personnages solides et bien charpentés, aboutit insidieusement à une critique en règle du tourisme de masse. Présenté comme le moyen du développement économique de la région, la construction d’un port « est une malédiction pour tous les pêcheurs… ceux qui étaient déjà pauvres le sont encore plus. » Un grand et beau moment de lecture !

 

 


Mauvais genre, Chloé Cruchaudet, Delcourt, septembre 2013, 18.95 €

mauvaisgenre1915. Paul, fraichement marié à Louise, part au front. Blessé, il s’enfuit de l’hôpital et traumatisé, choisit de déserter. Caché chez lui pendant des mois, Paul tourne en rond. Une nuit, ne supportant plus l’enfermement, il se travestit avec une robe de sa femme et sort dans la rue. C’est ainsi que naît Suzanne et le début de ses aventures pendant une dizaine d’année. Les deux jeunes mariés vont dès lors vivre ensemble au grand jour sous l’identité de Suzanne et Louise, de quoi perturber l’identité et l’équilibre du couple. Tiré d’une histoire vraie, ce roman graphique poétique et sensuel est une réussite.


Quelques classiques :

Les petits ruisseauxBaudoin le voyage

Sélection Jeunesse

Cache-cache, Amaterra, 19€90

Cache cacheSe fondant dans une succession de décors au jardin et à la maison, un chiot joueur entraîne son lecteur dans une partie de cache-cache, ne laissant entrevoir à chaque page que l’esquisse d’un museau, d’une patte ou de sa queue… Petit bijou d’harmonie et de simplicité, Cache-Cache souligne formes et couleurs par son graphisme épuré, original et ludique. Dès 3 ans


J’ai perdu ma classe au musée parce que… Davide CALI, Benjamin CHAUD, Hélium, 12€50

J'ai perduUne fois n’est pas coutume, le dernier né de la série du binôme Davide Cali/Benjamin Chaud renoue avec l’imagination toujours exaltée de son jeune héros, Henri, et de son lot d’aventures abracadabrantes. Du détournement d’œuvres d’art aux clins d’œil historiques, un album hilarant dont les détails minutieusement travaillés raviront petits et grands !
Dès 6 ans


Des héros pour la terre : des citoyens qui défendent la planète, Isabelle CCOLLOMBAT, Actes sud junior, 16€50

Des héros pour la terrePartout à travers le monde, des hommes et des femmes ont décidé de s’engager localement, parfois au péril de leurs vies, pour protéger la planète et préserver les lieux qui leur sont chers. Par la défense de Notre-dame-des-landes, la lutte contre le braconnage des baleines ou la protection des droits des peuples indigènes, ces héros de la vie quotidienne font de ce documentaire un ouvrage des plus précieux. Dès 11 ans


Le jour où je suis partie, Charlotte BOUSQUET, Flammarion, 13€

Le jour où je suis partieFuyant un mariage arrangé, Tidir, une jeune marocaine, est fermement décidée à gagner Rabat, où une marche en faveur des Droits des femmes s’organise. Luttant pour sa liberté autant qu’en mémoire de son amie disparue, son périple lui fera découvrir bien des facettes de la société urbaine marocaine. De sa plume poétique et tout en tact, Charlotte Bousquet aborde un fait de société à la portée universelle.
A partir de 12 ans


Le rêve de Sam, Florence CADIER, Gallimard jeunesse, 4€90

Le rêve de SamDans le sud des États-Unis en 1952, il est difficile d’être exemplaire quand on est noir : Sam a dix ans lorsqu’il est arrêté sommairement pour s’être assis sur un banc réservé aux blancs. Cette injustice, loin d’être la première, va le pousser à s’investir dans la lutte que mène sa tante, Rosa Parks… Entre fiction et réalité, un roman instructif sur ce pan incontournable de l’histoire américaine.

Dès 12 ans


 9782848659084FSSonge à la douceur, Clémentine Beauvais, éditions Sarbacane, 15,50 €

En réinterprétant Eugène Onéguine de Pouchkine, Clémentine Beauvais nous livre une histoire d’amour moderne, tout en vers (libres!) : entre Eugène, dix-sept ans et Tatiana, quatorze ans, l’attraction est immédiate, ou presque ! Mais le caractère désabusé d’Eugène, ajouté à un drame familial, auront raison de leur complicité. Dix ans après, le hasard les fait se recroiser…

Un roman résolument malicieux, poétique, drôle et addictif !

Recommandé par Gwenaëlle & Sarah !

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Pierres qui pleurent

Danielle Martinigol, Les pierres qui pleurent, éditions ActuSF, 5€

Najoie et les jumeaux Tim et Pierrel vivent dans le château de Guedelon, ce château en construction depuis 1997 par des spécialistes afin de mieux comprendre les techniques du XIIIeme siècle.Ils seront rejoint en ce début d’été par Wally et Tessa, les deux enfants d’une historienne venue étudier un phénomène troublant. A Guedelon, certaines pierres « pleurent », de l’eau salée coulent de leurs jointures. Grâce à un chat casqué, le groupe d’amis remontera le temps pour enquêter directement à l’époque de Guedelon, en 1228.

Entre aventure fantastique, quotidien médiéval, et description du chantier actuel de Guedelon, ce livre ravira autant les lecteurs de Fantasy que les passionnés du moyen âge.

A partir de 8 ans.

Recommandé par Paco

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Alex Co9791023501803FSusseau et Philippe-Henri Turin, Charles amoureux d’une princesse, éd. Seuil Jeunesse, octobre 2015, 19,90 €

A quoi peut bien ressembler une princesse? Charles cherche la réponse dans une nouvelle aventure grandiose.

Recommandé par Sarah!

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Matthieu Sylvander, Perceval Barier, La Chambre de la fille, éd. Ecole des Loisirs, septembre 2015, 12,20

Madame Souris l’a décidé : monsieur Souris et elle auront deux enfants, un garçon et une fille ! Mais le destin en décide autrement, et madame Souris se lasse de voir la belle chambre qu’elle a décoré pour sa future fille inhabitée… et ordonne donc à la cigogne de l’emmener voir le Directeur en Chef des Naissances au centre de fabrication des bébés !

Une histoire drôle et mignonne sur le désir d’enfant, la fraternité et l’adoption.

A partir de 4 ans.

Recommandé par Laureline !

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Orianne Lallemand, Eleonore Thuillier, P’tit Loup, éd. Philippe Auzou, 4,95€

Après Le Loup, un autre adorable canidé apparaît au rayon jeunesse : P’tit Loup, version plus jeune et abordant des sujets plus proches des tout-petits. Du partage à la politesse, en passant par l’apprentissage de la propreté, P’tit Loup aide les parents à capter l’attention de leurs enfants grâce à de petits livres colorés et accessibles, drôles et attendrissants.

A partir de 2 ans.

Recommandé par Laureline !

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9782352901389Marie Sellier, Mates Limo, Brume et les Toucouleur, éd. Courtes et Longues, 19,90

Au commencement du monde tout était blanc. Puis vint le noir et ses traits, ses contours et sa mise en relief des choses. Mais trouvant ce monde sans nuances, les géants gris ont ajouté leur élégance et ont fait du monde une véritable gravure sobre et délicate. Tout semble parfait, les géants gris sont heureux…jusqu’à l’arrivée des Toucouleur. Trois frères : Azul, Ross et Yélo, débarquent dans ce monde beau et raffiné, mais qui à leur goût manque de fantaisie ! C’est donc plein de bonne volonté et de vivacité que les trois énergumènes vont peindre la Terre et tout ce qu’elle contient aux mille nuances de couleurs qui leur passent par la tête. Mais si le résultat est rafraîchissant et énergique, il ne plaît pas à tout le monde…et encore moins à Brume, mystérieuse petite fille grise réfractaire à la couleur.

Un album haut en couleurs et en poésie, où la tolérance des goûts (et des couleurs !) est enseignée avec douceur et humour et où certaines pages ressemblent à de petites œuvres d’art. Pour un apprentissage coloré des nuances et de l’entraide, à faire découvrir aux 6 ans et plus.

Recommandé par Laureline !

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mordicusDidier Levy, Marie Novion, la véritable histoire du grand méchant Mordicus, éd. Sarbacane, 14.9€

Un drôle de petit animal, un peu loup, un peu renard peut-être, part à la recherche de ce grand méchant Loup Mordicus, malgré les mises en garde des habitants de la forêt. Mais pourquoi tient-il tant à aller à la rencontre du danger ?
Voilà un bel album, plein d’aventure et de tendresse, qui est avant tout un appel à la tolérance !

Recommandé par toute l’équipe !
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Jandysoleilestpourtoi Nelson, Le Soleil est pour toi, éd. Gallimard, mars 2015, 15,90 €

A travers ce roman jeunesse plein de couleurs, Jandy Nelson aborde de nombreux thèmes comme le chagrin, le deuil, la gémellité, l’homosexualité, l’art ou encore la rivalité. Loin des clichés adolescents, l’auteure fournit un texte juste grâce aux héros qu’elle y fait évoluer.

Noah et Jude sont jumeaux et c’est alors qu’ils ont 13 ans et toute la vie devant eux que nous les rencontrons. Ils ont des problèmes, certes, mais chacun à leur manière ils s’évadent : Noah par la peinture et le dessin, Jude par le surf et la sculpture. Leur mère décide de les inscrire à l’IAC, une école d’art réputée… mais bien sûr, rien ne se passe comme prévu. On retrouve Jude 3 ans plus tard, éloignée de son frère, superstitieuse, renfermée et hantée… par sa mère et des secrets enfouis.

Mêlant une pointe de fantastique, de l’humour, mais surtout des sentiments vrais, Le Soleil est pour toi est une véritable pépite à mettre entre les mains des jeunes dévoreurs de livres !

A partir de 13/14 ans.

Vivement recommandé par Laureline !

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9791023502886FSLe seul et unique Ivan, Katherine Applegate, éd.Seuil jeunesse, janvier 2015, 12.50 €

Ivan est un gorille, mais il n’a rien d’une bête sauvage. Né dans la jungle, il a été enlevé à sa famille lorsqu’il n’était encore qu’un bébé. Elevé par un couple durant son enfance, il est ensuite placé dans la ménagerie d’un centre commercial oublié de tous. Accompagné de ses amis Stella la vieille éléphante et Bob le chient errant, de sa télévision et de ses peintures, Ivan vit paisiblement sa vie de « Dos Argenté » en cage…jusqu’à l’arrivée de Ruby, une petite éléphante innocente et fragile. Cette dernière va boulverser la vie du gorille, qui se donnera pour mission de lui offrir une vie meilleure en quittant ce lieu triste. Pour cela, il devra faire preuve d’imagination, de créativité, et de courage !

Dans ce roman jeunesse, Katherine Applegate nous offre une fresque poétique et pleine de bon sens de la vision des animaux sur les hommes et des conditions de traitements des bêtes en ménagerie. Loin d’entrer dans le pathos, elle fait entrer le lecteur dans la tête d’Ivan et souligne les incohérences et manies humaines que nous avons parfois du mal à comprendre nous-même. Drôle et touchant, Le seul et unique Ivan se laisse dévorer sans modération et peut plaire aux petits comme aux plus grands !

Recommandé par Laureline et Sarah !

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Steve Apetitmotmagiquentony, Un petit mot magique, éd. Gautier Languereau, 14 €

Un gentil panda aimerait bien offrir ses délicieux donuts, mais tout de même, pas à n’importe qui ! Un peu de politesse s’impose… qui va enfin prononcer le petit mot magique ?

Tout mignon et instructif, à partir de 2-3 ans.

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foliedesgrandeursKathrin Schärer, La Folie des grandeurs, Minedition, 14,20 €

Cette espiègle petite souris voit les choses en grand et aimerait en avoir toujours plus !
Mais comment faire pousser et grandir les petites choses qu’elle aime, dans la terre comme les légumes peut-être ? Mais si telle façon ne marche pas, il ne tient qu’à elle d’en expérimenter une autre !

Drôle et intelligent, à découvrir dès 3 ans.

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voixdelameuteGaia Guasti, La voix de la meute, éd. Thierry Magnier, 14,50 €
2 tomes parus, le 3e à venir en mars.

« Depuis qu’ils ont été attaqués par des chiens sauvages, Mila, Tristan et Ludovic ne sont plus les mêmes. Une étrange force les transforme. Mais que se passe-t-il dans leurs corps ? Ils n’osent prononcer les mots qu’ils ont tous en tête. Qui croirait à leur histoire de loup-garou ?
Une trilogie subtile et mordante. »

A partir de 13 ans.

Recommandé par Sophie !

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Sélection Littérature janvier- février 2015

9782843047251FSComme tous les après-midi, Zoyâ Pirzâd, éd. Zulma, janvier 2015, 7,95 €

En dix-huit tableaux épinglant les gestes millénaires des femmes iraniennes au fil des saisons et des générations, Comme tous les après-midi décrit les bruits de vies minuscules. S’occuper des enfants et de la maison,  discuter avec la voisine, préparer le riz pilaf et le ragoût, attendre l’époux, un refrain que Zoyâ Pirzâd, par la sobriété de son écriture, transcende. L’auteur dit le temps qui passe, le bonheur et les chagrins, la transmission et les rêves. C’est beau, poétique, frais, se boit comme du petit lait et on relit certaines nouvelles, charmé.

Recommandé par Sarah !

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9782070462353FS

La Garçonnière, Hélène Grémillon, éd. Gallimard, décembre 2014, 7,50 €

Inspiré d’une histoire vraie, ce roman nous entraîne dans l’Argentine des années 1980, période post-junte militaire. Dans un pays encore traumatisé par les violences perpétrées par la dictature militaire de la fin des années 1970, une femme est retrouvée morte. Lisandra, belle danseuse de tango, éperdument amoureuse de son mari qui ne faisait plus assez attention a elle, a-t-elle été assassinée ? C’est ce que la police croit lorsqu’elle décide d’accuser Vittorio, l’époux, persuadée de sa culpabilité. Car, en effet, quel meurtre est plus évident que le crime passionnel ? Cependant, c’était sans compter sur Eva Maria, ancienne patiente du docteur, qui décide de ne pas le laisser tomber et de chercher pour lui le meurtrier. S’ensuit une enquête douloureuse, menée par une femme torturée par ses propres démons, qui tantôt refuse l’évidence, tantôt construit ses propres preuves.

Véritable pépite stylistique, La Garçonnière nous tient en haleine et nous fait frissonner du début à la fin. En nous entraînant dans les méandres de la pensée humaine à travers ses personnages plus humains que jamais, Hélène Grémillon aborde les thèmes de la jalousie, de la perte d’un être cher, de l’adultère, de la dépendance affective et de la paranoïa. Parfois même, elle nous met face à un miroir, dont nous préférons bien souvent éviter le reflet…

Recommandé par Laureline !

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Seconde 9782351762783FSPeau, Uzma Aslam Khan, Galaade, janvier 2015

Se déroulant dans les montagnes du nord-Pakistan, où les glaciers s’unissent amoureusement pour donner naissance à l’eau douce des vallées, Seconde Peau est un magnifique roman initiatique qui mêle amour et quête d’identité.

 Nadir, jeune photographe pakistanais, et la belle Farhana, s’envolent pour le « Pays de purs ». La jeune femme, d’origine pakistanaise mais élevée aux États-Unis, souhaite découvrir ce pays qu’elle n’a jamais connu. A Karachi, ils découvrent un pays presque en état de siège, quadrillé par les convois militaires mais poursuivent leur itinéraire. Alors que le jeune homme s’interroge sur son amour, la jeune femme, passionnée par les glaciers, trépigne de partir à l’assaut des hauts sommets. Irfan, ami d’école de Nadir, et Wes, chercheur et collègue de Farhana, sont de la partie. Sur les pentes de la « Reine des montages », Malika Parbat, une rencontre avec une tribu de nomades, les Gujjar, va bouleverser à jamais leur existence.

Habitées par de nombreuses légendes, Seconde peau est un roman passionnant sur la question des origines et de l’appartenance. Dans ce pays en mutation, état jeune sur des terres millénaires, habité par de nombreuses populations nomades dont l’ancestrale liberté de mouvement est menacée, les deux jeunes amants éprouveront l’altérité, la peur et le désespoir. Symbole des tensions entre un mode de vie séculaire et un monde qui va trop vite, entre les autochtones et les étrangers, entre l’Orient et l’Occident, la vallée de Kaghan cristallise les luttes pour le droit à la différence.

Seconde peau est aussi un magnifique ode à la nature sauvage et solitaire du Pakistan, à ces pâturages verts et glaciers bleus, à ses pics dépassant les cinq mille mètres, à l’antique route de la soie et à sa population vagabonde.

Vivement recommandé par Sarah !

(article paru dans Page)

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Analautinyser la situation, Pierre Autin-Grenier, Finitude, 2014, 13.5 €

« Non, jetant un oeil à la dérobée dans le rétroviseur je vois bien qu’il y a pas mal de brumes et comme un certain flou artistique, et si je regarde droit devant, alors l’image n’est pas très nette non plus et toute l’aventure semble plutôt aller à vau-l’eau. »

Les derniers textes du regretté Pierre Autin-Grenier – plus que jamais empreints de cet humour doux-amer qui étaient sa marque.

Recommandé par Fabien

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Sélection littérature novembre- décembre

9782351763384FSL’Autre Turquie, éd. Galaade, octobre 2014, 25 €

 L’éditeur Galaade poursuit son travail d’exploration vers la Méditerranée et son dialogue entre l’Orient et le monde occidental avec L’Autre Turquie – Reportages littéraires. À travers une cinquantaine de récits de voyage ou de reportages écrits entre les années 1930 et 2014, nous voyageons du pont de Galata, à Istanbul, aux rivages de la Méditerranée et de la côte égéenne, de la mer Noire à l’Anatolie, sans oublier Ankara. Mêlant considérations historiques, géographiques et anthropologiques, L’Autre Turquie est le livre idéal pour qui veut partir à la découverte des multiples visages de ce pays et de sa littérature, loin des sentiers battus. Si vous souhaitez mettre au jour les secrets du pichti, siroter un lüfer ou naviguer sur le Bosphore en vapur, embarquez dans cette nouvelle anthologie, magnifique invitation au voyage.

Recommandé par Sarah !

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Jim Grace, 9782743628871FSL’étreinte du poisson, éd. Rivages, septembre 2014, 8.50 €

Au milieu des dunes battues par les vents, les corps sans vie d’un couple de zoologistes sont retrouvés. Ce qui devait être un pèlerinage amoureux sur les lieux de leur rencontre trente ans plus tôt se transforme en veillée funèbre. Les jours passent et les corps subissent les assauts de la météo et des bêtes, crabes et mouettes en tête, habitant la plage. Et tandis que la mort opère ses ravages, Jim Grace remonte le fil du temps en retraçant l’existence de ces deux scientifiques, en revenant sur les scènes fondatrices de leur histoire et c’est magnifique. Réflexion sur le temps qui passe, le vieillissement, les renoncements et joies d’une vie, l’usure des sentiments et des chairs, L’étreinte du poisson est une très belle célébration tantôt lyrique tantôt hyperréaliste , toujours poétique, de la vie et de l’amour, de notre présence au monde.

Recommandé par Sarah !

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Nancy H9782330037185FSuston, Bad Girl, éd. Actes Sud, octobre 2014, 20,00 €

Consciente des écueils du discours sur soi, Nancy Huston met en place dans Bad Girl – Classes de littérature un mode de narration original, surprenant au premier abord mais diablement séduisant : l’« autobiographe intra-utérine ». L’auteure raconte l’histoire de sa vie à la lumière de l’abandon de sa mère, en apostrophant et interrogeant, sur le mode vocatif, le fœtus non désiré qu’elle fut, dénommé Dorrit : « La deuxième personne sera toujours celle que tu préfères, car il n’y a pas assez de place dans le monde pour le je […], c’est pourquoi, livre après livre, tu diras you, you, you et tu, tu, tu ».

Marquée par des déménagements successifs, la solitude de longues journées silencieuses et l’absence de sa mère, merveilleuse mais évanescente, partie poursuivre des études au loin, Dorrit va faire « de son mieux pour être Ailleurs ». Pour cette petite fille qui se dit mauvaise et ratée, taraudée par de multiples questions sans réponses, investir le domaine des mots et des sons est une question de survie. Dès lors, Dorrit lira matin et soir. Bercée dans un bruissement de voix ininterrompu elle transformera sa vie de tous les jours en roman. Elle s’inventera aussi une amie imaginaire, sautera une classe, excellera au piano, grandira, écoutera Nat King Cole puis les Stones et jouera les mignonnes pour se faire remarquer, sans jamais cesser de correspondre avec sa mère. Sur les sables mouvants de l’enfance, ces changements, expériences et histoires seront autant de « classes de littérature ».

De la même façon, l’auteure, consciente que « nous poussons sur un arbre généalogique » et que notre sensibilité, langue et manière de penser sont en partie modelés par les êtres qui nous entourent enfant, va convoquer sa descendance pour mieux se dire. Entre un arrière-grand-père « complètement barjo », une grand-mère féministe avant l’heure qui quitte sa famille pour travailler au loin, un grand-père pasteur, une tante missionnaire, un père aimant mais malade et débordé et une belle-mère allemande, il y a de quoi chercher sa place ! C’est précisément cet héritage que l’auteure explore, cherchant des analogies, se voyant soi-même à travers les yeux des autres, pour comprendre ce qu’elle est.

À travers la trajectoire de la jeune Dorrit s’inscrit ainsi, en creux, les thèmes fondateurs de l’œuvre de Nancy Huston, comme l’avortement, la maternité, la féminité et le diktat de la beauté, l’exil, la crainte de l’immobilisme, la transmission, le mensonge et la musique guérisseuse… Autant de sujets que l’auteure réinterroge avec des références littéraires (Annie Ernaux, Gary, Weil, Beckett), artistiques (Camille Claudel, Anne Truitt) et ses propres écrits. Plongée dans l’intériorité, Bad Girl – Classes de littérature est un récit dense et passionnant, à l’écriture puissante, qui nous éclaire sur le parcours littéraire de Nancy Huston. Il s’agit aussi d’un récit généreux, humain et engagé, d’une femme qui, enfant, ne se trouva pas dans les yeux de sa mère.

Recommandé par Sarah !

(Article paru dans Page des Libraires)

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Kobra

Déon Meyer, Kobra, éd. Seuil, octobre 2014, 22,00 €

Une nouvelle enquête de l’inspecteur Benny Griessel, toujours aussi palpitante ! Avec l’Afrique du sud contemporaine en toile de fond, magouilles internationales et enjeux personnels, un bon polar pour nuit d’insomnie !

Recommandé par Sophie !

 

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Littératures de l’imaginaire


Au bal des actifsAu bal des actifs ; Demain le travail, La Volte, 20€

Quoi de plus attrayant que de penser au travail pendant ses vacances ? Au bal des actifs permet de penser le travail, demain. Des propositions actuelles pour des futurs possibles. Quand 12 auteurs de science fiction parmi la fine fleur de l’imaginaire français (Leo Henry, Alain Damasio, Stephane Beauverger…) inventent les mutations de notre société, cela donne un recueil d’une rare puissance.


Point du jourPoint du jour, Léo Henry & Stéphane Perger, Scylla, 10€
Leo Henry est un créateur d’univers. Comme pour le cycle de Yirminadingrad, Point du Jour nous conte l’histoire d’une ville fictive, dans un futur post apocalyptique. Suivez les tribus de pêcheurs de conserve, ou les clans d’hommes taupes qui survivent sous la surface. Dans ce recueil de nouvelles, laissez vous porter par une écriture et une ambiance que Blaise Cendrars et Volodine auraient pu créer conjointement. De la très grande littérature.


Cthulhu !, Patrick Marcel, Les Moutons électriques, 19€

cthulhuNe doutons plus de l’existence des grands anciens, ces divinités horrifiques qui dorment sous les glaces terrestres. Ne pensons plus une seule seconde que les shoggoths ne sont que des inventions pour faire peur aux enfants. Gardez à l’esprit que des cultistes fous parcourent le monde pour rendre sa superbe à leur prophète Cthulhu.
Passionnant, érudit et d’une agréable facilité d’accès, cet essai est un indispensable pour se replonger dans l’œuvre de H. P. Lovecraft.
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Le théâtre des dieux, Matt Suddain, Au Diable Vauvert, 27€

Le théâtre des dieuxDans Le théâtre des dieux, nous suivons Francisco Fabrigas, un explorateur du multivers, parti sur son bateau spatial, avec à son bord une fillette aveugle, un capitaine adolescent, une charmante botaniste, un jeune homme sourd aux pouvoirs gigantesques et bien d’autres encore…
A travers cet hommage foisonnant au roman d’aventures de Stevenson et autres récits de piraterie, Matt Suddain nous offre un univers gargantuesque. Le roman d’été pour voyager à travers l’univers.

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Superposition, David sUPERPOSITIONWALTON, ActuSf, 20 €

Jacob Kelley est dans une bien mauvaise passe. Il doit mener de front un procès très médiatisé et échapper à la police pour mener sa propre enquête. Une chance pour lui : depuis un incident quantique qui a mené à la mort d’un ami, il s’est dédoublé ! Mais est- il le seul à être deux ? Un thriller de science-fiction où la physique quantique, remarquablement vulgarisée, joue un grand rôle, et où les lignes de nos certitudes vacillent puis s’effondrent.

 

 


Water Knwater knife bacigallupiife, Paolo BACIGALUPI, Au diable Vauvert, 23 €

Dans un futur proche, de nombreuses catastrophes écologiques rendent extrêmement difficile l’accès à l’eau. Les déserts avancent, les tempêtes de sables se succèdent, et la guerre pour l’or bleu fait rage autour du fleuve Colorado. Dans l’agonie de la ville de Phoenix vont se croiser Angel, mercenaire, et Lucy, journaliste du désastre. De la grande anticipation qui assèche la gorge et fait suffoquer le lecteur, de chaleur et de plaisir.


Chimèrechimere captive captive, Mathieu RIVERO, Naos, 14 €
Arrivant tout juste d’outre-mer, Céleste doit maintenant trouver un appartement à Lyon avant le début des cours à l’université. Une préoccupation très ordinaire d’étudiant. Mais très vite, son quotidien va devenir autrement plus passionnant le jour où elle découvre pouvoir naviguer dans les rêves, et les modeler à sa guise. Un beau roman de fantasy se déroulant à Lyon, poétique et créatif, sensible et drôle. A lire de toute urgence à partir de 14 ans.

 


 

platteau

Stefan Platteau, Le sentier des astres T1 (Manesh, Editions J’ai Lu , mai 2016, 9.90€) et T2 (Shakti, éditions Les Moutons Électriques , mai 2016, 23€)

Remontant le fleuve, un groupe d’homme progresse lentement dans leur quête du Roi Diseur, oracle qui pourrait inverser le cours de la guerre ravageant leur royaume.
Ils occupent leurs longues soirées en narrant leurs origines et leurs histoires à la façon des légendes orales du Kalevala.
Suivez donc dans ce huis clos fluvial l’haletante histoire de Manesh, le bâtard solaire, ou celle trouble de Shakti, la courtisane renégate.
Une fantasy de haut vol qui nous emmène dans un monde riche, le tout porté par une langue des plus belles.
Platteau, par ces deux premiers romans se place déjà aux cotés des plus grands noms de la fantasy francophone.

 

 


 

la fenètre de dianedouay

Brume de cendres et La fenêtre de Diane, Dominique DOUAY, Les moutons électriques, 14 € et 23 €

Quelque part dans la Protée, une planète nommée le Livre sert de mémoire à l’histoire de toutes les terres qui composent cet univers. Grâce aux « marques-pages » qui la sillonnent, il est possible de visionner ses passés et futurs innombrables. Nous serons tour à tour adolescents vivants en gang sur des mondes détruits, rockstar dans un univers souterrain, homme d’affaire dans une société proche de la nôtre, loin de découvrir comment manipuler le temps. Deux romans qui rappellent que les français peuvent aussi faire de la grande science-fiction.

Un coup de cœur de Paco

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Printemps 2015

docteursleepStephen King, Docteur Sleep, éd. Albin Michel, mars 2015, 8,90 €
Plus de 35 ans après son roman Shining, Stephen King nous régale avec un nouveau roman d’horreur frissonnant à souhait. On y retrouve Danny Torrence, le petit garçon sorti indemne de l’incendie de l’Overlook Palace. Devenu adulte, il noie les visions causées par ses pouvoirs surnaturels dans l’alcool et semble aussi perdu que son défunt père. Après plusieurs années de déambulations, il atterrit dans une petite ville où son destin croisera celui de la jeune Abra, 12 ans, elle aussi dotée de pouvoirs et poursuivie par d’étranges voyageurs…

Avec Docteur Sleep, King nous offre de quoi se terrer sous la couette par mauvais temps et donne une suite moderne et très bien construite de Shining. A la fois ancré dans le réel et pourvu de scènes diaboliques, ce livre prouve encore une fois la capacité de l’auteur à nous conter des histoires de vie saupoudrées de magie.

Recommandé par Laureline !

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Deux nouveaux titres dans l’excellente collection Dyschroniques du Passager Clandestin, qui refait vivre de courts textes de science-fiction ou d’anticipation qui sont parfaitement d’actualité, « lorsque les futurs d’hier rencontrent notre présent » !

retombeesJean-Pierre Andrevon, Les retombées, 7 €

« En 1979, Jean-Pierre Andrevon imagine un coin de France,le jour d’Après. »

 

 

gaspilleursMark Reynolds, Les gaspilleurs, 7 €

« En 1967, Mark Reynolds imagine l’émergence d’un complot contre le progrès économique. »

 

A peu près tous les titres de la collection sont recommandés par Sophie !

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vaisseaudesvoyageursRobert Charles Wilson, Le Vaisseau des voyageurs, Folio SF, 9 €

Voilà un an qu’un immense vaisseau plane au-dessus de la Terre, sans qu’aucun contact ne puisse expliquer sa provenance ou ses intentions. Jusqu’au jour où chaque humain, dans chaque pays, se voit soumis à un choix radical… magnifique ou terrifiant ?
Avec la maîtrise à laquelle R.C. Wilson nous a habitué, nous voilà plongé dans une aventure palpitante, où la science fiction n’est qu’un prétexte pour plonger dans les tréfonds de l’âme humaine.

Recommandé par Sophie !

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eclatdegivreEstelle Faye, Un éclat de givre, éd. Moutons électriques, 21,00 €

Dans un futur où la vie a retrouvé son chemin après les dérèglements climatiques, la pollution et les excès de modifications génétiques, un chanteur de cabaret – travesti, bisexuel et en quête d’amour – se retrouve héros malgré lui !
Une aventure palpitante, une ambiance originale et des personnages attachants : tout est là pour notre plus grand plaisir !

Recommandé par Sophie !

 

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En cette rentrée 2014, notre rayon Science-Fiction/Fantasy/Fantastique a pratiquement doublé de volume ! Parce que pour moi, les littératures de l’imaginaire sont parfois un moment d’aventures et d’évasion, parfois un moyen de réfléchir sur nous-mêmes et notre société, et souvent un domaine où s’expriment des plumes originales !
Vous y trouverez bien sûr toujours nos plus gros coup de cœur, d’Alain Damasio à Jean-Philippe Jaworski, aux côtés des classiques ou de quelques « blockbusters », et une foule d’auteurs moins connus à venir découvrir !

Pour démarrer cette nouvelle section, voici un petit panorama de coups de cœur !

 

eveilleviathanJames S. A. Corey, L’éveil du léviathan – The Expanse 1, éd. Actes Sud, juin 2014, 23,80 €

La Terre a totalement colonisé le système solaire et les humains se sont adaptés aux différentes conditions de vie de façon si différente qu’un racisme primaire règne entre chaque « colonie ». Mais ils n’ont toujours pas trouvé de réponse à la question d’une éventuelle vie extraterrestre, et tout ce qui est extérieur au système solaire reste inconnu.
Lorsqu’un vaisseau de transport est détruit sans explication, les rescapés vont ouvertement accuser Mars, et les tensions vont vite s’amplifier et dégénérer. Quant à cela s’ajoute d’étranges tentatives d’entrave à l’enquête sur la disparition d’une jeune héritière, les mésaventures d’un flic dépressif et de ces rescapés trop bavards vont se télescoper sans doute pour le pire sort de l’humanité.
Voilà un space opera complètement addictif, à l’ambiance obsédante !

Recommandé par Sophie !
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hordeducontreventAlain Damahordeducontreventvoltesio, La Horde du contrevent, éditions La Volte, 28,40€ (avec CD) ; collection Folio SF, 9,95 €

« Je ne sais pas comment ça s’est passé à ce moment-là. J’ai juste senti le vent faiblir, parce que Golgoth, le neuvième du nom, fils teigneux de sa royale lignée, dans un terrible sursaut d’orgueil, avait décidé de se relever – et d’avancer ! »

Dans un monde balayé par les vents, chaque génération envoie sa « horde » contrer les tempêtes, zéfirine, slamino, crivetz ou furvent, traverser le monde d’aval en amont, pour découvrir la source, et les formes du vent. Trouver l’Extrème Amont et la neuvième forme sera toute la vie de cette trente-quatrième horde, que l’on suit avec passion et fureur.
Un roman foisonnant et sans faux-pas, où l’aventure se mèle à la philosophie et la poésie à la politique. Comment ne pas se laisser emporter dans ce récit qu’on a envie de lire et relire, de savourer et de dévorer ? Un roman déjà plus qu’original en lui-même, et qui est en plus accompagné d’un CD audio, véritable « bande originale du livre », musique envoûtante qui fait vivre toutes les ambiances du roman, dans sa première édition, à La Volte…

« A l’origine fut la vitesse, le pur mouvement furtif, le « vent-foudre ».
Puis le cosmos décéléra, prit consistance et forme, jusqu’aux lenteurs habitables, jusqu’au vivant, jusqu’à vous.
Bienvenue à toi, lent homme lié, poussif tresseur des vitesses. »

Sans doute un de nos plus gros coup de coeur.
Très vivement recommandé par Sophie&Fabien !
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gagnerlaguerreJean-Philippe Jaworski, Gagner la guerre, éditions Moutons éléctriques, 29 € ; collection Folio SF, 13,30 €

Entre Conan le Barbare et Le Prince de Machiavel, on se fait happer dans les aventures d’un soldat espion malmené par ses missions et les intrigues politiques des grands familles qui se déchirent le pouvoir.
Palpitant !

Recommandé par Sophie !

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planetealouerYoss, Planète à louer, éditions Mnémos, 9,9 €

Alors qu’une guerre nucléaire totale est sur le point d’éclater, et afin de sauver la Terre, des extraterrestres en prennent possession. Ils y imposent des règles draconiennes visant à rétablir l’équilibre écologique.
Un siècle plus tard, notre planète est redevenue un paradis, un « monde souvenir », où les riches xénoïdes viennent faire du tourisme. Mais les conditions de vie des Terriens sont loin d’être idylliques.
Buca, la prostituée, Moy, l’artiste métis ou Alex, le scientifique de génie, tous n’aspirent qu’à une seule chose : fuir, partir, s’exiler, quitter la Terre par tous les moyens !
De l’excellente science fiction politique par un auteur cubain, qui tient à préciser que « Toute ressemblance entre la Cuba des années 1990 et cette terre du XXIe siècle est purement intentionnelle » !

Recommandé par Sophie !

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americangodsNeil Gaiman, American Gods, éditions J’ai Lu, 8,90 €

Un homme, tout juste sorti de prison pour assister à l’enterrement de sa femme, va se retrouver au milieu d’un conflit qui le dépasse… Les anciens dieux mythologiques font face aux nouvelles idoles de l’Amerique moderne.
À la croisée des genres, d’une écrire vive et onirique, Neil Gaiman nous entraine dans un roman passionnant et fascinant !

Recommandé par Sophie !
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assassinroyalRobin Hobb, L’Assassin royal, éditions J’ai Lu (série longue !)

Fitz, bâtard du Prince Chevalerie, se débat entre ses origines, ses dons de bête sauvage et les enseignements qu’on veut lui transmettre – l’Art, le pouvoir de l’esprit, et sa formation d’assassin au service du Roi.
Un héros attachant, un récit tour à tour épique ou intime, une véritable aventure qui prend le lecteur et ne le lâche plus !

Recommandé par Sophie !

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Littératures africaines

9782843048012FS

Belle merveille, James NOEL, Zulma, 16.50€

Chant incantatoire, sur le séisme du 12 janvier 2010, Belle merveille  est une célébration hors-norme de la vie, un hommage puissant et émouvant au pays natal et à ses habitants, à la langue de feu. Une explosion de vitalité, d’érotisme et de sexe. Inventif et caustique, un texte météore qui fait jaillir de la tragédie les délices orgiaques de la vie.


Rapatr9782021344516FS (1)iés, Néhémy PIERRE-DAHOMEY, Seuil, 16€

Dans un quartier appelé Rapatriés, petit bout de terre désolé réservé aux infortunés qui n’ont pas réussi à rejoindre des rivages lointains, vit Belliqueuse Louissaint, jeune Haïtienne, et sa famille. Pour ces boat people, les conditions de vie sont difficiles. Il n’est pas toujours facile de joindre les deux bouts. Belli est alors contrainte de faire adopter ses deux filles, Bélial et Luciole. Des années plus tard, alors qu’Haïti aura violemment tremblé entre-temps, l’une de deux jeunes filles part à la recherche de sa mère.

Récit d’exils intérieurs et extérieurs, Rapatriés est porté par un personnage féminin tellurique inoubliable, au destin aussi tragique que la terre qui l’a vue naître. La filiation, l’amour, la folie, la maternité et la violence y sont interrogés au gré des épreuves des personnages, dans une langue inspirée et rythmée. Un premier roman impressionnant et bouleversant, qui célèbre la mémoire des corps, des terres et des âmes.


9782330069131FS

Baba Segi, ses épouses, leurs secrets, Lola SHONEYIN Actes sud, 22€

Quand l’une des nouvelles voix de la littérature nigériane s’empare d’un sujet de société qu’est la polygamie, le résultat est détonnant ! Une histoire truculente et enlevée, portée par quatre femmes au verbe haut, qui dénonce la condition féminine dans ce grand pays africain. Lola Shoneyin épingle avec humour, audace et finesse, les faux-semblants de son pays.


Tout s’ef9782330070403FSfondre, Chinua ACHEBE, Actes sud, 7,70€

Traduit dans une cinquantaine de langues et vendu à plus de 12 millions d’exemplaires, le chef-d’œuvre de Chinua Achebe intitulé Tout s’effondre, en référence au magnifique poème de W. B. Yeats « The second coming », est un phénomène éditorial mondial. Le livre est devenu un classique à l’époque où il fut publié. Le cinquantenaire de sa parution a donné lieu à de nombreuses commémorations. Un incontournable en somme. Récit d’une tragique défaite, il raconte le déclin de l’Afrique précoloniale sous la poussée des envahisseurs européens. Comment le quotidien immuable d’Okonkwo, puissant et valeureux seigneur du clan ibo, s’écroule avec l’irruption brutale des Blancs dans un village du Nigeria. Loin des récits nostalgiques d’une Afrique primitive et candide (le monde dans lequel évolue le héros est lui aussi cruel), Tout s’effondre est un témoignage ethnologique unique, mais c’est aussi une fable en actes, ingénieuse et chargée de sens, au langage universel. À découvrir de toute urgence.

*Pages des Libraires 181


Lagos L9791022604536FSady, Leye ADENLE, Métailié, 20 €

Nouveau venu dans la galaxie du polar, Leye Adenle nous embarque pour une virée électrique au cœur des quartiers chauds de Lagos qui dévorent les vies et les immondices. Un polar survolté dénonçant la condition féminine et qui déconstruit avec humour le poncif d’une Afrique barbare.

Pour lire un entretien avec l’auteur :

http://www.pagedeslibraires.fr/dossier-834/la-dame-en-noir.html

Recommandé par Sarah !


9782702144756FSN’ba, Aya CISSOKO, Calmann Lévy, 17€

Savoir d’où l’on vient, tel est le fil rouge du nouveau roman de l’ancienne championne du monde de boxe. Et ce en racontant sa mère, ba en bambara, qui vient de mourir. Dans un flot de souvenirs, l’auteur revient avec une simplicité forte et bouleversante sur la vie de cette dernière, qui malgré une vie d’épreuves successives, garda toujours la tête haute et le verbe haut. Née au Mali, elle rejoint son mari en France au milieu des années 1970. A travers des chapitres thématiques (Tu frottes bien ! La France, L’entremetteuse,…) sont contés la solitude, l’éducation des enfants, le foyer de Montreuil, les discussions dans la langue du pays natal mais aussi la perte d’êtres chers, l’attachement à la communauté et les gestes qui rattachent à la vie d’avant. Immersion dans la diaspora africaine et portrait-hommage à la mère qui s’est assumée envers et contre tout, N’Ba constitue un retour passionnant sur les femmes d’Afrique, piliers de la famille, même loin de chez elles.

*Page des Libraires


Les br9782848765068FSasseurs de la ville, Evains WECHE, Philippe Rey, 17 €

Dans le roman d’Evains Wêche, la vie est coriace dans la tentaculaire capitale haïtienne et on vit à l’heure du brassage, de la débrouillardise. Le bruit et les rumeurs font la pluie et le beau temps et l’art d’esquiver est nécessaire pour éviter les piétons, les étalages de marchandises et les odeurs d’immondices. Afin de survivre, on enchaîne les petits commerces pour « faire marcher le moulin, remplir les tripes et tuer la mort au jour le jour » et on magouille. C’est cette rengaine que raconte le jeune auteur à travers le quotidien d’une famille de Carrefour, commune située à la périphérie sud de Port-au-Prince. Lui est maître pelle sur un chantier, elle est marchande ambulante de serviettes et bonne à tout faire. Ils tentent d’élever tant bien que mal leurs cinq enfants. Avec son brevet en poche et ses longues jambes, l’aînée Babette est l’unique espoir de ses parents. Le jour où un certain M.Erickson jette son dévolu sur la ravissante adolescente, le destin de la fratrie bascule jusqu’au point de non-retour. Sur fond de trafic d’influence, de désinformation de la population et de combines entre le gouvernement et les ONG (un des personnages compare Haïti à « une putain que les membres de la communauté internationale se passeraient à tour de rôle »), Evains Wêche, à travers cette descente en enfer, donne à voir une réalité : la survie au jour le jour. Et de son écriture rythmée et colorée, pleine d’inventivité, dénonçant les états de fait, il donne voix à un peuple qui gronde.


9782330058753FSKannjawou, Lyonel TROUILLOT, Actes sud, 18€

Dans une société où la littérature et la politique sont inextricablement liées, Lyonel Trouillot ne fait pas office d’exception. Ces mots sont des charges. Dans son dernier roman Kannjawou, il raconte son pays, l’un des plus pauvres au monde, meurtri par des décennies d’instabilité politique, et fustige son occupation par les forces militaires et les ONG, sous contrôle de la communauté internationale. On ne chasse pas des soldats avec des mots, comme le souligne Sentinelle des pas perdus, le sagace narrateur du roman, mais il est parfois nécessaire « de tout consigner » quand cela va mal. Ainsi, posté dans la rue de l’Enterrement, cette vigie inébranlable raconte le quotidien dans une terre où la richesse et la pauvreté se livrent une guerre de mouvement. La violence et l’exclusion sociale. Les bottes ennemies. Le cimetière et ses deux visages : le jour, les cortèges et les fanfares, la nuit, les coups de pioche des voleurs de cercueil. Et à travers sa voix, c’est toute une galerie virevoltante de personnages qui entre en scène, à commencer par ses amis, la fameuse « bande des cinq », dont il fait parti. Liés depuis l’enfance, ils devisent sur la marche du monde et leur avenir. Fantasmant d’improbables révolutions, ils tentent aussi d’instaurer un peu de justice sociale en créant avec quatre bouts de tôle une association culturelle pour les jeunes du quartier. Ainsi, autour du narrateur, étudiant qui passe son temps à cogiter sur la logique des parcours individuels, de Popol, son frère silencieux, de Wodné, militant révolté à la pensée radicale, et de Joëlle et Sophonie, deux sœurs broyées par les pressions sociales, il y a aussi l’inoubliable Man Jeanne, doyenne et mémoire de la rue, qui verse du pissat de chat sur la tête de ses ennemis. On découvre aussi le petit professeur, intellectuel qui travaille sur une histoire de la gauche et des mouvements progressistes. A cette rue de l’Enterrement, emblématique de ce microcosme, s’oppose le bar « Kannjawou », fréquenté par « les occupants » et « assistants aux occupants ». Ces expatriés, qui viennent s’encanailler et boire l’argent produit par le malheur des locaux, changent régulièrement de poste, « au nom de la démocratie et du principe de rotation, et pour que toutes les nations en profitent ». Dans la culture populaire haïtienne, le mot kannjawou signifie le partage et la fête, la grande fête qu’espère tant le vieil Anselme à la fin de sa vie, entouré des siens et des voisins. Mais comment penser aux divertissements et aux réjouissances quand les inégalités, les jeux entre puissances, la corruption et la pauvreté détruisent toute cause commune, tout passé, tout avenir, tout rêve ? De sa langue pareille à nulle autre, chamarrée et incarnée, Lyonel Trouillot ébauche un temps où aucun expert ne viendra imposer les directions à suivre comme si les « vies étaient des fautes d’orthographe », et célèbre, dans un roman vibrant d’humanité, deux idées souvent piétinées : la mémoire et l’espérance.


9782371270244FS

Ejo, Beata Umubyeyi Mairesse, La Cheminante, 14€

Recueil de nouvelles rudes et tendres, révoltées et bienveillantes, réinventant « l’avenir d’un pays meurtri », Ejo donne voix aux femmes qui ont traversé cette terrible parenthèse. Onze prénoms de femmes pour onze nouvelles qui disent comment hier hante l’existence des survivants, la reconquête pas à pas de la vie et de soi-même. Un recueil brillant ponctué d’humour pour appréhender la reconstruction du Rwanda.


Love is Po9782843047107FSwer , ou quelque chose comme ça, Igoni BARRETT, Zulma, 22€

La littérature anglophone d’Afrique est plus vivante que jamais, et Love is Power, ou quelque chose comme ça, couronné par plusieurs prix prestigieux, en est une belle illustration. Avec ce recueil survolté de neuf nouvelles, A. Igoni Barrett nous plonge dans la plus grande ville du continent africain, Lagos, au Nigeria. Grâce à son écriture descriptive et nerveuse, épousant avec adresse le pouls de cette cité-monde, l’immersion est totale ! De l’odeur entêtante du gazole, aux « clameurs de cette populace à la réputation mondiale de grande gueule ». Et c’est dans ce microcosme, nourri de fureur et d’espoir, au chaos inquiétant, que l’auteur esquisse le quotidien de ses habitants. Il y a ainsi l’inoubliable Maa, une vieille femme épuisée contrainte de subir une opération des yeux et dont les conversations avec son chat émaillent le récit. Sous le regard impassible de l’animal, la vieille dame s’interroge sur l’amour de ses enfants. On découvre aussi l’espiègle Samu’ila, « spécialiste des mœurs du cyberespace », qui se fait passer pour une jeune veuve auprès d’un retraité américain afin de lui extorquer de l’argent, ou encore le policier Eghobamien Adrawus, qui se comporte en tyran, aussi bien dans sa vie professionnelle qu’à la maison. Mélangeant les milieux et les générations, l’auteur offre des variations sur l’amour, le pouvoir et la solitude, tout en explorant certaines des caractéristiques de la tentaculaire Lagos, comme la pauvreté, la violence, la corruption, etc. Love is Power, ou quelque chose comme ça est un livre électrique, débordant de générosité et de vitalité. Et aussi cruel que peut l’être le réel.

*Page des Libraires


 

Petit P9782021125092FSiment, Alain MABANCKOU, Seuil, 18,50€

Petit Piment est un jeune orphelin espiègle et débrouillard et c’est le personnage du nouveau roman d’Alain Mabanckou! Dans cette fable truculente, l’auteur congolais raconte les tribulations de Petit Piment. Après une enfance presque heureuse dans une institution catholique balayé par la révolution socialiste, le jeune garnement s’acoquinera avec les petits bandits du Grand Marché, vivra de combines et de larcins et rencontrera Maman Fiat 500, une généreuse maquerelle. Le bonheur semblera enfin à portée de main mais pour combien de temps? Formidable roman d’apprentissage, Petit Piment raconte cette jeunesse africaine qui tente d’exister coûte que coûte, quitte à passer la ligne rouge. Mais à travers l’histoire de ce Gavroche africain, c’est aussi l’histoire de son pays natal qu’explore Mabanckou ainsi que ses lignes de faille comme la corruption, les politiques autoritaires menées au détriment des individus ou encore la condition des femmes.

Un conte urbain délicieux, à la langue chamarrée.


L’Affair9791022601597FSe des coupeurs de tête, Moussa KONATE, Métailié, 16 €

Dans cet ultime enquête de l’inspecteur Habib et de son adjoint Sosso où des mendiants sont décapités, Moussa Konate poursuit son exploration des mutations de la société malienne entre tendresse, ironie et nostalgie.

Une intrigue  au charme fou et aux dialogues endiablés.


Le gri9782917623855FSot de la peinture, E. PEPIN, Caraïbéditions, 15 €

Dernier roman d’Ernest Pépin, plume majeure de la littérature caribéenne, Le griot de la peinture fait revivre Basquiat, peintre génial et « énigme primitive » de l’art des années 80, qui révolutionna le street art. Une expérience de lecture inédite.

Dans ce beau roman singulier, Ernest Pépin excelle à imaginer le parcours de cette « force vorace et affamée ». Les voix de la mère, figure tutélaire qui l’initia aux couleurs, et celle de Basquiat, enfant puis jeune homme, alternent pour dépeindre le parcours du prodige : de la fascination devant les livres d’anatomie et des premiers tags avec son ami Al Diaz jusqu’aux succès et la solitude derrière le faste des paillettes.

Né d’un père haïtien et d’une mère portoricaine dans le Brooklyn cosmopolite et contestataire des années 60, enfiévré par la misère et le racisme, Basquiat se pose très tôt la question de l’identité. Situé au carrefour de la contre-culture américaine et de ce qu’il appelle sa « négritude », le jeune homme ne cessera de s’interroger sur sa part métissée qui brouille les frontières et fusionne les héritages.

Le rapport à la peinture, son imaginaire, le monde de l’art, l’incompréhension du public, son combat identitaire, les amitiés dont celle avec Andy Warhol, les amours turbulents et les paradis artificiels sont aussi évoqués. Comme le souligne Lyonel Trouillot dans la préface, il ne s’agit pas de dire Basquiat tel qu’il fut mais de proposer une belle « hypothèse poétique formulée sur la vie d’un homme ».

Biographie romancée et intuitive, Le griot de la peinture est une plongée hallucinée et onirique dans la vie d’un génie. Avec une puissance métaphorique folle, l’auteur guadeloupéen Ernest Pépin dynamite les limites de chaque page dans une effusion d’étincelles, tout comme Basquiat l’ordinaire, pour donner vie à ce météore.

Pour celui qui souhaitait reprendre « l’histoire de la peinture par la main » à travers ses graffitis déroutants, il faut « fuguer en tournant le dos aux conventions, aux chemins tracés à l’équerre, aux sécurités douillettes ». Et la poétique d’ Ernest Pépin, inspirée de la vie et de l’œuvre de son griot, explore avec merveille cette légende posée comme inépuisable.


 

9791022601474FS

La confession de la lionne, Mia COUTO, Métailié, 18€

Dans le village de Kulumani, traversé par le fleuve Lideia, des lions tourmentent la population. Le chasseur Arcanjo se lance à la poursuite des fauves. Au sein de la bourgade isolée, gouvernée par des lois qui ne semblent appartenir ni à Dieu ni aux hommes et où règnent les esprits,  Arcanjo se trouve rapidement pris dans les relations complexes de la communauté. Les villageois sont les animaux mêmes qu’ils prétendent chasser, tandis qu’une pesante hostilité affecte les relations entre les hommes et les femmes. Mariamar, sœur de la dernière victime, a sa propre idée sur la cause de ces attaques. Chérie par son grand-père, qui lui donna ses premières armes, les mots, pour affronter un monde où « Le vrai nom de la femme est Oui », elle a déjà rencontré Arcanjo lorsqu’elle était adolescente. Ces deux voix, celle de la jeune femme et celle du chasseur reproduites dans son journal, alternent au fil des chapitres pour nous décrire la rencontre avec les lions, réceptacle des fantasmes et des frustrations des habitants.

Traversé de part en part par une cosmogonie féminine et peignant une vision politique et sociale à l’intérieur d’un univers chancelant, La Confession de la lionne est une magnifique fable à la langue enchantée qui nous aide à nous réconcilier avec nos peurs. « Vivre est incurable », et la prose de Mia Couto console.


9782843046988FSSnapshots-Nouvelles voix du Caine Prize, Zulma,18€

Après l’excellent Notre quelque part de Nii Ayikwei Parkes, l’éditeur Zulma poursuit son exploration vers les terres africaines, vivier de jeunes auteurs talentueux, pour notre plus grand plaisir !

Constitué de six nouvelles saluées par le Caine Prize (littérature anglophone d’Afrique), Snapshots est une excellente mise en bouche pour qui souhaite découvrir la littérature africaine contemporaine dans sa diversité et son inventivité ; à fortiori, un magnifique recueil destiné à tous les lecteurs amateurs de belles langues (chapeau aux traducteurs) et à la recherche de textes à l’originalité profonde.

Six voix d’Afrique du sud, du Zimbabwe, du Sierra Leone et du Nigeria. Six instantanés abordant des réalités telles que les inégalités sociales, l’homosexualité, la question de l’exil, l’attachement au pays natal, la violence, la question coloniale, les mystifications religieuses et les prêcheurs de miracles.Six personnages clefs dans une Afrique mondialisante dont Sunset, petite vendeuse d’œuf dans les quartiers pauvres de Harare , Raul et son bâton de combat Mormegil, enfant des rues qui combat dans un décor de décharge à ciel ouvert, ou encore le sergent de couleur Bombay, ancien combattant parti faire la guerre contre Hitler en Asie, et qui de retour, son univers des possibles élargi, proclame la plus jeune nation libre du monde, la République populaire de Bombay.

Tour à tour satirique, électrique, tragi-comique, terrible, poétique, hypnotique, un recueil coup de poing.


 

9782070146314FSSouveraine Magnifique, Eugène EBODE Gallimard, 16,90 €

Après La Rose dans le bus jaune (Gallimard, 2013), qui donnait la parole à Rosa Parks, Eugène Ébodé fait de nouveau œuvre de mémoire avec Souveraine magnifique, son huitième roman, témoignage d’une rescapée du génocide rwandais de 1994. Déconcerté par la lecture de l’étonnant verdict d’un procès qui obligeait une jeune femme à cogérer une vache avec le meurtrier de ses parents, le narrateur part au pays des Mille Collines pour tenter de comprendre ce qui a pu mener à pareille situation. Il rencontre Souveraine et sa vache Doliba. Les souvenirs de la survivante, âgée de 8 ans lors de la « saison des raccourcissements », affluent pour raconter l’indicible : les haines gangrenant son pays, la peur, les « moissons de crânes et de jarrets », le massacre de ses parents, la protection d’une famille musulmane, sa fuite au Congo, son exil qui dura quinze ans, puis son retour pour confondre le bourreau de ses proches. La reconstruction sociale du Rwanda est alors interrogée. À la question : « Mais vous, votre avenir, c’est quoi ? », Souveraine répond : « Des pointillés sur une feuille blanche. » Gageons que les mots de l’auteur, « passerelles de prévention et de mémoire », parviennent à opposer un projet de vie à la folie meurtrière.


9782070146284FSLa route des clameurs, Ousmane DIARRA, Gallimard, 17,50 €

La cité de Maabala et ses figuiers sauvages. Tout irait pour le mieux dans le meilleur des mondes dans ce « bled-fiction sans frontières » si le calife Mabu Maba dit Fieffé Ranson Kattar Ibn Ahmad Almorbidonne (oui oui !) et ses guerriers, les Morbidonnes djihadites ne venaient pas de débarquer. Sous couvert de guerre sainte, ils assujettissent la population par la violence et l’ignorance. Mais en dépit des menaces des « gamins imams des nouvelles mosquées », un artiste-peintre dont le travail est la seule prière va résister et c’est son fils qui raconte. Cette voix innocente conte dans un mélange de révolte, de terreur et de curiosité, les œuvres brûlées et la famille éloignée, la folie meurtrière et le fanatisme. « Je peins un monde à craindre !» dit le père et c’est précisément ce que fait Ousmane Diarra dans son nouveau roman, La route des clameurs. Porté par l’indignation et une ironie ravageuse, l’auteur malien gronde contre l’obscurantisme menaçant son pays. Une littérature en actes pour une réalité brûlante.

Page des Libraires 168


 

9782864249597FSFiston MWANZA MUJILA, Tram 83, Métailié,16€

Dans la Ville-Pays, capitale séparée de l’Arrière-Pays par une guerre civile et construite par la force des kalachnikovs, on vit au présent et on partage tous la même galère. À proximité d’une gare inachevée trône le Tram 83 qui voit chaque soir se déverser une faune insolente et tapageuse qui décrypte l’actualité à la lumière de Marx et Engels. C’est dans ce chaos de chairs et de sens que débarque Lucien, intellectuel fuyant diverses polices politiques, condamnations et censures. Il observe la foule qui le malmène et lui hurle : « Les rêveurs, on n’en n’a pas besoin ! ». Mais sa contemplation de la Ville-Pays tourne très vite à l’aventure picaresque. C’est ainsi qu’il rencontrera le directeur des Éditions Trains du Bonheur, Ferdinand Malingeau, se retrouvera dans une mine de diamants ou dans le lit d’une demoiselle.

Premier roman du congolais Fiston Mwanza Mujila, Tram 83 constitue une expérience de lecture forte. Tour à tour satirique, burlesque, poétique, mélancolique et autoréfléxive, cette immersion dans une mégapole grouillante montre l’énergie folle d’un pays réinventé en proie à l’instabilité politique. On en ressort groggy, envoûté par le rythme brute et mélodieux des phrases. Les mots sont comme des notes de jazz et ce n’est sans doute pas un hasard si l’auteur rêvait d’embraser une carrière de saxophoniste.


 

 

bofane Congo Inc-Le testament de Bismarck, In Koli Jean BOFANE, Actes Sud, 22 €

Depuis l’installation d’une antenne-relais par la société China Network dans son village, le jeune Isookanga n’a qu’une chose en tête, monter à Kinshasa, de peur de passer totalement à côté du XXIe siècle : « Je suis un mondialiste qui aspire à devenir mondialisateur ». Abandonnant coutumes, ancêtres rétrogrades et cercopithèques des bois, le jeune pygmée débarque dans la capitale pour faire du business. Il trouve alors refuge au Grand Marché avec les shegues, les enfants des rues, et devient très vite l’associé de Zhang Xia, un Chinois qui fait commerce d’eau potable. C’est ainsi que commence son aventure kinoise ! Après Mathématiques congolaises (tout aussi excellent) , In Koli Jean Bofane dresse à nouveau un tableau percutant du Congo ultra-contemporain, aux prises avec la mondialisation, et dépeint avec brio les problématiques du pays – les bénéfices des grandes puissances, les violences infligées aux femmes, les épurations ethniques, les compromissions des ONG, l’exploitation de la canopée et des ressources minières, etc. Personne n’est épargné dans ce roman à l’ironie cruelle, où les hommes ne cessent de dévoiler leur violence et leur bêtise. In Koli Jean Bofane est décidément un conteur hors pair.


 

mrambi Murambi, le livre des ossements, Boubacar BORIS DIOP, Zulma, 8,95 €

Le génocide rwandais décrypté par la plume d’un écrivain africain. Un homme revient après les événements et découvre le rôle de son père dans les tueries. Un roman contre l’oubli essentiel et bouleversant.

Sélection littérature août-septembre 2014

9782864249641FSSherko Fatah, Un voleur de Bagdad, éd.Métailié, septembre 2014, 22 €

Bagdad, années 1930. Alors que l’Irak sous mandat britannique connaît ses premiers soubresauts nationalistes, le jeune Anouar, expert dans l’art d’escalader les murs, grandit sous la protection de son père. Partageant son temps entre son ami juif Ezra, la belle Mirjam et la bande de voleurs avec lesquels il s’est acoquiné, notre jeune picaro, pour qui « tout est trop grand », se retrouve embarqué dans le tumulte de l’Histoire en rejoignant les brigades fascistes des Chemises noires, alliées du régime nazi dans la lutte contre les Anglais. Des ruelles brûlantes de la cité millénaire, il se retrouvera sur le front de l’Est de la Seconde Guerre mondiale en incorporant une légion musulmane des Waffen-SS.

Porté par un puissant souffle romanesque, Un voleur de Bagdad est un magnifique roman d’aventure qui nous fait découvrir cette page d’histoire sous un autre angle et montre les liens du Moyen-Orient et de l’Allemagne, à commencer par l’alliance entre le grand mufti de Jérusalem et Hitler. Brillant et captivant !

Recommandé par Sarah !

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Thom9782362791192FSas Vinau, La part des nuages, éd. Alma, août 2014, 16 €

 Joseph, 37 ans, mène sa barque comme tout le monde. Attendre le soir, le lendemain. La fin du mois. Et puis vient le jour où son fils Noé part en vacances chez sa mère… Joseph se retrouve esseulé, perdu. Loin de se laisser abattre, il trouve refuge dans la cabane construite pour son fils et apprend à se retrouver, se réécouter, se réapprendre. Aventure humaine pleine de tendresse, La part des nuages nous montre qu’il ne tient qu’à nous de faire reluire notre quotidien, à l’aide de tout petits riens !

Recommandé par Laureline !

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retenirlesbetesMagnus Mills, Retenir les bêtes, éd. Cambourakis, septembre 2014, 11,00 €

« S’ils avaient vécu au Haut Moyen-Age, ils auraient été des Vikings. Mais ils n’étaient pas des Vikings. Ils étaient des prolos itinérants. Et le vendredi soir, qu’il neige ou qu’il vente, ils se lavaient les cheveux. » Oui, évidemment, le vendredi soir, il faut se faire beau pour aller au pub… même s’ils y vont aussi tous les autres soirs…

Quand les inséparables et nonchalants Tam et Richie, constructeurs de barrières écossais continuellement fauchés, sont envoyés en Angleterre sous la surveillance d’un contremaitre peu autoritaire, rien ne va plus ! Humour noir, tableau de l’Angleterre prolétarienne, cohabitation forcée dans une caravane déglinguée – qui est tout un personnage en soi – une masse et des piquets qui n’en font qu’à leur tête, voilà de quoi nous réjouir pour un certain temps !

Recommandé par Sophie !

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Hincoloretsukuruaruki Murakami, L’Incolore Tsukuru Tazaki et ses années de pèlerinage, éd. Belfond, septembre 2014, 23,00 €

Personnage « incolore » mais indispensable dans une inséparable bande de lycéens, Tsukuru va être brutalement abandonné par ses quatre amis. Passant par toutes les étapes de la dépression puis de la renaissance, il va enfin chercher à comprendre, seize ans plus tard, le pourquoi de cette rupture.

Loin de ses derniers romans « fantastiques », Haruki Murakami nous revient avec cet Incolore Tsukuru à un récit beaucoup plus intimiste et sensible, proche de La Ballade de l’impossible. Son style fait de nouveau merveille pour nous entrainer dans les plus profonds sentiments de ces jeunes gens malmenés par la vie.

Recommandé par Sophie !

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Kathleen annabelWinter, Annabel, éd. 10/18, septembre 2014, 8,80 €

1968. Dans un petit village reculé du Labrador voit le jour un enfant à la fois fille et garçon. Trois personnes sont dans la confidence : ses parents et une amie de confiance, Thomasina. Ces adultes décident de le faire opérer et de l’élever comme un garçon prénommé Wayne. Entre un père qui lui enseigne très tôt à gratter la rouille des pièges avec la pointe d’un couteau et une mère qui le garde au chaud auprès de ses bocaux de confiture, le jeune Wayne vit une enfance et une adolescence relativement douce et sereine à l’image de son amitié pour Wally. Mais son moi secret féminin – Annabel – n’est jamais loin et une inquiétude sourde s’empare progressivement du jeune homme qui s’interroge sur son identité. Se rapprochant de l’âge adulte et soutenu par Thomasina, véritable fée protectrice, Wayne fera le choix d’une « vérité angoissante » et sera confronté à l’ignorance et à la bêtise humaines. Loin de se confiner à une thématique complexe, passionnante mais délicate – quid du sujet sensationnel et voyeuriste – ce roman est un récit sensible sur la quête d’identité et l’acceptation de soi-même. Les contradictions de l’existence et les dualités de l’homme sont décrites avec justesse. Annabel est un hymne à la vie qui célèbre chaque manifestation du cœur ente joie et peine. La nature omniprésente, toute d’éclats et de bruissements, refuge des âmes confuses, affleure une beauté romantique qui rend inoubliable l’écriture de Kathleen Winter.

Vivement recommandé par Sarah !

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Maya Angladybelou, Lady B, éd. Buchet Chastel, septembre 2014, 18,00 €

Dernier volume de l’autobiographie de Maya Angelou publié en France quelques mois après sa mort, Lady B est un lumineux hommage à sa mère. L’ auteure américaine, élevée pendant dix ans chez sa grand-mère maternelle en Arkansas avec son frère, raconte ce qui fut vécu comme un abandon et le long cheminement vers la réconciliation avec cette femme à la beauté saisissante et à la générosité débordante qu’elle ne pouvait appeler maman.

D’anecdotes en anecdotes, de sa plume fluide et intuitive, Maya Angelou tisse les sentiments d’amour entre elles et lui attribue sa réussite. Le sourire au bord des lèvres, on est touché par cette magnifique déclaration.

Coup de cœur de toute l’équipe !

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Julia Detrianglehiverck, Le Triangle d’hiver, éd. Minuit, septembre 2014, 14,00 €

Mademoiselle est un peu perdue, s’ennuie bien vite dans ses jobs, se verrait bien en romancière. Prenant l’identité de Béatrice Beaurivage, elle part de port en port, entrainant l’Inspecteur. Lui ne sait bientôt plus comment se dépêtrer de cette relation, troublé par l’arrivée d’une autre femme.

Un roman triangulaire au style vif et épuré, fascinant.

Recommandé par Sophie et Laureline !

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Olivier Truc, Ldétroit loupe détroit du loup, éd. Métailié, septembre 2014, 19,00 €

A Hammerfest, petite ville de Laponie, au bord de la mer de Barents, c’est la période de transhumance des rennes qui rejoignent l’île de la Baleine par le détroit du Loup. Les éleveurs sont sur le qui-vive, prêts à escorter leurs bêtes. Tout irait pour le mieux en ce printemps de dégel où les nuits durent à peine deux heures si la course au pétrole et aux terrains ne faisait pas rage… Car Hammerfest, exploité pour ses ressources, est le futur Dubaï de l’Arctique. Les plongeurs avec leur code d’honneur sont rois à l’image du jeune Nils Sormi. Entre les industriels de l’énergie pétrolière et les éleveurs sami qui défendent leur mode de vie, la tension monte et les morts étranges se multiplient… Nina et Klemet entrent en jeu et mènent l’enquête avec énergie et complicité. Cette immersion dans le milieu de la plongée ravivera à Nina la disparition de son père, ancien scaphandrier. Dès lors, l’enquête prendra un tour plus intime.

Une intrigue bien menée, des personnages attachants et un arrière-fond historique et géopolitique passionnant. La police des rennes est de retour pour notre plus grand plaisir !

Recommandé par Sarah !

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joseph

Marie-Hélène Lafon, Joseph, éd. Buchet-Chastel, août 2014, 13,00 €

Joseph c’est l’histoire d’un cœur simple, celle d’un ouvrier agricole dans le Cantal qui approche doucement la soixantaine. Par petites touches, de son écriture économique et profonde, Marie-Hélène Lafon retranscrit la vie de cet homme dont les affaires personnelles tiennent dans une valise et dit avec justesse la mutation d’un monde.

« Les mains de Joseph sont posées à plat sur ses cuisses. Elles ont l’air d’avoir une vie propre et sont parcourues de menus tressaillements. Elles sont rondes et courtes, des mains presque jeunes comme d’enfance et cependant sans âge. »

Recommandé par Sarah !

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ilepointnemo Jean-Marie Blas de Roblès, L’Ile du point Némo, éd. Zulma, août 2014, 22,50 €

L’Ile du point Némo nous offre d’abord un fabuleux roman d’aventures entre quête et enquête, entre Sherlock Holmes et Vingt mille lieues sous les mers. Mais c’est également un jeu de lectures enchevêtrées et d’imaginaire débridé, un texte savoureusement critique et ironique.
Il se dégage un air familier bien sympathique de notre duo d’enquêteurs, l’un opiomane et l’autre alcoolique, du fidèle mais mystérieux majordome, et de l’inventive servante. Mêlés à d’autres personnages, certains attachants d’autres parfaitement repoussants, ils nous entrainent dans un véritable tourbillon romanesque.
Et on a une seule envie, les accompagner jusqu’au bout de leurs histoires !

Recommandé par Sophie !

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terminusradieuxAntoine Volodine, Terminus radieux, éd. du Seuil, août 2014, 22,00 €

La Deuxième Union Soviétique a échoué, les centrales nucléaires qui devaient assurer l’indépendance de chaque ville ont lâchées les unes après les autres, soldats et travailleurs sont livrés à eux-mêmes, à l’errance, à la mort et à la presque-mort pour les dizaines et milliers d’années à venir.
Kranauer laisse derrière lui ses deux camarades pour trouver aide et eau, mais lorsqu’il arrive au kolkhoze Terminus Radieux il n’y trouvera que chaos et danger. Le président Solovieï, l’immortel chamane, contrôle tout et tous, les gens, les rêves, la forêt. La Mémé Ougdoul, son double féminin, nourrit, s’occupe et parle à la pile nucléaire qui les réchauffe. Les trois filles étranges de Solovieï tournent autour de Kronauer, mais celui-ci est prévenu : il n’a pas intérêt à leur faire du mal…
L’univers de Volodine est certes fait d’angoisse, de mort et de rêves chamaniques, mais il nous emporte avec un plaisir renouvelé, une poésie et un humour du désastre qui font de ce grand roman à la fois une suite incontournable pour ses lecteurs habituels qu’un parfait point de départ pour ceux qui souhaitent le découvrir.

Recommandé par Sophie !

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priceSteve Tesich, Price, éd. Monsieur Toussaint Louverture, août 2014, 21,90 €

Daniel Price a grandi dans la banlieue est de Chicago et termine de façon peu glorieuse ses années de lycée. Hors de son avenir morose d’ouvrier, de ses errances avec ses amis d’enfance, de ses parents aux relations troublées, va soudain surgir une histoire d’amour compliquée.
Imprévisible et incompréhensible, la belle Rachel va totalement perturber sa vie. Le détournant de la maladie de son père, du désir de liberté de son ami Misiora, de la forte personnalité de sa mère, ce passage à l’âge adulte entre rêve et désespoir fait de sa vie un combat permanent.

Recommandé par Sophie et Laureline !

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 deboutGauz, Debout-payé, éd. Le Nouvel Attila, août 2014, 17,00 €

« Le livre que Franz Fanon n’a pas écrit sur la société de consommation »

Debout-Payé c‘est l’histoire d’Ossiri, étudiant ivoirien qui comme son père et son grand-père devient vigile au Camaïeu de Bastille et au Sephora des Champs-Élysées. Sans papiers dans la France des années 1990, c’est le seul job qu’il trouve. Chronique du quotidien d’un immigré et de sa communauté dans la capitale parisienne doublée d’un bel hommage à la famille, le livre est aussi «  l’histoire politique d’un immigré et du regard qu’il porte sur notre pays (…) de la Françafrique triomphante à l’après 11-Septembre ». Mais c’est aussi un objet littéraire inattendu et génialement insolent. Car au détour des pages, Gauz retranscrit les choses vues et entendues en tant que vigile sous forme de saynètes et sentences tour à tour caustiques et poétiques à la portée quasi sociologique. En fin satiriste, il tourne en dérision notre société de consommation pour notre plus grand plaisir. Intelligent et détonnant !

Recommandé par Sarah !

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Sélection jeunesse novembre-décembre 2014

 

 9791023503548FSGilles Bachelet, Le chevalier de Ventre-à-Terre, éd. Seuil, novembre 2014, 15 €

Après le délicieux Madame le Lapin blanc, Gilles Bachelet est de retour avec un escargot chevalier dans le non moins délicieux Le chevalier de Ventre-à-Terre.

Au premier chant du coq, le chevalier de Ventre-à-Terre décide de partir combattre son ennemi juré, Corne-Molle, qui a eu l’outrecuidance d’envahir son carré de fraisiers. «L’affaire ne peut se régler que par une bataille sanglante et sans merci ». Mais avant de partir, cet escargot doit régler quelques détails… comme effectuer quelques mouvements de gymnastique, un bisou baveux à ses enfants ou occire un dragon . C’est que c’est prenant une vie de gastéropode !
Un grand coup de cœur pour cet album malicieux sur l’art de la procrastination qui fourmille de trouvailles délicieuses. Comme toujours, l’opposition texte/image fait mouche et nous nous régalons à repérer les nombreux clins d’œil à la littérature jeunesse (Alice au pays des merveilles, Babar, Où est Charlie, Pomelo,…).

Dès 3 ans.
Moralité : Dans la vie, il y a tout un tas de choses qu’on peut parfaitement remettre au lendemain…
mais sûrement pas un bon bisou baveux.

 

Recommandé par Sarah !

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9782364745285FSFanny Ducassé, Louve, éd. Thierry Magnier, octobre 2014, 13.90 €

Dans une cabane au fin fond des bois vit une étrange jeune femme rousse, Louve, et ses renardeaux qu’elle couve comme du lait sur le feu. Partageant chocolats chauds et danse-invocation à la lune autour du feu une fois la nuit tombée, ils vivent heureux. Tout irait pour le mieux si seulement la jeune femme n’était pas frappée d’une étrange malédiction : lorsqu’une émotion la saisit, sa longue chevelure s’enflamme. À force de vouloir maîtriser ses embrasements intempestifs en les aspergeant d’eau glacée du ruisseau, son cœur s’engourdit doucement… Mais un jour, Louve fait une rencontre qui va changer sa vie…

Un album délicat sur la rencontre de deux êtres solitaires et singuliers aux tonalités chaudes. Une bulle de poésie pour petits et grands.
À partir de 5 ans.

Recommandé par Sarah !

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Benjam9782330034023FSin Chaud, Poupoupidours, éd. Hélium, septembre 2014, 15.90 €

Après Une chanson d’ours et Coquillages et petit ours, Petit Ours est de retour ! Attiré par la lumière du soleil, le curieux Petit ours part sur un chemin qui fleure bon la noisette à la recherche de ce qui brille au loin entre les arbres. Trottinant, il se faufile dans un trou, visite une grotte mystérieuse et atterrit devant un cirque. Mais parmi tous ces artistes ne serait-ce pas le popotin de papa Ours ? Petit Ours se faufile sous le chapiteau pour notre plus grand plaisir, multiplie les numéros jusqu’au dénouement final, surprenant et tout de tendresse…
Fourmillant de détails et de découpes qui permettent d’essayer de deviner ce qui va arriver la page suivante, ce chouette album nous en met plein les mirettes !

À partir de 4 ans.

Recommandé par Sarah !

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9782266200127FS

James Dashner, Le labyrinthe – L’épreuve Livre 1, éd. Pocket Jeunesse, novembre 2012, 18,50 €

Bientôt adapté au cinéma, ce roman jeunesse nous entraîne dans un lieu totalement inconnu, entouré d’un gigantesque labyrinthe et pourvu de mystérieux adolescents qui ne savent pas pourquoi ils sont là…Thomas, dont la mémoire fait cruellement défaut, débarque dans cet endroit et devra se frotter à de terribles créatures d’acier  s’il veut espérer s’échapper un jour. Palpitant et immersif, ce roman vaut le détour pour qui aime frissonner !

Recommandé par Laureline !

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Raphaëlle Fvibrationsrier, Vibrations, éd. Talents Hauts, septembre 2014, 7,00 €

Transie amoureuse et accro au téléphone portable, une collégienne va accidentellement emporter le téléphone de son prétendant et intentionnellement fouiller dedans… Ce qu’elle y découvre sera un choc !

Un étonnant roman sur les premiers amours, le racisme, l’amitié, les relations conflictuelles dans la famille… toutes les questions auxquelles sont confrontés les adolescents. Passionnant et intelligent !

Recommandé par Sophie !

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Matt Haig, Huhumainsmains, éd. Hélium, août 2014, 15,90 €

Un humain est sur le point de révéler au monde entier la résolution de l’hypothèse de Riemann, hypothèse mathématique fondamentale qui risque de modifier la vie sur Terre. Catastrophe ! Ni une ni deux, les Vonnodoriens, une espèce extraterrestre immortelle régie par les nombres, envoie un émissaire sur terre éliminer cet éminent scientifique et prendre son apparence. Une pareille avancée est bien trop dangereuse pour l’espèce violente et primitive que nous sommes !

Sous nos regards amusés, le Vonnodorien, imbu de sa supériorité et étranger aux émotions, va se familiariser progressivement avec les mœurs de ce peuple fruste. Les gags et les situations cocasses se succèdent pour notre plus grand plaisir. Bien loin du simple roman de SF, Humains est une réflexion incisive, drolatique et touchante sur ce qui fait notre humanité avec ses contradictions. La lecture de ce roman est fortement recommandée aux jeunes humains !

Recommandé par Sarah !

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